La responsabilité sacrée des parents dans le domaine de l’éducation

Par Marc et Maryvonne Pierre

« Au devoir fondamental de l’éducation des enfants, beaucoup de parents, aujourd’hui, sont peu ou pas du tout préparés, plongés qu’ils sont dans leurs soucis temporels », écrivait le pape Pie XI dans les années trente. Sommes-nous mieux préparés de nos jours ?

Mais tout d’abord de quoi parlons-nous lorsque nous évoquons l’éducation ?

L’éducation : c’est la formation de l’homme pour traverser vertueusement la vie terrestre, afin d’atteindre la fin sublime pour laquelle il a été créé. L’éducation est nécessairement œuvre de l’homme en société, non de l’homme isolé. Or il y a trois sociétés nécessaires, établies par Dieu, à la fois distinctes et harmonieusement unies entre elles au sein desquelles l’homme vient au monde. En conséquence, l’éducation qui s’adresse à l’homme tout entier, comme individu et comme être social, dans l’ordre de la nature et dans celui de la grâce, appartient à ces trois sociétés nécessaires : la famille, l’Église et la société civile.

« La famille reçoit donc immédiatement du Créateur la mission et conséquemment le droit de donner l’éducation à l’enfant, droit inaliénable parce qu’inséparablement uni au strict devoir corrélatif, droit antérieur à n’importe quel droit de la société civile et de l’État, donc inviolable par quelque puissance terrestre que ce soit. » (1)

La fonction de l’autorité civile qui réside dans l’État est donc en principe double : protéger et faire progresser la famille et l’individu, mais sans les absorber ou s’y substituer. Comme nous aimerions que notre État français corresponde à cette fonction ! Il ne faut jamais perdre de vue que le sujet de l’éducation chrétienne, c’est l’homme tout entier : un esprit joint à un corps, dans l’unité de nature, avec toutes ses facultés naturelles et surnaturelles, tel que nous le font connaître la droite raison et la Révélation.

Toute méthode d’éducation qui se base, en tout ou en partie, sur la négation ou l’oubli du péché originel ou du rôle de la grâce, pour ne s’appuyer que sur les seules forces de la nature serait erronée.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la famille n’est pas une société parfaite, en ce sens qu’elle ne peut se suffire à elle-même pour l’éducation des enfants. Elle a nécessairement besoin de l’aide des sociétés (dites parfaites) que sont l’Église et la société civile. Il en découle évidemment que chacun doit avoir le souci de fournir des membres pour ces deux sociétés que sont l’Église et la société civile ; la société doit, en effet, être riche de nombreux corps intermédiaires, pour aider véritablement les familles, corps intermédiaires entre elles et l’État tels que : écoles, mouvements de jeunesse, entreprises, communes… Quelles sont la fin et la forme propres de l’éducation chrétienne selon l’ordre établi par Dieu dans l’économie de sa Providence ? Il y a trois directions principales (2) : favoriser le développement de la personnalité, sociabiliser l’enfant, lui faire trouver un sens à sa vie.

Pour favoriser le développement de la personnalité, il faut développer peu à peu pour chacun aux différents âges, de l’enfance à la grande adolescence, la confiance en soi, la maîtrise de soi et l’apprentissage de l’autonomie (3). La socialisation de l’enfant consiste en l’acceptation des règles, contraintes et interdits, la reconnaissance de l’autre et la participation au bien commun. Le père a un rôle prépondérant dans ce domaine. C’est ce qui lui permettra d’exercer sa liberté, ses talents.

Enfin, toute personne doit trouver un sens à sa vie. Le travail est-il le sens de la vie ? Quelle place pour l’amitié et l’amour vrai ? Et surtout quelle est la place de Dieu dans la vie de chacun ?

Éduquer un enfant est un devoir sacré, mais tout enfant garde sa liberté ; donc, malgré tous nos efforts éducatifs, notre enfant peut se perdre en usant mal de son libre arbitre : nous ne sommes pas responsables de tous les actes que posent nos enfants. Mais attention, si nous ne remplissons pas notre rôle d’éducateur, soyons sûrs qu’il se perdra, sauf miracle ! Car nous ne pourrons compter sur la société pour pallier nos négligences et nos lâchetés. Tout cet ambitieux programme ne peut et ne doit s’épanouir que comme « un tout ». Ne cherchons pas à voir les résultats à court terme de l’éducation : « Autre est celui qui sème et autre celui qui moissonne ».

Mais gardons confiance, car nous ne sommes pas seuls pour cette tâche immense ; Dieu nous promet son aide pour faire courageusement les bons choix, si nous la lui demandons quotidiennement par une humble prière conjugale et familiale : dans une famille chrétienne, la plupart du temps, on se sauve ensemble ou on se damne ensemble !

  1. Encyclique de Pie XI : Divinus illius magistri.
  2. Yannik Bonnet, Les neuf fondamentaux de l’éducation du père, Presses de la Renaissance.
  3. Père Marcel Gillet, L’éducation religieuse aux différents âges de l’enfance à l’adolescence, Téqui.

Pour aller plus loin sur ce sujet, lire le livre de Marc et Maryvonne Pierre : Parents heureux, enfants heureux.

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