Le Forum européen pour la vie se déroule aujourd’hui : Grégor Puppinck en décrypte les enjeux

Publié le 26 Mai 2017
Le Forum européen pour la vie se déroule aujourd'hui : Grégor Puppinck en décrypte les enjeux L'Homme Nouveau

Ce samedi 27 mai, la Fédération ONE OF US/UN DE NOUS organise, à Budapest, le deuxième Forum européen pour la vie en collaboration notamment avec le Centre européen pour le droit et la justice dirigé par Grégor Puppinck. Celui-ci a dirigé la rédaction de Droit et prévention de l’avortement en Europe, (LEH édition, 2016). Il est aussi l’auteur de La famille, les droits de l’homme et la vie éternelle, aux éditions de L’Homme Nouveau (2015), Prix humanisme chrétien 2016. Il a bien voulu nous expliquer les enjeux de cette rencontre.

Quel va être le but de ce grand forum pour la vie ?

Le premier but est de rassembler les personnalités et les mouvements engagés à travers l’Europe pour la défense politique de toutes vies humaines. Il s’agit aussi de parler des enjeux culturels actuels. Il nous faut aujourd’hui intégrer le combat pro-vie au sein des évolutions culturelles de notre monde. Il faut que la militance pro-vie intègre son action dans un contexte plus global.

Pensez-vous qu’aujourd’hui, nous puissions encore avec ces forums montrer que la vie est précieuse ?

Oui bien sûr, nous pouvons aller dans ce sens même si les instances européennes ne veulent pas considérer cette question. C’est évidemment un aveuglement volontaire. Elles savent ce que nous faisons mais ignorent ce sujet autant que possible car il leur parait trop sensible. Cela ne signifie pas que ce forum est vain, mais il sera difficile d’ouvrir les yeux des responsables politiques ; d’autant plus qu’il s’agit aussi d’ouvrir les cœurs. Mais sur le plan culturel, ce type de forum est fondamental. Il est essentiel déjà pour les milieux pro-vie car il permet de renforcer le mouvement. Le milieu des convaincus ne se réduit pas ; au contraire, il se renforce ; ce forum en est un signe et y contribue.

Il est aussi essentiel de montrer les conséquences sociales de l’avortement, en particulier le vieillissement de la population, la fragilisation du lien affectif et des familles, la désacralisation de la vie humaine, la chute démographique et sa compensation par l’immigration extra-européenne.

La chute de la natalité et la fragilisation des familles sont des causes majeures de la crise actuelle de l’Europe. Elles sont aussi les symptômes d’une société dépressive.

Le forum va, entre autres choses, encourager la protection de la vie humaine vulnérable, nous pensons, nous, tout de suite aux enfants et aux personnes âgées. Toutefois, votre ONG défend également les chrétiens dans le monde, qui sont persécutés. Pourriez-vous en parler ?

Forcément il y a un rapprochement avec les minorités religieuses persécutées, en particulier les chrétiens. Malgré les grands discours sur les droits de l’homme, la société tolère paisiblement les sacrifices de vies humaines dès lors que notre propre existence n’est pas menacée.  C’est le cas de l’avortement qui ne menace plus directement notre vie individuelle ; c’est aussi le cas de certaines minorités qui sont aussi trop faibles et pauvres pour mériter notre sympathie. Leur sacrifice est même souvent utile à notre confort. Nous ne sommes pas sortis de la loi du plus fort.

Ce forum est donc là pour sensibiliser à la valeur de la vie humaine, mais du coup pour alerter également. Qu’elles vont être ces alertes ?

Il s’agit d’alerter, de toucher la conscience des personnes, mais aussi et avant tout de comprendre la transformation profonde à l’œuvre dans la société occidentale. Sauf dans quelques pays, nous ne disposons pas du pouvoir politique en Europe, cela réduit notre capacité d’action. Mais ce que nous pouvons toujours faire et qui est précieux, c’est comprendre et expliquer, pour poser clairement les termes, implications et conséquences des choix anthropologiques auxquels la société doit répondre. C’est là la façon dont je conçois mon travail.

À propos du forum il est dit d’« Encourager les pays qui cherche à protéger la vie et la famille comme la Hongrie, la Pologne et la République Tchèque » : que pouvez vous dire au sujet de la France ?

La plupart des gouvernements européens ne veulent clairement pas payer le prix d’une politique respectueuse de la vie humaine. Une telle politique a un coût à court terme : accepter une moindre maitrise artificielle de la procréation et être plus généreux à l’égard des femmes enceintes et des familles. Mais le bénéfice à moyen et long terme de cette politique est considérable, en particulier pour les pays d’émigration, comme la Pologne ou la Hongrie, qui voient partir l’élite de leur jeunesse et qui ne reçoivent pas de population de remplacement.

Votre vision est particulièrement noire ?

Je crois qu’il faut être lucide tant sur les causes réelles de l’attachement de notre société à l’avortement que sur ses conséquences. La population de plusieurs pays s’est convertie au respect de la toute vie humaine ; c’est le cas notamment des Etats unis. Quant à la Pologne, n’oublions pas que l’avortement y fut endémique sous la botte communiste. Il est possible de transformer les cultures pour le bien. Pour cela, le rôle de l’Eglise est primordial. L’Italie et les Etats-Unis donnent un bel exemple d’engagement du clergé en ce sens. Chaque paroisse agit sur le terrain, avec les prêtres et les évêques en tête, et les grands journaux catholiques ne refusent pas de parler de l’avortement ; ce n’est suffisamment pas le cas en France.

Il faut se donner les instruments pour œuvrer à la transformation sociale ; et ce forum en est un. Nous sommes encore en Europe dans une phase préalable, nous nous dotons des instruments pour servir.

Forum européen pour la vie

Organisé par la Fédération ONE OF US/UN DE NOUS.

Constance Guillot

Constance Guillot

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