Le pape aborde le thème de l’esclavage moderne et le changement climatique

Publié le 03 Août 2015
Le pape aborde le thème de l'esclavage moderne et le changement climatique L'Homme Nouveau

Le 21 juillet, le pape a fait une intervention remarquable sur le changement climatique et ses conséquences. Même s’il reprend l’enseignement donné dans sa dernière encyclique, il y a lieu d’y regarder d’un peu plus près. Il nous faut d’abord répondre à une question. Pourquoi le pape aborde-t-il un problème en soi purement scientifique pour lequel, selon certains, il n’aurait pas de compétence ?

Une encyclique d’abord sociale

Le pape y répond d’emblée en abordant la question par le biais de l’éthique. Là, il a vraiment quelque chose à dire. En somme, il rappelle ici la vraie portée de son encyclique : celle-ci n’est pas d’abord une encyclique écologique, elle est essentiellement une encyclique sociale. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’écologie touche aux données de la Révélation sur la création et sur l’homme, et qu’on ne peut pas séparer l’homme de la création. Tout ce qui touche l’environnement touche d’une certaine façon l’homme parce que toute la création est l’œuvre de Dieu. Si l’on maltraite l’environnement, on maltraite l’homme et si l’on maltraite l’homme, on maltraite Dieu. Tout se tient dans la doctrine sociale de l’Église qui se fonde sur la doctrine révélée contenue dans la Genèse et les autres Livres saints.

Les dangers de l’urbanisation

Après avoir abordé cette question fondamentale, le pape se tourne vers celle, non moins grave, de l’urbanisation devenue un phénomène véritablement mondial : en n’engendrant trop souvent que pauvreté et misère, l’urbanisation excessive entraîne de graves répercussions sur la société. Il suffit de penser aux favelas d’Amérique latine ou aux bidonvilles de nos méga cités européennes. Plus encore que dans son encyclique, le pape souligne ici que le phénomène migratoire, fruit de cette urbanisation, n’est pas sans avoir des conséquences nocives sur le bien commun de la société entière. Il dénonce alors à nouveau ce qu’il a appelé l’idolâtrie de la technique, qui engendre hélas trop souvent le chômage et des désordres de toutes sortes. Et le pape de souligner alors, comme en un terrible crescendo, l’une des graves conséquences morales de cette crise : l’homme, par la technique, s’est finalement séparé de Dieu et comme les fruits attendus d’un nouveau paradis terrestre n’ont pas mûri, l’homme tout seul et sans la grâce ne trouve plus de but à sa vie. Misérable, il erre jusqu’au suicide. À la suite de Jean-Paul II dans Evangelium vitæ, il déplore la croissance effrayante de suicides chez les jeunes. Il faut donc d’urgence redonner aux jeunes un idéal à leur vie. Le pape s’y emploie non seulement dans ce discours et dans l’encyclique, mais encore par toutes ses paroles et ses gestes.

Deux incultures

En effet, le problème éthique qui est en jeu est grave. Au delà de la déforestation et des maladies graves causées par un mauvais contrôle de la nature, il s’agit en fait du grand problème de l’éthique de la technique. En citant heureusement Romano Guardini si cher à Benoît XVI, le pape parle de deux incultures, celle de la création où l’homme avait tout à construire et celle causée par les déviations modernes qui ont abouti à une véritable destruction de la nature. Puis, renvoyant à un rabbin du Moyen Age, le pape nous invite à ne pas rééditer l’épisode d’Abel : les hommes d’alors voulaient toujours plus. Le résultat fut le néant et la confusion des langues, les hommes se dressant les uns contre les autres. Au lieu de la culture, l’homme avait à nouveau créé l’inculture. Que Marie nous apprenne, grâce à une écologie chrétienne au plan personnel et social, à créer une culture et non une inculture.

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