Le Père virginal de Jésus

Le Père virginal de Jésus L'Homme Nouveau

Poursuivant ses conférences sur saint Joseph, le Pape aborde lors de l’Audience générale du 5 janvier dernier l’appellation de « Père putatif » donnée à Joseph.

Tirée de l’Écriture, elle est usuellement admise. Il faut dire pourtant qu’elle n’est pas très heureuse. Celle de père adoptif, surtout si l’on tient compte de la législation antique, va plus en profondeur. Notons que chez saint Matthieu, c’est Joseph qui impose le nom à son fils présumé, alors que chez saint Luc, c’est Marie qui le lui donne. On parle aussi de père légal. En tout cas, Joseph donne à Jésus son nom. Le nom chez les Hébreux, en réalité le prénom, était très important. Il désignait certes la personne, mais peut-être plus encore la mission qu’elle devait exercer. Aussi le changement de nom signifiait un changement profond. Ainsi par exemple pour Abram devenu Abraham, pour Jacob appelé Israël ou pour Simon que le Seigneur appellera désormais Pierre. Si le nom était si important pour celui qui le recevait, il l’était aussi pour celui qui le donnait qui manifestait ainsi son autorité sur le bénéficiaire du nom. Adam qui devait se soumettre toute la terre l’avait déjà fait pour les animaux.

Ne pourrait-on pas aller plus loin, en respectant toutes les données de l’Écriture et de la foi ? Le Pape ne donne pas l’appellation que je vous proposerai, mais la voici. Saint Joseph est le père virginal de Jésus. En effet, selon toute la tradition, spécialement saint Augustin et saint Thomas, il y a eu entre Marie et Joseph un vrai mariage, non consommé mais virginal. Dom Delatte prend la même position : mariage virginal, qui, comme l’affirme saint Ambroise, permettait de réfuter toute thèse d’adultère. Puisqu’il y a eu vrai mariage, il en découle que Jésus était le fils virginal de Joseph. Les expressions « fils adoptif », « fils putatif », apparaissent donc très insuffisantes. En effet, par la foi, Marie a reçu le Verbe et l’a conçu dans sa chair  ; par la foi Joseph a reçu Marie pour épouse, et, de ce fait, son enfant pour fils. Il est donc bien son père virginal, étant, grâce à cette foi toute pure, l’époux virginal de sa virginale mère. Et l’Évangile nous fortifie en ce sens, en montrant la double mission de saint Joseph : prendre chez lui Marie son épouse et donner le nom à Jésus.

La figure de saint Joseph permet au Pape de donner une espérance et surtout un réconfort spirituel à tous ceux qui souffrent de notre société sans père. Le Pape commence par rappeler au monde qu’il ne suffit pas de mettre un enfant au monde pour en être également père ou mère. On ne naît pas père, mais on le devient. On le devient non pas parce qu’on le met au monde, mais parce qu’on s’occupe de lui, qu’on l’éduque comme le veut Dieu et cela d’une façon totalement responsable. C’est pourquoi chaque fois que quelqu’un prend la responsabilité de la vie d’un autre, il exerce d’une certaine manière une véritable paternité sur celui-ci. Les pères adoptifs ne le savent que trop. Combien d’enfants aimeraient avoir un père adoptif au lieu d’être mis dans une crèche ou un établissement du même genre, imposant un anonymat tragique et cruel. Certes l’adoption est un risque, mais un risque magnifique, quand on exerce la paternité que Dieu confère.

Ce qui est grave de nos jours, c’est que non seulement la société est sans père, mais que les animaux prennent la place des enfants, comme le note avec malice le Pape. Que saint Joseph et Marie éveillent les consciences pour comprendre que sans familles vraies et non recomposées, la société meurt. Qu’ils fassent en sorte que personne au monde ne soit privé d’un lien d’amour paternel et maternel.

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