> Spécial venue du Pape en France

© CasimirParis5, CC BY-SA 3.0
Alors qu’elle s’enfonce dans le nihilisme avec des lois de plus en plus antichrétiennes, la France accueille le Pape en grand pompe. Entretien avec Jean-Marie Le Méné, co-auteur d’une tribune intitulée « Léon XIV en France : le piège de l’instrumentalisation » et parue dans le JDD début juin.
| En juin dernier, vous avez publié avec Grégor Puppinck, Guillaume Drago et Geoffroy de Vries une tribune au sujet de la venue du Pape en France. Quelle était votre intention ?
Nous avons voulu attirer l’attention sur le fait que la visite du Pape intervenait un mois et demi après la promulgation de la loi sur la fin de vie, c’est-à-dire au moment où des demandes d’euthanasie pouvaient être autorisées. Nous pointions du doigt un risque d’instrumentalisation : nos politiques pourront toujours se dire que si le Pape vient leur serrer la main, c’est qu’il n’est pas contre cette loi. Nous n’avions pas la moindre intention de le dissuader de faire ce voyage, nous sommes très sensibles au fait qu’il vienne et, d’ailleurs, rares sont les pays qu’il visite où les lois sont conformes à l’enseignement de l’Église. Mais au moment où nous publiions cette tribune, la loi n’était pas encore votée et encore moins promulguée. Il n’y avait pas d’urgence à voter cette loi, la France aurait pu avoir la décence d’attendre la venue du Pape afin de ne pas le mettre devant le fait accompli. Le voyage du Souverain Pontife, quant à lui, bien qu’annoncé tardivement, était prévu de longue date. Certains politiques ont même eu l’audace d’assurer le Vatican que la loi respecterait les procédures démocratiques, qu’il y aurait des garde-fous, des précautions et des garanties pour les personnes handicapées. Notre Premier ministre catholique avait déjà préparé un recours devant le Conseil constitutionnel avant même le vote de la loi, dénonçant des mesures qu’il avait lui-même contribué à faire passer. Le gouvernement a voulu montrer qu’il tenait compte de toutes les convictions. Rome ne s’est pas laissé circonvenir, mais cette tribune avait pour but de donner un éclairage sur ces affaires embrouillées qui ont choqué beaucoup de catholiques.







