Le 8 mai, jour anniversaire de son élection, le pape Léon XIV était en visite pastorale à Pompéi, au Sanctuaire de la Vierge du Rosaire. Il a prononcé une homélie sur l’importance de la récitation du Rosaire, prière d’amour qui fait naître paix et charité, à l’image de saint Bartolo Longo, figure de la ville.
La visite du Pape au Sanctuaire de la Vierge du Rosaire à Pompéi le jour anniversaire de son élection, et qui coïncide avec la fête de Notre-Dame de Pompéi, couronne d’une certaine façon sa première année de pontificat, pour laquelle nous devons rendre grâce. Dans le sillage de l’Année Sainte, elle a engendré, en effet, de nombreux fruits spirituels et un réveil significatif de la prière, spécialement celle du Rosaire, prière à la fois simple et profonde, qui va au cœur de la foi chrétienne et qui apparaît plus qu’actuelle face aux menaces d’une catastrophe apocalyptique.
À Pompéi, cette actualité fut mise particulièrement en évidence dans le cadre de l’antique ville romaine, l’une des merveilles de la Campanie, mais ensevelie sous les cendres du Vésuve en 79 après Jésus-Christ. Ces ruines nous parlent. Elles posent la question décisive de ce qu’est le destin de l’homme. Elles sont le témoignage d’une grande culture, dont elles révèlent toutefois, à côté des réponses lumineuses, les interrogations inquiétantes.
La ville mariale naît dans le cœur de ces interrogations, en reproposant le Christ ressuscité comme réponse, comme Évangile qui sauve. Aujourd’hui, comme à l’époque de l’antique Pompéi, il est nécessaire d’annoncer le Christ à une société qui s’éloigne des valeurs chrétiennes et qui en égare jusqu’à la mémoire.
C’est, en effet, dans ce cadre de l’antique Pompéi que le Rosaire, ce résumé de l’Évangile, acquiert la valeur symbolique d’un élan renouvelé de l’évangélisation. Comme l’avait fort bien compris saint Bartolo Longo, canonisé en octobre dernier par le Pape, le caractère contemplatif et christologique du Rosaire transforme le monde. Grâce à ce bienheureux, Pompéi est devenue un centre international de spiritualité du Rosaire, la prière chère à l’Omnipotentia supplex, la Toute puissance suppliante, comme l’avait fait remarquer Jean-Paul II en 1979.
Lorsque saint Bartolo arriva pour la première fois dans la vallée de Pompéi, il y trouva une terre affligée par une grande misère, ravagée par la malaria et par les brigands. Il sut cependant voir en chacun le visage du Christ. Il comprit que seule la charité assurait des victoires certaines, grandes et définitives. Et il le démontra en faisant de ce lieu un centre de vie chrétienne et de dévotion à la Très Sainte Vierge Marie, connu dans le monde entier.

Châsse contenant le corps du bienheureux Bartolo Longo, chapelle du Sanctuaire. © GiovAngri, CC BY-SA 3.0
L’Évangile de l’Annonciation nous introduit au moment où le Verbe de Dieu se fait chair dans le sein de Marie. Le Je vous salue Marie est une invitation à la joie. Même sur les ruines de notre humanité éprouvée par le péché, vient la caresse de Dieu, miséricorde. Marie est Mère de la Miséricorde. Qu’il est grand le mystère de l’Incarnation ! Tout se réalise dans la puissance de l’Esprit Saint, qui couvre Marie de son ombre et rend fécond son sein virginal.
Précédé par la proclamation de la Parole de Dieu, inséré entre le Notre Père et le Gloria, le Je vous salue Marie qui se répète dans le saint Rosaire est un acte d’amour, car il est propre à l’amour de répéter sans se lasser : « Je t’aime ».
Saint Bartolo écrivait : « L’Eucharistie est le Rosaire vivant, et tous les mystères se retrouvent dans le Saint Sacrement sous une forme active et vitale. » Il avait raison, car dans l’Eucharistie tous les mystères de la vie du Christ se retrouvent, pour ainsi dire, concentrés dans le mémorial de son sacrifice et dans sa présence réelle.
Des générations de croyants ont été préservées par cette prière. En répétant le Je vous Salue Marie, nous faisons en quelque sorte l’expérience de la maison de Nazareth, comme si nous entendions à nouveau la voix de Marie et de Joseph.

La Vierge de Pompéi, parmi les mystères du Rosaire de Vincenzo Paliotti. (Sailko, CC BY 3.0)
Si le Rosaire est prié, il devient aussi, par voie de conséquence naturelle, source de charité. Charité envers Dieu, charité envers le prochain sont les deux faces d’une même médaille. C’est pourquoi saint Bartolo Longo a été apôtre du Rosaire et, en même temps, apôtre de la charité. Dans cette cité mariale, il accueillit des orphelins et des enfants de prisonniers, manifestant la force régénératrice de l’amour. Ici, encore aujourd’hui, les plus petits et les plus faibles sont accueillis et pris en charge dans les Œuvres du sanctuaire.
Le Rosaire oriente le regard vers les besoins du monde, spécialement l’affaiblissement du lien conjugal, et la paix qui naît dans le cœur. Que, par l’intercession de Marie, vienne du Dieu de la paix une effusion surabondante de miséricorde, qui touchera les cœurs, apaisera les rancœurs et les haines fratricides, et éclairera les puissants de ce monde. Aucune puissance terrestre ne sauvera le monde, mais seulement la puissance divine de l’amour, cette puissance divine de l’amour que Jésus, le Seigneur, nous a révélée et donnée, grâce à Marie.
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