Léon XIV : l’action politique, une mission au service du bien commun

Publié le 02 Juil 2025
pape Léon XIV jubilé politique unité
Les parlementaires de 68 pays ont accompli leur démarche jubilaire et ont été reçus par Léon XIV le 21 juin dernier. Le Pape en a profité pour rappeler le discours de l’Église sur l’action politique, la forme la plus élevée de la charité, et la nécessité de la loi naturelle. 

 

Le samedi 21 juin, le Pape a reçu des parlementaires, en partie italiens, dont le Président de la Chambre des députés, venus accomplir leur démarche jubilaire avec nombre de membres des pouvoirs publics. 68 nations étaient représentées. C’est dire l’impact que pouvait représenter à l’échelon mondial l’allocution pontificale à l’occasion de ce jubilé des pouvoirs publics.

Le Pape a commencé par rappeler, en citant Pie XI, que l’action politique, la vraie et non pas ses contrefaçons que l’on voit hélas trop de nos jours, était la forme la plus élevée de la charité. Les papes qui suivirent Pie XI ont tous rappelé que la charité politique n’était pas un amour de surface ni le désir de plaire à ses électeurs, mais bien un signe et un témoignage concret de l’action de Dieu lui-même envers l’homme, comme l’avait souligné le pape François aux numéros 176-192 de son encyclique Fratelli tutti.

Avant de commenter les trois considérations importantes que fait le Pape à propos de l’action politique en général, il est bon de rappeler qu’en ces domaines, Pie XII, dans la ligne surtout de Léon XIII et de Pie IX, a donné toutes les normes éthiques nécessaires, intangibles et toujours actuelles. Son discours aux sages-femmes de 1951, ses discours aux jeunes époux, ses allocutions sur la paix et la justice sociale, contenues en particulier dans ses messages de Noël, ont tracé le chemin dans lequel se sont engouffrés tous ces successeurs, même s’ils allaient de plus en plus à contre-courant par rapport à la culture de violence, de mensonge et de mort qui allait se développer.

Je retiendrai surtout son message de Noël 1953 sur la technique. Il y dit entre autres :

« L’Église aime et favorise les progrès humains. Il est indéniable que le progrès technique vient de Dieu, et donc peut et doit conduire à Dieu. Il arrive en fait très souvent que le croyant, en admirant les conquêtes de la technique, en s’en servant pour pénétrer plus profondément dans la connaissance de la création et des forces de la nature, et pour mieux les dominer grâce aux machines et aux appareils, afin qu’elles contribuent au service de l’homme et à l’enrichissement de la vie terrestre, se sente comme entraîné à adorer l’Auteur de tous ces biens qu’il admire et utilise…

Cependant, il paraît indéniable que cette même technique, ayant atteint, en notre siècle, l’apogée de la splendeur et du rendement, se transforme, par des circonstances de fait, en un grave danger spirituel. »

Sans le nommer, Léon XIV va suivre l’enseignement de Pie XII sur trois points. Tout d’abord, le Pape insiste sur la protection du bien commun. Notre société individualiste a instauré une culture de déchet dont sont victimes les plus pauvres et les plus marginalisés. À la suite Léon XIII, le Pape dénonce l’inacceptable disproportion entre la richesse concentrée entre les mains de quelques-uns et la pauvreté d’une multitude. Ce déséquilibre engendre des maux incommensurables dont le XXe et maintenant le XXIe siècles ont été les témoins malheureux.

La deuxième réflexion du Pape porte sur la liberté religieuse et le dialogue interreligieux, problème difficile certes mais que Léon XIV éclaircit au mieux en citant La Cité de Dieu de saint Augustin. Il insiste aussi sur la nécessité d’une redécouverte de la transcendance et il rappelle, en s’appuyant sur Cicéron, la dignité immuable et éternelle de la nature humaine créée à l’image de Dieu. Il montre aussi, dans la ligne de Benoît XVI sans le citer, l’importance de la loi naturelle :

« La loi naturelle, universellement valide au-delà d’autres opinions pouvant être discutées, constitue la boussole pour légiférer et agir, notamment face aux délicates questions éthiques qui, aujourd’hui plus que jamais, touchent le domaine de la vie personnelle et de la vie privée. »

Enfin, il traite magistralement de l’intelligence artificielle, question qu’il a déjà abordée plus de trois fois depuis le début de son pontificat :

« Il ne faut pas oublier que le rôle de l’intelligence artificielle est d’être un instrument au service du bien de l’être humain, et non pour le diminuer et en provoquer la perte. La mémoire statique de l’intelligence artificielle est statique, sans aucune comparaison possible avec celle de l’homme et de la femme qui elle est créative. »

Le Pape confie les hommes politiques à leur patron saint Thomas More. Il n’oublie sans doute sûrement pas Marie la mémoire vivante de l’Église.

 

>> à lire également : Un miracle eucharistique reconnu par le Vatican en Inde

 

Un moine de Triors

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