Léon XIV : Louis et Zélie Martin « ont assumé leur devoir d’état dans l’ordinaire de la vie de tous les jours »

Publié le 29 Oct 2025
louis et zélie Martin
Il y a 10 ans, le 18 octobre 2015, le pape François canonisait les saints Louis et Zélie Martin. Le 1er octobre 2025, jour de la sainte Thérèse et à l’occasion du 10ᵉ anniversaire de cette canonisation, Léon XIV a adressé un message sur le premier couple déclaré saint.

 

Le 18 octobre dernier, nous fêtions le dixième anniversaire de la canonisation des parents de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Louis et Zélie Martin Guérin. On sait effectivement que les saints époux ont vécu le service chrétien dans la famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de foi et d’amour ; et dans ce climat ont germé les vocations de leurs filles, parmi lesquelles sainte Thérèse de l’Enfant Jésus.

J’ajouterais volontiers Léonie. Celle-ci est peu connue, et pourtant ! Après une enfance très malheureuse, en particulier en raison d’une domestique méchante et agissant sous une emprise démoniaque, elle a finalement trouvé sa voie à la Visitation de Caen. Pratiquant la petite voie de sainte Thérèse qui était sa petite sœur, elle est parvenue aux cimes de la sainteté, ce qu’a reconnu l’Église en la déclarant vénérable. Pour ceux qui le pourraient je recommande la lecture du livre récent de Madeleine de Gourguff.

Bien qu’il ne fût pas le premier béatifié, car le couple italien Quatrocchi Beltrame le fut avant, le couple Martin fut effectivement le premier couple canonisé. Qu’a donc voulu l’Église en canonisant ce couple ? D’abord et avant tout, elle a voulu rappeler la sainteté du mariage. N’oublions pas en effet que cette canonisation a eu lieu durant le Synode sur la Famille. À l’inverse des cathares, l’Église reconnaît non seulement la sainteté du mariage, mais encore que les époux peuvent et même doivent se sanctifier, non pas malgré mais en raison et à travers le mariage.


Ce dossier pourrait vous intéresser :


C’est pourquoi, après avoir voulu vivre chastement leur mariage, comme le feront plus tard Jacques et Raïssa Maritain, Louis et Zélie comprirent que telle n’était pas leur vocation, car telle n’était pas la volonté de Dieu. Ils eurent donc des enfants ! La vie ne fut pas toujours facile, car la croix est sur la route de tous ceux qui veulent devenir des saints, c’est-à-dire vivre jusqu’au bout les exigences de leur baptême.

C’est pourquoi le Pape souhaite que l’exemple des époux Martin devienne contagieux et pour cela, il invite tous les couples à « mieux connaître la vie et les mérites de ces époux et parents incomparables, afin que les familles, si chères au cœur de Dieu mais aussi parfois si fragiles et éprouvées, puissent trouver auprès d’eux, en toutes circonstances, le soutien et les grâces nécessaires pour continuer la route », et j’ajouterais : pour parvenir comme eux à la plus haute sainteté que veut d’ailleurs Dieu pour tous les couples, car il existe une vraie vocation au mariage, qui n’est rien d’autre que la sainteté.

Mais l’on nous dira : c’est trop pour nous. Eux étaient des saints et pas nous ! C’est à mon avis oublier trois choses.

D’abord, la puissance de la grâce : le mot impossible n’existe pas pour Dieu qui est tout puissant, comme l’ange Gabriel l’a dit à Marie à qui il annonçait la vocation incomparable de la maternité divine : « rien n’est impossible à Dieu ».

C’est oublier aussi, avec le Concile, l’appel universel à la sainteté.

Enfin, c’est ignorer que les parents Martin n’ont rien fait d’extraordinaire : leur grâce fut d’accomplir les choses ordinaires de la vie courante de façon extraordinaire. Les saints couples de la porte d’à côté, pour reprendre l’expression chère au pape François, sont plus nombreux qu’on ne le croit.

Cela devrait donner courage aussi à ceux qui hésiteraient de se lancer dans cette voie du mariage, aussi bien d’ailleurs pour les chrétiens que pour ceux qui ne partagent la foi chrétienne.

 

>> à lire également : Missionnaire en 2025 : « Le Congrès Mission, une œuvre de communion » (1/5)

 

Un moine de Triors

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseHistoireLéon XIV

Léon XIV en Algérie (1/5) : Entre mémoire et avenir

DOSSIER « Sur les pas de saint Augustin : Léon XIV en terre musulmane » | À l’invitation du gouvernement algérien et des évêques du pays, Léon XIV visitera ce pays  en avril prochain. S’il entend mettre ses pas dans ceux de saint Augustin, dont il se déclare le fils, le Pape veut aussi encourager le petit peuple des chrétiens présents dans l’Algérie d’aujourd’hui.

+

Léon XIV en Algérie
À la uneÉgliseÉglise de France

Fermeture de la Trappe : Que reste-t-il de la vie religieuse en France ?

Après près de neuf siècles de présence, les moines de l’abbaye Notre-Dame de la Trappe de Soligny ont annoncé le 5 mars dernier leur départ en 2028. Pour beaucoup d’abbayes confrontées à la même situation, on invoque la crise des vocations et les charges d’entretien des bâtiments qui empêchent les communautés d’assurer la vie régulière, et les contraignent à se retirer de lieux pourtant marqués par des siècles de présence.

+

vie religieuse abbaye de la Trappe
À la uneÉgliseLiturgie

Proposition de dom Kemlin pour la liturgie : réponse du président de Notre-Dame de Chrétienté

Entretien | Dom Kemlin, père abbé de l’abbaye de Solesmes, a révélé le 16 mars, au micro de RCF, l’envoi, en novembre, d’une lettre au Pape : il y propose une reconfiguration de la liturgie romaine dans le but de résoudre les divisions au sein de l'Église. Philippe Darantière, président de Notre-Dame de chrétienté, l’association organisatrice du pèlerinage de Paris à Chartres à la Pentecôte, a souhaité réagir à cette proposition.

+

Solesmes dom kemlin liturgie