Le 19 février, le pape Léon XIV s’entretenait avec le clergé de Rome, selon une habitude papale datant de Pie XII. Il exhortait les pasteurs à raviver le don de leur sacerdoce, pour mener à bien leurs missions pastorales et d’évangélisation.
Au début du carême, les papes depuis Pie XII ont l’habitude de s’entretenir avec le clergé de Rome. Pie XII, Jean XXIII et Paul VI lui associaient les prédicateurs de carême. Depuis Jean-Paul II, cette rencontre se fait avec les seuls membres du clergé de Rome.
Le Pape commence son entretien du 19 février par la parole de Jésus à la samaritaine : « Si tu savais le don de Dieu. » Le don est une invitation à vivre une responsabilité créative. Les prêtres ne sont pas seulement présents dans le fleuve de la tradition comme exécuteurs passifs d’une pastorale déjà définie mais, à travers leurs propres charismes, ils sont appelés à collaborer à l’œuvre de Dieu et suivre le conseil que saint Paul adresse à Timothée : « Je t’invite à raviver le don spirituel que Dieu a déposé en toi. » Ainsi tout prêtre doit raviver en lui le don de Dieu.
Mais que signifie raviver ? Comme saint Jean le fera pour l’Église d’Éphèse, Paul adresse son exhortation à une communauté qui a perdu la fraîcheur des origines. Souvent, passé le temps fervent des débuts, sous la menace de l’acédie, l’élan pastoral du prêtre connaît une certaine lassitude, qui peut être aggravée par les déceptions ou frustrations. Le prêtre peut alors connaître une déchéance spirituelle et morale, que seule la charité de son évêque, de ses confrères et de son peuple pourra vaincre.
C’est alors qu’il devra raviver le don reçu lors de l’ordination. Raviver évoque l’image de la braise sous les cendres. Dans ces cas difficiles, le prêtre devra souffler sur le feu pour en raviver la flamme. Cela doit être une grande leçon pour tous les pasteurs, mais aussi pour les laïcs et les religieux dans leur état : le feu est allumé, mais il faut toujours le raviver. Le feu allumé est le don irrévocable que le Seigneur nous a fait, c’est l’Esprit Saint qui a tracé notre chemin. Mais nous devons admettre avec humilité que la flamme de ce feu ne conserve pas toujours la même vitalité et a besoin d’être attisée à nouveau.
Harcelés par les brusques changements culturels et par les contextes dans lesquels se déroule notre mission, en proie parfois à la fatigue et au poids de la routine, ou encore découragés par l’éloignement croissant à l’égard de la foi et de la pratique religieuse, nous pouvons ressentir le besoin que ce feu soit alimenté et ravivé.
La vie pastorale
Cela vaut notamment pour certains domaines de la vie pastorale. Le premier concerne assurément la pastorale ordinaire des paroisses. Le Pape remercie pour tout le bien caché accompli souvent au prix de beaucoup de fatigues, d’incompréhensions et finalement de peu de reconnaissance. Les fatigues et incompréhensions peuvent être une occasion de réflexion sur les défis pastoraux à affronter. Ainsi pour ce qui concerne la relation entre initiation chrétienne et évangélisation.
Il est urgent et prioritaire d’annoncer l’Évangile. Avec humilité, mais aussi sans se laisser décourager, on doit reconnaître que les pays occidentaux sont devenus des pays de missions, particulièrement les grandes agglomérations urbaines, caractérisées par une mobilité permanente. Aussi est-il nécessaire que la pastorale paroissiale replace au centre l’annonce de l’Évangile.
En second lieu, il faut apprendre à travailler ensemble, en communion. Pour donner la priorité à l’évangélisation sous ses multiples formes, on ne peut pas penser et agir de façon solitaire. Par le passé, la paroisse était liée de façon plus stable au territoire et tous ceux qui y habitaient y appartenaient. Aujourd’hui, de nombreuses personnes se déplacent pour des motifs professionnels, mais pour bien d’autres raisons encore, y compris liturgiques. Il faut surmonter la tentation de l’autoréférentialité, qui engendre un surmenage et de la dispersion, pour travailler toujours plus ensemble.
Proche des jeunes
En troisième lieu, il faut être proche des jeunes. Un grand nombre d’entre eux vivent sans aucune référence à Dieu et à l’Église. Il s’agit donc de saisir le profond malaise existentiel qui les habite, leur égarement, leurs multiples difficultés, ainsi que les phénomènes qui les entraînent dans le monde virtuel et les symptômes d’une agressivité préoccupante qui débouche parfois sur la violence. Il est demandé à tous une attitude d’écoute et d’attention.
Le premier engagement est de préserver et de faire grandir la vocation dans un cheminement constant de conversion et de fidélité renouvelée, qui n’est jamais seulement un parcours individuel mais qui nous engage à prendre soin les uns des autres.
C’est ainsi que le prêtre, grâce à Marie mère du Souverain prêtre et mère de tous les prêtres, sera un pasteur selon le cœur de Dieu et pourra servir au mieux son diocèse et l’Église universelle.
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