Les droits des femmes et les promesses du Président

Publié le 16 Mar 2023
femmes

Agitation des féministes, démagogie du pouvoir, incohérence des députés, la tragi-comédie de la constitutionnalisation de l’avortement continue.   Mercredi 8 mars dernier, Emmanuel Macron a rendu hommage à la cour d’appel de Paris à Gisèle Halimi. Militante féministe, elle avait été la principale avocate de la défense lors du procès de Bobigny en 1972 qui permit d’accélérer la dépénalisation de l’avortement en France. Le discours a été prononcé lors de la « Journée internationale pour les droits des femmes », et le président était attendu sur l’état des travaux législatifs concernant l’inscription de l’avortement dans la Constitution. Il a donc profité de la cérémonie pour énoncer clairement qu’un projet de loi serait présenté « dans les prochains mois », excluant la possibilité d’un référendum. Cette « sécurisation du droit à l’avortement » représenterait, selon le Président, le couronnement du combat de Gisèle Halimi. En présence d’Éric Dupond-Moretti, garde des Sceaux, Emmanuel Macron a salué le dévouement de l’activiste défunte dans sa lutte obstinée en faveur de l’avortement, pendant laquelle elle refusa « la légitimité des lois et la logique des juges ». Inquiétudes des féministes ? En juin dernier, la Cour suprême des États-Unis avait enterré le droit à l’avortement au niveau fédéral, permettant à certains États d’en voter l’interdiction dans les semaines qui ont suivi. Cette victoire américaine en faveur de la vie aurait soi-disant provoqué une inquiétude chez des féministes, notamment en France. Aurore Bergé, présidente du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale avait donc profité de l’actualité pour promettre qu’« avant la fin du mandat, la Constitution aura été modifiée et intégrera le droit à l’IVG ». Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée avait soumis la proposition de loi, adoptée en première lecture le 24 novembre dernier, grâce aux 337 voix favorables. Le Sénat s’est ensuite prononcé en faveur du texte le 1er février dernier, mais en modifiant la formulation. Les sénateurs ont proposé « la liberté de la femme » à recourir à l’avortement, contrairement au « droit de la femme ». La nuance juridique doit à nouveau être soumise aux députés. Ce changement de texte aurait déçu les militantes féministes qui y voient un succès en « demi-teinte ». Le « droit à l’avortement » obligerait l’État à garantir à toutes les femmes l’accès à l’avortement, tandis que la « liberté des femmes » octroie la faculté d’y avoir recours mais permettrait de restreindre…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Redaction

Redaction

Ce contenu pourrait vous intéresser

Société

Pas de culture chrétienne sans Dieu

L’Essentiel de Joël Hautebert | De multiples motivations et intentions expliquent un regain de revendication de la culture française et chrétienne. Mais on ne peut vouloir une civilisation chrétienne en évacuant son fondement, Dieu, dans le mystère de la Sainte Trinité.

+

culture chrétienne
Société

Europe : les chrétiens sont-ils en danger ?

Entretien | Fin décembre, le Centre européen pour le Droit et la Justice (ECLJ) a publié un rapport alarmant sur la haine antichrétienne en Europe. Son auteur, Thibault van den Bossche, dresse ici un état des lieux alarmant et préconise essentiellement des moyens d’action inscrits dans le système juridique européen.

+

haine anti chrétien
SociétéÉducation

Automne 1992 : un printemps pour l’école Saint-Dominique

En ce temps de la Nativité, je voudrais vous raconter l’histoire de la naissance de l’école Saint-Dominique du Pecq. En 1992, il y avait quelques dizaines de ces écoles hors contrat. Il y en a 2 600 aujourd’hui. Cette réalité doit être connue et soutenue par tous les moyens possibles. C’est le combat que nous menons chaque jour à la Fondation pour l’école. Bonne lecture !

+

école saint-dominique
Société

Clarification sur la labellisation des médias

C’est logique ! de François-Marie Portes | À l’heure où la « labellisation » des médias s’impose dans le débat public, la distinction entre information et opinion est souvent invoquée comme une évidence. Or cette séparation est plus fragile qu’il n’y paraît : toutes deux relèvent du même ordre du discours et ne se distinguent que par leur rapport à la preuve et à la certitude.

+

label médias
SociétéFin de vie

La Fondation Jérôme Lejeune mobilise contre l’euthanasie

Lancée au début du mois de décembre par la Fondation Jérôme Lejeune, la pétition « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre ! » a mobilisé en quelques semaines plus de 12 000 signataires. Ce chiffre n'est pas un simple indicateur de mobilisation : il dit quelque chose de plus profond sur l'état du débat public français autour de la fin de vie et il appelle à être amplifié, par la signature et le relais de cette pétition, alors que le calendrier parlementaire s'accélère.

+

fondation Lejeune euthanasie