Petit lexique du pardon breton

Publié le 29 Juil 2026
pardon breton

Grand Pardon de Sainte-Anne-la-Palud. ©OT MHA - CF

Si les Bretons ont le sens du péché, ils ont également foi en la miséricorde divine. Depuis le XVᵉ siècle, chaque contrée organise annuellement son pardon, véritable fête de l’âme. Petit lexique.

  Que désigne ce mot de pardon utilisé en Bretagne ? Au XVᵉ siècle, il s’agit de la cérémonie annuelle en certains endroits bénéficiant d’une bulle papale pour obtenir des indulgences. Des dizaines de lieux de culte obtiennent ces bulles puis, dans le cours des siècles, le mot est appliqué à toute fête patronale d’église ou de chapelle, y compris celles qui n’ont pas obtenu la bulle.  Le vrai pardonneur se met souvent en route durant la nuit qui précède le jour de la fête. S’il le peut, il fait le chemin à pied – parfois pieds nus – pour obtenir la remise de ses fautes (il se confessera et communiera sur place), accomplir un vœu ou obtenir une grâce. En arrivant, il fait parfois le tour du sanctuaire à genoux (sept tours à Rumengol) ou des offrandes aux premiers mendiants rencontrés. Le rôle de ces mendiants, objets de la charité des fidèles, entre parfaitement dans la tradition évangélique. Il n’est pas question non plus d’oublier de se rendre à la fontaine qui jouxte la chapelle, dont l’eau sainte retrouve ce jour-là ses vertus miraculeuses, et de s’y laver les mains, le visage et les yeux.  Après la grand-messe se déroule la procession, derrière les porteurs des lourdes bannières, choisis en fonction de leur force physique autant que de leur piété : admirons-les penchant chacun la sienne pour lui faire passer la porte souvent basse et la relevant avec une majestueuse lenteur… Ces pans de tissu magnifiquement brodés expriment la foi vivante d’un village et se donnent parfois symboliquement le baiser de paix. Reliques et statues, notamment du saint honoré spécialement ce jour-là, prennent part à la procession. Il n’est pas rare de voir un groupe de pêcheurs ou de matelots, tête nue et cierge en main, portant une belle barque votive, souvenir d’un naufrage évité. Des cantiques bretons accompagnent cette fête religieuse qui marche et qui chante ; quelques notes suffisent à vous transporter à travers le temps et l’espace, liaison mystique entre les vivants et les morts. Les processionnaires n’hésitent pas à porter les beaux costumes traditionnels, marque de…

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Anne Le Pape

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