L’exposition : Oskar Kokoschka. Un fauve à Vienne

Publié le 31 Déc 2022

Oskar Kokoschka Paysage des Dolomites, Tre Croci / Dolomitenlandschaft, Tre Croci, 1913 Huile sur toile 79,5 x 120,3 cm Leopold Museum, Vienne © Fondation Oskar Kokoschka / Adagp, Paris 2022

Aucune rétrospective de l’œuvre d’Oskar Kokoschka (1886-1980) n’avait été présentée en France depuis quarante ans, le musée d’art Moderne de la Ville de Paris inaugure donc en retraçant les sept décennies de sa création picturale.

Suivant un parcours chronologique, le visiteur découvre des peintures qui ne peuvent laisser indifférents. Ses toiles de jeunesse frappent par leur force et leur originalité même si elles sont parfois légèrement influencées par les artistes qu’Oskar Kokoschka fréquentait à Vienne (Gustav Klimt [1862-1918], Egon Schiele [1890-1918]…)

Des paysages et de nombreux portraits saisissants sont donnés à découvrir. Celui d’August Forel (1910) dont le visage âgé très vivant au regard expressif et aux mains magnifiquement travaillées sur un fond comportant de superbes effets chatoyants, ne plut pas du tout à l’intéressé qui le refusa. Pourtant quelle intensité et quelle lumière ! Ailleurs quelques scènes religieuses puissantes : Le Saint-Suaire de Véronique (1909) où la Sainte Face du Christ douloureux est simplement esquissée mais combien impressionnante. Sur une lithographie bouleversante, un Christ crucifié se penche vers les enfants affamés pendant la guerre (1945-1946).

Environ 150 œuvres sur toile ou papier montrent les transformations de sa production à travers le temps. Kokoschka a connu les deux dernières guerres mondiales et a été particulièrement traumatisé par celles-ci. Blessé deux fois sur le front en 1917, il dessine des Soldats pillant. Avec le temps sa matière picturale devient de plus en plus épaisse…

Sa passion amoureuse déçue pour Alma Malher a également marqué une période de sa productivité ainsi que ses nombreux voyages et ses différents lieux de résidence. Ses réalisations postérieures aux années 1930, sauf quelques exceptions, sont moins intéressantes, sa peinture perdant de sa verve et se délayant dans un travail peu structuré aux couleurs parfois discutables.

Mais l’exposition vaut le déplacement car ses premières années sont remarquables et n’ont jamais été vues en France !

 

Jusqu’au 12 février 2023. Musée d’Art Moderne de Paris, 11 av. du Président Wilson, 75116 Paris. Tél. : 01 53 67 40 00. Du mardi au dimanche de 10h à 18h (fermeture des caisses à 17h15). Nocturne le jeudi soir jusqu’à 21h30.

Céline Vicq

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