Mariage religieux : une libération primordiale 

Publié le 17 Mai 2023
Mariage
À  l’occasion du dixième anniversaire de la loi sur le « mariage » entre personnes de même sexe (17 mai 2013) qui avait entraîné une forte opposition des catholiques, nous republions une partie d’une analyse de Gregor Puppinck, directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), paru à l’origine dans notre hors-série n°10 (« Mariage » et adoption pour tous ? La vérité sur une manipulation idéologique) et qui met en avant la nécessité de la rupture entre mariage religieux et mariage civil.

  Plusieurs motifs plaident en faveur de cette rupture. Des motifs historiques d’abord : faut-il rappeler que le mariage civil a été institué par une loi du 20 septembre 1792 contre le mariage catholique, et avait pour ambition explicite de le remplacer ? Il est donc piquant de voir les catholiques défendre une institution mise en place pour mettre à bas leur influence.   Des motifs canoniques ensuite : dans les pays christianisés, le seul mariage valide pour les catholiques est le mariage canonique, et la conclusion d’un mariage civil n’a, à leurs yeux, pas plus d’effets que ne l’a la conclusion d’un mariage religieux aux yeux de l’État, c’est-à-dire aucun. On pourrait objecter que, traditionnellement, l’Église demande à ses fidèles de contracter une union civile. Mais elle le fait d’une part parce que le mariage civil a longtemps été le seul moyen d’acquérir, pour les époux et les enfants du couple, des droits familiaux et patrimoniaux dont les concubins étaient largement dépourvus, d’autre part et surtout, parce que, encore aujourd’hui, le ministre du culte qui procède à un mariage religieux sans que ne lui ait été justifié l’acte de mariage civil encourt une peine d’emprisonnement de six mois ainsi qu’une forte amende !   Enfin un motif pastoral : on ne peut demander aux catholiques de défendre et d’entrer dans le mariage civil et, dans le même temps, déplorer que ces derniers prennent au sérieux tous les aspects de ce mariage, en particulier la possibilité de le dissoudre. Ici réside sans doute une des causes essentielles de la « mentalité divorcialiste » que déplore si souvent le Pape, et en vertu de laquelle de nombreux catholiques, dès lors qu’un juge civil a prononcé leur divorce, sont…

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Grégor Puppinck 

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