Le masculinisme (2/4) : Ces « mascus » qui hantent la droite

Publié le 16 Avr 2026
masculinisme droite

(Krzysztof Golik, CC BY-SA 4.0)

> DOSSIER n° 1853 « Le masculin au risque de la postmodernité »
Gabriel a 25 ans, et a passé une partie de sa jeunesse dans les milieux de la droite identitaire. Il témoigne de la vision de l’homme et de la femme qui tend à s’imposer dans ce courant.

 

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À l’époque où je fréquentais assidûment les groupes « d’ultradroite », le masculinisme évoquait pour moi une aspiration vertueuse à tendre vers une virilité plus assumée. Aujourd’hui, il me semble important de tirer quelques sonnettes d’alarme. Un certain « masculinisme de droite » a pu apparaître dans ces milieux qui, constitués pourtant en majorité de jeunes catholiques sincèrement engagés pour défendre leur pays, se sont imprégné de l’esprit de certains courants néo-païens modernes. Nous partageons tous ce constat : le mondialisme promeut une uniformisation généralisée, dont l’indifférenciation entre les sexes. Mais la contre-offensive qu’ils préconisent pose néanmoins question, et il m’a fallu des années pour le comprendre. La conception chrétienne construit la vision du couple sur l’altérité ; la différence entre les sexes est une manifestation de l’amour de Dieu, et le mariage chrétien le don réciproque d’un homme et d’une femme qui les rend un : « et ils ne feront qu’une seule chair ». Mais la vision de ces milieux diffère. L’influence néo-païenne leur fait penser que la bonne marche du monde requiert une harmonie de forces opposées, de polarités contraires : ils voient donc la complémentarité homme femme moins comme une symbiose que comme une sorte d’équilibre fructueux « entre le Yin et le Yang ». Par conséquent, quoi de plus logique, dans notre monde de « vertus chrétiennes devenues folles », de penser que l’équilibre du monde serait bouleversé par l’omniprésence de valeurs « féminines » pas assez contrées par des valeurs « masculines » ? Ces jeunes prônent donc leur retour dans la société, de manière assidue, quitte à verser dans des réductionnismes biologiques plutôt grossiers. J’ai été confronté à des comportements qui m’ont troublé. Certaines jeunes filles s’astreignaient à rentrer dans des cases définies : femme très sexualisée, « libre » ou, à l’inverse, « tradwife » (1) pudique et effacée, ayant pour fonction de cuisiner pour les hommes ou de déposer avec grâce les gerbes de cérémonies, tandis que les jeunes hommes cultivaient leur force physique, protégeaient leurs amies dans la rue, et menaient le combat des idées. Prenons le sujet de l’immigration : quand, à la prodigalité des Européens pour leurs envahisseurs, l’Église oppose une…

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Gabriel

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