Le masculinisme (3/4) : Face à la sanctuarisation de la femme

Publié le 17 Avr 2026
masculinisme femme

Au Moyen Âge, un nouveau culte chevaleresque de la femme apparaît, véhiculé par poètes et troubadours.

> DOSSIER n° 1853 : « Le masculin au risque de la postmodernité »
Robert Redeker 2008 masculin

CC BY-SA 4.0, Nicolas Richoffer

Dans Le Soldat impossible, le philosophe Robert Redeker écrivait : « Le soldat a subi un sort semblable au prêtre catholique et au professeur, au fur et à mesure que la société ringardisait le premier sans oublier de rabaisser le second à la fonction d’animateur socioculturel chargé d’enseigner l’ignorance. »  Une décennie plus tard, on peut se demander si le Masculin ne pourrait pas subir le même sort.

 

| Quelle est pour vous, la réalité de cette nouvelle cible, partout affichée, des partisans de l’égalité homme-femmes, à savoir celle des « masculinistes » ?

Il y a deux choses importantes à dire à ce sujet. Tremblez dans les chaumières ! Nouvelles chemises brunes, les masculinistes s’apprêtent à faire régner leur ordre de fer ! Le masculinisme est le dernier repoussoir usiné par les médias à grande audience. Qu’en est-il vraiment ? L’époque est à la sanctuarisation de la femme, que l’idéologie dominante, diffusée par la publicité, le show business, le cinéma, le journalisme, assimile implicitement au Bien. Le présupposé issu de Jean-Jacques Rousseau postulant la bonté naturelle de l’homme, se divise désormais en deux : bonté naturelle de la femme, d’un côté, méchanceté naturelle de l’homme, de l’autre. La femme serait spontanément et ontologiquement du côté du Bien, l’homme spontanément et ontologiquement du côté du Mal. Ce nouveau préjugé s’organise à la façon d’un renversement du récit biblique, celui du Livre de la Genèse, selon lequel la femme (Ève) a proposé à l’homme (Adam), dont elle est issue, la tentation du Mal. Le nouvel imaginaire collectif, qui met sens dessus dessous celui de la Genèse, est surdéterminé par un autre schématisme : quand la femme représente la nature, l’homme représente la violence faite à cette même nature, la civilisation. Ainsi, l’importance prise de nos jours par le thème de la nature, assimilée à l’innocence et à la bonté, à la douceur et à l’authenticité, renforce la puissance de cet imaginaire gynolâtre. C’est peut-être d’ailleurs une bonne chose, je n’ai pas à en juger ici. Nous avons glissé d’un imaginaire judéo-chrétien vers un imaginaire néopaïen sacralisant la nature.  

| La femme devient donc quasi un « intouchable » ?

Ce phénomène est lié à la « religion » de la victime –…

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Marie Piloquet

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