> DOSSIER n° 1853 « Le masculin au risque de la postmodernité »
Sommes-nous face à une impasse, entre un féminisme toujours plus imposé et une génération masculine en proie à un questionnement intérieur, autant social que psychologique, toujours plus douloureux ? La foi catholique, universelle, qui n’est liée ni à une époque ni à un peuple, oriente vers une juste paix et fait régner, dans le service de Dieu et des autres, la plus mâle des vertus.
Certaines questions sont dans l’air du temps. « Qu’est-ce qu’un homme ? » n’est pas une simple interrogation destinée aux philosophes en mal de définitions. Aujourd’hui, l’homme dont la société interroge volontiers l’identité est l’homme « au masculin » : la masculinité de l’homme est-elle autre chose qu’une simple construction sociale (éventuellement « toxique ») permettant à un groupe de privilégiés de soutenir leurs intérêts ? autre chose qu’un adjuvant de la libido dominandi patriarcale pour opprimer les femmes ?
Une définition floue
En face de cette caricature, une définition plus floue de la virilité insiste sur les traits distinctifs de l’homme, ses atouts : la force physique, la confiance en soi, la maîtrise des émotions ou l’instinct de compétition, pour n’en citer que quelques-uns. Il y a du vrai dans cette description par le menu, mais elle manque d’unité. D’ailleurs, il y a du vrai aussi dans la première définition, si on veut bien la débarrasser de ses outrances rhétoriques, car l’homme peut effectivement tirer parti de certains avantages qu’il possède sur les femmes, à commencer par la force brute, pour les soumettre à sa domination dans le cadre d’une compétition pour le statut de « mâle dominant ». Mais si la force au service de la compétition entre pour une part dans la virilité, elle nous en dit trop peu sur les vertus qui doivent aller de pair avec la masculinité. Virilité vient du latin vir, qui veut dire « homme » – par opposition à « femme » (car homme au sens d’être humain se dit homo en latin… qui n’est pas le préfixe homo- du grec, au sens de « semblable »). D’un homme, on attendait qu’il fît preuve de virtus, la vertu, qui était alors la principale qualité attendue du citoyen-soldat antique : le courage à la guerre pour la défense de la patrie. La force au service de la Cité, avec le cortège des autres qualités qui font le guerrier courageux.
L’excellence
En grec, le mot pour vertu est aretê, qui veut dire « excellence » : est…







