Mon Dieu donnez nous des prêtres!

Publié le 21 Nov 2017
Mon Dieu donnez nous des prêtres! L'Homme Nouveau

Lors de l’Assemblée plénière de la Conférence des Évêques de France, à Lourdes, qui s’est achevée le 8 novembre, la réforme des séminaires était à l’ordre du jour. Les prélats ont décidé l’obligation de l’année propédeutique, ce qui était déjà effectué par 57 % des jeunes désirant entrer dans les ordres. Ils ont également opté pour la fermeture des séminaires accueillant moins de 17 à 20 personnes. Seuls 15 séminaires dépassent ce nombre. 

Nous avons interrogé trois prêtres, afin de savoir ce qui, dans leurs situations respectives, leur semble important à privilégier lorsque l’on veut former de nouveaux prêtres. 

Pour l’abbé Christian Venard, aumônier militaire, le premier aspect qui lui semble être négligé est la formation humaine : « Trop souvent, la formation des clercs donne l’impression que sous le fallacieux prétexte d’acquérir des vertus spirituelles, le futur prêtre serait dispensé des vertus humaines : courage, virilité, franchise, etc. C’est aujourd’hui, plus qu’hier encore, une question de crédibilité : le prêtre doit apparaître comme un homme véridique ; des choses les plus simples (savoir cuisinier, tenir une maison) au plus complexes (gestion humaine ou financière de la paroisse par exemple) ». Ce que l’abbé de Bellescize, vicaire de Saint-Germain-des-Prés, appuie en parlant de l’équilibre humain : « la croissance dans les vertus humaines. D’où la nécessité de bâtir des personnalités d’homme stables et accomplies (alliance du travail, de la prière, du sport, de la vie communautaire, des loisirs, apprentissage de l’obéissance, de la courtoisie, de l’écoute, etc) ». 

La culture générale est également à approfondir. Selon l’abbé Barthe, prêtre traditionaliste, il faut « une formation intellectuelle thomiste importante. Celle-ci passe même avant la formation spirituelle ». Il faut « une tête bien faite à l’aide des grands traités de morale et de théologie ». « L’Église a toujours été, dans les moments difficiles de l’humanité, un défenseur de la culture. Il importe donc que les séminaristes reçoivent une vraie formation “esthétique” : historique, littéraire, artistique, musicale, poétique… » ajoute l’abbé Venard. Là encore l’abbé de Bellescize se pose en écho quand il nous parle de « l’exigence d’une vie intellectuelle forte, de l’étude de l’écriture en lien avec la théologie pour que le séminariste apprenne à lire la parole de Dieu et la connaisse comme son milieu familier ».

En tant que prêtre de paroisse, l’abbé de Bellescize précise qu’à ses yeux « le séminariste devra être sensibilisé à une approche pastorale qui lui permettra de s’insérer dans une paroisse avec une intelligence de l’histoire et des personnes, sans renier sa sensibilité. Il doit connaître et respecter les différentes sensibilités ecclésiales. »

Comme un écho à la Force du Silence du Cardinal Sarah, le père Venard termine en abordant l’intériorité que le prêtre doit se forger « faite de la confrontation au silence (extérieur et intérieur), de la lente rumination de ses études, de ses lectures et de sa propre vie, et d’une ouverture sans cesse renouvelée à la transcendance, dans une vie profonde d’intimité avec le Christ. »

Pour un aspect plus pratique, l’abbé Barthe précise n’être pas favorable au maintien des séminaires. Il privilégierait des solutions alternatives comme la création de communautés paroissiales où la formation des prêtres s’effectuerait au contact de quelques prêtres, comme cela se faisait avant le concile de Trente. Sans aller jusqu’ici, l’abbé de Bellescize témoigne qu’à Paris, la vie en maisonnée et le travail en sous-groupes donnent des résultats satisfaisants. 

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