Persécution des chrétiens dans le monde : le bilan

Publié le 18 Jan 2024
bilan persécutions
Les persécutions dans le monde continuent. L’année 2023 vient de s’achever, et un bilan des persécutions contre les chrétiens vient d’être publié par l’AED.

 

Les persécutions à l’égard des chrétiens ne sont pas seulement l’affaire des Romains sous l’Antiquité ou des peuples asiatiques au XIXème. Ces persécutions persistent malheureusement de nos jours, et sur tous les continents. La confrontation entre les pouvoirs politiques et religieux croît d’année en année. C’est l’objet des statistiques menées par l’AED (Aide à l’Église en détresse). L’association relève une augmentation des persécutions envers les catholiques et surtout le clergé durant l’année 2023.

Le continent américain n’est pas épargné

Sur le continent américain, les persécutions se trouvent essentiellement dans le sud du continent avec le Venezuela, Cuba et le Nicaragua où les bandes et les narcotrafiquants tentent de supprimer leurs adversaires. Leurs principales cibles sont les chrétiens qui s’opposent à leurs dominations. À Cuba, l’État contrôle durement l’Église et les pratiques religieuses. Au Venezuela, les chrétiens subissent d’importantes discriminations, les refoulant aux bancs de la société. De plus, au Mexique, un prêtre a été assassiné en mai 2023, retrouvé mort dans sa voiture (une enquête est en train d’être menée), c’est le neuvième clerc assassiné depuis 2018 et le soixante-dixième depuis trois décennies.

Plus au sud du Mexique se trouve le Nicaragua où les persécutions se déchaînent. Ce pays est mené par un gouvernement anticlérical qui mène une opération de dissolution des ordres religieux (ordre des franciscains et jésuites). Certains prêtres de retour des JMJ ont été refoulés par les autorités locales. L’évêque de Matagalpa, Mgr Rolando Alvarez, qui avait été condamné à 26 ans de prison, a été libéré le 14 janvier avec dix-neuf clercs. Ils ont été accueillis au Vatican par le Pape.

 

L’Arménie, meurtrie…

Plus proche de l’Europe, en Arménie, les persécutions menées par l’Azerbaïdjan sont une nouvelle édition du génocide qui s’est déroulé en 1917. Le président azerbaïdjainais déclare fièrement en 2020 : « J’avais dit qu’on chasserait les Arméniens de nos terres comme des chiens, et nous l’avons fait. »

L’envahisseur s’en est pris à la région de l’Arménie, plus isolée du reste du pays : le Haut-Karabagh, peuplé en majorité de chrétiens. L’affrontement à causé plus de 8000 morts et l’année dernière, les Azerbaïdjanais ont fermé la seule route reliant cette région : aussi appelé Artsakh avec l’Arménie. Ce siège encercle donc une partie du peuple arménien (120 000) qui se trouve coupé des vivres, condamnés à mourir de faim. Le 19 Septembre 2023 des tirs ciblés sur cette région ont provoqué un exode massif de plus de 100 000 Arméniens abandonnant leurs toits et parfois leurs familles pour vivre.  De plus, les églises et cimetières sont rasés ou détruits.

 

L’instabilité de certains pays africains ne favorise pas l’expansion de l’Église

Passons désormais à l’Afrique où les coups d’État bousculent de nombreux pays. La plupart des gouvernements mis en place n’ont pas toujours des relations amicales avec le peuple chrétiens (Mali, Nigeria, Tchad, Soudan). La situation politique ne permet pas aux chrétiens de vivre en paix.

Il y a également des conflits armés menés par des organisations islamistes ciblant tout particulièrement les chrétiens. C’est le cas par exemple du Burkina Faso du Mali où les chrétiens sont appauvris et affamés par les autorités. Au Nigeria c’est 23 religieux (prêtres, religieuses, séminaristes) qui ont été enlevés en 2023. Trois prêtres et un séminariste ont été tués. Dans la nuit du 17 au 18 octobre dernier, c’est un moine bénédictin qui a été enlevé avec deux autres de ses confrères lors de l’attaque de leur monastère d’Eruku.

 

La culture asiatique et la religion ne se mélangent pas

En Asie les persécutions sont particulièrement intenses : en Chine où l’évêque Shao Zhumin a été arrêté par les autorités locales pour avoir refusé d’appartenir à l’Église communiste. L’Église officielle reste très contrôlée, toute manifestation de la foi est interdite et la doctrine est adaptée aux idées du parti, et l’Église souterraine est traquée et menacée tous les jours. De plus, de nombreux bâtiments religieux y sont détruits, marquant une forte hostilité du régime envers l’Église.

En Inde les persécutions sont plus violentes depuis la loi antichrétienne édictée en 2022 par le premier ministre Narendra Modi. Des émeutes affrontant les hindous et les chrétiens ont eu lieu essentiellement au nord-est du pays causant de nombreuses victimes : beaucoup de chrétiens ont été tués, et des églises détruites.

Au Pakistan la population est essentiellement composée d’une majorité de musulmans avec une minorité de chrétiens. Il en résulte qu’une partie des conflits qui occupent le pays sont fait à l’encontre des chrétiens. Le rapport de l’AED précise que : « Les minorités sont également surreprésentées dans les meurtres liés au blasphème et dans d’autres formes de violence. » En Birmanie, des villages à majorité catholique ont été pour la plupart détruits par des bombardements, causant de nombreux morts et la destruction de plusieurs églises en début d’année 2023.

 

Persécutions par profanation en Europe

En Europe, des persécutions ont lieu, elles ne sont pas forcément menées par le gouvernement, mais elles se traduisent par des destructions d’églises, comme l’incendie criminelle de la cathédrale de Nantes en 2020, du vandalisme et des profanations. En 2018, ce sont est environ 700 actes de profanation et vandalisme qui ont été recensés par le ministère de l’Intérieur. Ce bilan témoigne d’un véritable acharnement contre l’Église.

En tout, ce sont 132 prêtres et religieux qui ont été arrêtés ou enlevés et 14 qui ont été assassinés pour l’année 2023.

 

>> à lire également : Éducation sexuelle en Écosse, menace sur la liberté de l’enseignement catholique

François Tardif

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