Peuple et populisme

Publié le 13 Fév 2024
populisme

© Chuttersnap / Unsplash

Nous avons lu pour la lettre Reconstruire (n°33 – février 2024) « Peuple, populisme, démophobie », le dernier numéro de la revue Catholica. Ce numéro consacre trois articles sur le peuple et les crises démocratiques.

  Depuis quelques décennies, la question du populisme occupe les hommes politiques et les commentateurs. Sous le titre, « Peuple, populisme, démophobie », la revue Catholica consacre donc son dernier numéro (hiver-printemps 2024) à ce sujet, à travers la publication de trois articles. Le premier pose d’emblée une question essentielle, qui est d’ailleurs son titre : « Parler du peuple sert-il encore à quelque chose ? »   

Un timide changement

Son auteur dresse d’abord le constat d’un timide changement de discours venant principalement des sphères universitaires. À la présentation du populisme comme un épouvantail se substituent des études cherchant à cerner le phénomène. Mais l’intérêt de l’article se trouve ailleurs, dans le retour qu’il opère « sur la définition du peuple dans la modernité politique » en montrant que « le peuple » du populisme s’insère entièrement dans cette compréhension moderne (une collectivité d’individus) et qu’il s’épuise ainsi dans sa remise en cause d’un système dont il partage les mêmes présupposés. Un deuxième article pointe des exemples précis de l’opération de sauvetage tentée par la démocratie représentative pour donner l’illusion d’une extension de la participation directe ou semi-directe, afin de la mieux contrôler à son profit.  

La survie du peuple…

Enfin le dernier article sur le sujet s’interroge sur la survie du peuple en partant d’un constat : « Les éruptions épisodiques dites populistes qui ont eu lieu dans la période la plus récente témoignent de la situation de dérilection dans laquelle ont été placées des catégories entières de citoyens, frustrés de cadres stables de références et d’organisation. » Peut-il en sortir une remise en cause plus globale du système ? La réponse de l’auteur est prudente. Tout est fait pour dissoudre ce qui restait de peuple réel mais la société témoigne également d’une capacité de résistance, principalement d’ordre moral, culturel et religieux, « potentielle­ment apte à fonder une volonté politique ». Quoi qu’il en soit, le populisme apparaît non comme une solution mais comme le révélateur de la crise profonde de la démocratie moderne.  


Catholica, n° 158, 128 p., 16 €. Couverture 158 populisme   >> à lire également : Après 500…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

La Rédaction de Reconstruire

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéFin de vie

De la situation faite à la mort en temps nihiliste

L’Essentiel de Thibaud Collin | Dans notre société libérale, la mort est devenue incompréhensible. Échec impossible à envisager pour ceux qui divinisent la liberté et croient à l'autonomie complète de l'homme, elle est donc invisibilisée et l'euthanasie et le suicide assisté ne représentent que les tentatives illusoires de contrôler sa destinée jusqu'au bout.

+

mort nihilisme fin de vie euthanasie suicide assisté
À la uneÉgliseLecturesThéologie

Redécouvrir saint Bonaventure

Carte blanche d’Yves Chiron | Marc Ozilou, reconnu pour ses travaux sur saint Bonaventure et traducteur de nombreux textes médiévaux, publie une biographie du « Docteur séraphique » remarquable par son érudition autant que par la clarté de son exposé et la fluidité de son style.

+

saint Bonaventure
À la uneSociétéLéon XIV

Léon XIV en France : La France face au Pape

Spécial venue du Pape en France | Alors qu'elle s'enfonce dans le nihilisme avec des lois de plus en plus antichrétiennes, la France accueille le Pape en grand pompe. Réaction Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, co-auteur d’une tribune intitulée « Léon XIV en France : le piège de l’instrumentalisation » et parue dans le JDD début juin.

+

fin de vie tribune le menée français france pape Léon XIV