Quas Primas (1/4) : Une encyclique pour son temps

Publié le 08 Déc 2024
quas primas cristeros

Au Mexique, règne un État laïciste qui assassine les prêtres. Ici l'exécution du jésuite Miguel Pro.

Dossier | 1925-2025 : « Aux origines de la fête du Christ-Roi »
C’est le contexte des années 1920, pendant lesquelles montent en puissance des États et des idéologies anticatholiques et laïcistes que l’inquiétude du pape Pie XI, face à ces cultes de la Nation, de l’État, de la Révolution ou du Prolétariat, va le pousser à donner des remèdes spirituels au monde. L’ordonnance contre ces fausses religions mortifères, c’est Quas Primas (11 décembre 1925).

  Quand Pie XI donne cette encyclique, il est pape depuis 1922 et sa première encyclique (cf. L’Homme Nouveau n° 1772 du 3 décembre 2022) Ubi arcano Dei Consilio, datée du 23 décembre 1922, portait déjà sur les crises frappant l’Europe et le monde. Il y revient : « Les fruits très amers qu’a portés, si souvent et d’une manière si persistante, cette apostasie des individus et des États désertant le Christ (…) Nous les déplorons de nouveau aujourd’hui » (QP, 18). Il désigne clairement l’idéologie mortifère et source de « calamités » (QP, 1) qui menace le genre humain : « La peste de notre époque, c’est le laïcisme, ainsi qu’on l’appelle, avec ses erreurs et ses entreprises criminelles » (QP, 18). Laïcisme de combat qui veut éliminer Dieu et l’Église des consciences, de la vie familiale, sociale et politique, et même qui veut prendre la place de Dieu, en instituant une nouvelle religion politique, où César devient Dieu.

Un ancien phénomène

Ce phénomène de laïcisation n’est pas récent : monarchies absolues, raison d’État, joséphisme, Révolution française, culte au XIXe siècle de la Nation, dans sa version de politique intérieure (démocratie) et extérieure (nationalismes). Mais il a pris des proportions telles que les années 1922-1925 montrent la pertinence et la justesse des diagnostics de Pie XI. Ainsi les espoirs de paix de 1919 ont été déçus : la guerre franco-allemande a duré jusqu’à l’occupation militaire de la Ruhr en 1923 et malgré une relative détente en 1924, la situation demeure fragile. La nouvelle guerre de Trente Ans commencée en 1914, malgré saint Pie X et Benoît XV, poursuit son cours funeste : Pie XI évoque « les germes de haine semés de tous côtés ; les jalousies et les rivalités entre peuples (…) les ambitions effrénées » (QP, 18). Mais c’est surtout la montée d’idéologies et de puissances politiques anticatholiques qui inquiète Pie XI. En 1924, le communisme soviétique totalitaire, matérialiste et athée, a donné naissance…

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Éric Picard

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