Que faire face à un système irréformable ? La Fable du politichien

Publié le 27 Avr 2022
Que faire face à un système irréformable ?  La Fable du politichien L'Homme Nouveau
 
 
Le Molosse et le chat 
(Le politichien)
 
Un molosse splendide désirait la justice
Un monde pacifique exempt d’iniquités
Une cité parfaite, sans félin et sans vice 
Débonnaire, tolérant les matous dégriffés  
 
Il montra les dents, aboya sans relâche
Donnant la patte à de hautes autorités
Se passionne tant que son maître le détache
Lui préférant un chat, plus humble et dévoué. 
 
Les bonnes intentions font courte carrière
Si l’on  néglige l’humble devoir ordinaire
Le bien de demain s’édifie brique par brique
Préférons le village à la politique 
 
 
Le chien de la fable voulait débarrasser l’univers des chats. Qui oserait lui chercher noise ? Il avait de bonnes intentions. Malheureusement… quel gâchis. Quelle ironie. Il s’est fait voler sa place par un de ces félins abhorrés.
 
Ne sommes-nous pas un peu comme ce molosse ? N’avons-nous pas tous une volonté de changer le monde ? de lutter contre l’injustice avec un grand I. Plusieurs d’entre nous s’y dédient, corps et âme. Manifestations, élections, activisme de toute sorte. À n’en pas douter, il faut se révolter contre l’injustice. Il faut utiliser les armes démocratiques pour abattre l’injustice et la remplacer par… par… par quoi au juste ?
 
C’est, ma foi, un mal bien connu et observable chez tant et tant de nos coreligionnaires et chez tant d’hommes de bien. Ils ne cessent de regarder en haut pour y dénoncer ce qui les oppresse. Et il faut leur donner raison à bien des égards. Les injustices ne manquent pas ! Mais si nous regardions plutôt en bas.
 
Ne perdons-nous pas collectivement un temps précieux ? Ne sommes-nous pas à investir temps et talents uniques pour une cause toujours perdue ?
 
Chers amis, j’aimerais vous inviter à prendre le digestif de la réalité. De le prendre à grandes rasades. Allons, une fois n’est pas coutume, de faire cul-sec !
 
Nous ne changerons pas le système. Point barre. Il est ce qu’il est et a de puissants anticorps. À trop lutter contre des moulins à vents, fussent-ils hideux, nous finirons par perdre tout ce que nous chérissons.
 
Alors que faire ? Se résigner ? Certainement pas. La bataille est gagnée, nous connaissons tous la fin. Alors… qu’est-ce à dire ? 
Il faut plutôt choisir des moyens appropriés pour mener un combat de longue haleine. Il faut accepter l’humble poids du jour, de ce jour qui semble ne jamais finir. De ce jour qui, pourtant, est le terrain du possible. Il faut travailler en silence, loin du gras tintamarre des médias. Il faut aller aider l’école hors contrat du coin. Il faut aller aider cette famille nombreuse qui a réellement besoin d’un coup de main. Il faut aller offrir son aide bénévole à la soupe populaire, à L’Homme Nouveau, à votre chorale. Il faut créer des associations, petites, microscopiques, qui feront un peu de bien. 
 
Mais nous le faisons déjà direz-vous. Et bien, faisons-le plus, faisons le mieux au lieu de chercher à réveiller la bête qui dort.
 
Dans le film “Le Hobbit”, il y a cette scène mythique où les héros doivent aller chercher une pierre précieuse, gardée par un farouche dragon, heureusement endormi. Marchant délicatement sur la pointe des pieds, ils font tout en leur pouvoir pour ne pas le réveiller.  Et bien mes amis, imitons-les. Travaillons avec toute notre ardeur à des choses en apparence moins glorieuses mais, en réalité, tellement plus utiles à notre cause. 
 
La reconquête est nécessaire, mais un arbre mauvais ne donnera pas magiquement de bons fruits. Plantons, arrosons, sarclons. Puis recommençons. Nos lointains descendants nous en saurons gré.
 
 
Jean de Saint-Jouin

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