Réseaux sociaux : commercialiser la dépendance (1/4)

Publié le 21 Fév 2023
réseaux sociaux

Comprendre et exposer les modes de fonctionnement des réseaux sociaux s’avère désormais indispensable. En effet, au bout de quelques décennies, leurs effets nocifs sont avérés et leur séduction disproportionnée et calculée met en danger les cerveaux et la pensée en général. Décryptage. Un outil technique est a priori neutre moralement, mais lorsque l’intention de celui-ci a pour objectif d’affaiblir la volonté et de rendre dépendant pour permettre sa croissance, alors sa moralité peut être interrogée. Cette envie irrésistible d’être actif en permanence sur les réseaux sociaux a d’ailleurs donné naissance à un syndrome très moderne, le « FOMO », c’est-à-dire « fear of missing out » signifiant « peur de rater » qui se manifeste par la peur permanente de manquer une nouvelle importante ou bien une occasion d’interagir socialement. Il est donc facile de comprendre que pour un public vulnérable par la jeunesse de son esprit ou bien fragilisé par un environnement social individualiste, l’exploitation du manque affectif peut devenir coupable. L’usage d’Internet a révolutionné les modes de vies, présentant de nombreux avantages, simplifiant de nombreuses démarches pratiques en termes de temps et d’efficacité. Dans cette grande révolution technique, une petite est survenue affectant le quotidien de plusieurs millions d’utilisateurs : le développement du téléphone portable. Une révolution Doté comme les ordinateurs d’un système d’exploitation et permettant l’installation d’applications, cet outil ne permet plus seulement de téléphoner mais bien d’être connecté en permanence, presque partout dans le monde. La première commercialisation des Iphone, seulement trois ans après la création du réseau social Facebook (2004), qui avait connu un succès mondial sans précédent, a permis une véritable explosion d’une nouvelle utilisation d’Internet. La consultation d’une page Internet, d’un message ou d’une nouvelle nécessitait de s’asseoir derrière son ordinateur, limitant ainsi nécessairement les conditions d’utilisation. Et alors que nous étions actifs derrière nos écrans, qu’un esprit avisé et éduqué à son usage pouvait rester maître de ce qu’il allait consulter, les applications ont la particularité de proposer sans cesse du contenu, non pas à la demande de leur utilisateur, mais en se basant sur son comportement. Les algorithmes développés par les entreprises comme Google, YouTube et Meta permettent d’enregistrer l’ensemble des activités sur leurs plateformes, de repérer les préférences et de proposer ainsi de nouvelles publications en fonction des goûts de l’utilisateur. Leur objectif est de faire rester le plus longtemps possible, revenir le plus souvent et ne jamais s’en séparer…

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Maitena Urbistondoy

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