Un débat sur l’identité française ?

Publié le 25 Fév 2025
identité française

L’identité française s’exprime à travers l’architecture, le vêtement, le langage, sans oublier le spirituel. © CC BY-SA 4.0, Amaustan.

> L’Essentiel de Joël Hautebert
Le Premier ministre, François Bayrou, a ce mois-ci relancé le débat sur l’identité française. Mais de quoi parle-t-on ? C’est la question primordiale à se poser pour une discussion digne de ce nom sur un enjeu essentiel pour l’avenir.

  Le vendredi 7 février, le Premier ministre s’est exprimé en faveur de l’ouverture d’un large débat sur la question de l’identité française : « Qu’est-ce que c’est qu’être français ? », a-t-il demandé. « Qu’est-ce que ça donne comme droits ? Qu’est-ce que ça impose comme devoirs ? Qu’est-ce que ça procure comme avantages ? Et en quoi ça vous engage à être membre d’une communauté nationale ? À quoi croit-on quand on est français ? » Que de bonnes questions dont on ne sait, au moment d’écrire ces lignes, si elles seront suivies d’un authentique débat. Le fait que le sujet porte sur l’identité française et non sur le vivre ensemble républicain constitue déjà une ouverture dans laquelle il faut s’engouffrer. Le sujet est crucial pour l’avenir de notre pays, qui fait face au double défi de la culture de l’effacement et d’un afflux migratoire d’une portée inégalée depuis des siècles, qui coïncide avec la révolution libertaire des années 1960 donnant naissance à la mentalité contraceptive. 

L’enjeu de l’identité collective

Même si cela paraît, à tort, surprenant, il faut prendre comme point de départ notre nature humaine pour saisir l’enjeu d’une identité collective, « nationale » disons-nous aujourd’hui. Nous sommes des êtres corporels, raisonnables, dotés d’une âme spirituelle appelée à l’immortalité. Puisque notre comportement social et politique n’est pas inscrit dans notre code génétique, nous sommes nécessairement incarnés dans des communautés concrètes qui possèdent une identité propre. Celle-ci n’est donc pas en contradiction avec notre appartenance au genre humain. Ce rapport étroit entre l’universel et le particulier a été remarquablement défini par Cicéron qui hiérarchise les diverses communautés humaines, enchâssées les unes dans les autres sans absorption, chacune ayant sa place légitime (1). Corps, esprit et âme, toutes les dimensions de notre être possèdent leur traduction dans une identité collective particulière. Par exemple, en tant qu’être vivant, tous les hommes ont besoin de se nourrir. Mais ils ne mangent pas tous la même chose et quand ils consomment les mêmes denrées, elles ne sont pas cuisinées de la même manière, suivant les us et coutumes des pays et des régions. Il existe un art culinaire, que nous possédons en France…

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Joël Hautebert

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