Un pèlerinage Summorum Pontificum à Rome

Publié le 21 Oct 2013
Un pèlerinage Summorum Pontificum à Rome L'Homme Nouveau

Samedi prochain aura lieu à Rome, cœur de la chrétienté, le deuxième pèlerinage international Summorum Pontificum pour conclure l’Année de la foi. Son aumônier général est l’abbé Claude Barthe. Il nous en dit plus.

Vous êtes l’aumônier du pèlerinage Summorum Pontificum qui se déroulera samedi 26 octobre. De quoi s’agit-il ?

L’abbé Claude Barthe : Ce pèlerinage est le deuxième du genre. L’an passé s’était mis en place un groupe ad hoc, le Cœtus Internationalis Summorum Pontificum (CISP), qui avait organisé un premier pèlerinage à Rome, à la Toussaint 2012, au début de l’Année de la foi, pour lequel s’étaient retrouvés des prêtres, religieux, séminaristes et fidèles du monde entier, attachés à ce que l’on nomme la liturgie selon la forme extraordinaire du rit romain. Il s’était achevé par une messe pontificale à Saint-Pierre du Vatican, célébrée par le cardinal Cañizares, Préfet de la Congrégation du Culte divin. Nous allons conclure l’Année de la foi, du 24 au 27 octobre prochains, par un pèlerinage semblable. Le CISP, présidé par un magistrat italien, Guiseppe Cappocia, et dont le secrétaire général est Guillaume Ferluc, aime qualifier de représentants du peuple Summorum Pontificum ceux qui viennent à Rome à cette occasion et qui, dans une grande diversité, appartiennent à des paroisses, des communautés religieuses, des communautés Ecclesia Dei, et aussi à la Fraternité Saint-Pie-X. Nous collaborons bien sûr fructueusement avec des organisations diverses petites ou grandes, des instituts religieux, instituts Ecclesia Dei, etc., mais pour que tout le monde se sente chez soi, ce sont les individus qui sont invités et qui prennent part comme tels aux cérémonies et aux actes de dévotion, de cette pérégrination vers le Tombeau de Pierre et auprès de son Successeur, la paroisse personnelle de forme extraordinaire de Rome, la Trinité-des-Pèlerins, constituant la base d’accueil, conformément à sa vocation qu’indique son titre.

Plusieurs personnalités religieuses ont annoncé leur présence ?

Oui, de Rome et d’ailleurs, qui feront spécialement le voyage – un long voyage pour certaines – pour assister à toutes les cérémonies ou à l’une d’entre elles, spécialement à celle qui a le plus de relief, la messe pontificale qui sera célébrée dans la basilique vaticane, le samedi 26 octobre, à 11 h. D’autres personnalités nous ont donné une approbation chaleureuse, comme celle publique du message adressé par le cardinal Burke, Préfet du Tribunal de la Signature apostolique. Je vous donnerai seulement le nom des prélats qui vont officier : Mgr Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, qui accueillera les pèlerins lors des vêpres du 24 ; Mgr Schneider, évêque auxiliaire au Kazakhstan, qui célébrera pontificalement le 25 ; le cardinal Castrillón, Préfet émérite de la Congrégation du Clergé et ancien Président de la Commission Ecclesia Dei, qui célébrera à Saint-Pierre le 26, assisté par Mgr Ferrer, Sous-Secrétaire de la Congrégation du Culte divin ; Mgr Rifan, Ordinaire de l’Administration apostolique Saint-Jean-Marie-Vianney, au Brésil, qui célébrera le 27, en la fête du Christ-Roi.

Quel est le programme précis de ce pèlerinage ?

– Le jeudi 24 octobre, à 19 h 15, seront donc célébrées les vêpres solennelles de saint Raphaël par Mgr Guido Pozzo.

– Le vendredi 25 octobre, à 9 h : chapelet à Santa Maria in Campitelli suivi de visites culturelles et spirituelles par groupes linguistiques : 

À 11 h 45, aura lieu une rencontre des prêtres pèlerins avec Mgr Fisichella, Président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation.

À 16 h 45, le chemin de croix sur la colline du Palatin, guidé par les membres de l’Opera Familia Christi de don Riccardo Petroni, collaborateur de Mgr Negri, archevêque de Ferrare. Cette œuvre a la charge de la messe dominicale en la chapelle du Palais Altemps.

À 19 h : messe pontificale à la Trinité des Pèlerins célébrée par Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d’Astana, et chantée par la Schola Sainte-Cécile de Paris.

– Le samedi 26 octobre, à 9 h : adoration eucharistique à la Chiesa Nuova, suivie de la procession des pèlerins qui traversera le Tibre pour se rendre à la basilique Saint-Pierre où le cardinal Castrillón Hoyos célébrera la messe pontificale, à 11 h, à l’occasion du 61e anniversaire de son ordination sacerdotale, messe également chantée par la chorale Sainte-Cécile.

Et pour finir, le dimanche 27 octobre à 9 h 30, une messe pontificale pour la solennité du Christ-Roi, sera célébrée, dans la basilique de la Minerve, l’église principale des pères dominicains, par Mgr Fernando Rifan, évêque du « diocèse personnel » de forme extraordinaire dans le diocèse de Campos.

La forme extraordinaire, réinstallée officiellement par le pape Benoît XVI, reste donc toujours d’actualité ?

Elle l’est toujours et elle pénètre en profondeur, si j’ose dire. De nombreux fidèles tout simples, de plus en plus de prêtres, de séminaristes, de religieux ont découvert et découvrent aujourd’hui encore sa richesse spirituelle et liturgique, l’exceptionnelle pédagogie de la foi qu’elle représente et le ferment missionnaire qu’elle porte. Est-il besoin de rappeler, comme le disait avec émotion le cardinal Cañizares l’an passé, qu’en ces temps de disette extrême des vocations dans le monde occidental, elle attire un nombre conséquent de jeunes vers le sacerdoce et la vie religieuse, en France notamment. Sans parler du fait qu’elle déteint sur, ou pour mieux dire qu’elle inspire, ou mieux encore qu’elle enrichit, toute une portion très vivante et florissante du catholicisme dans nos pays, non seulement du point de vue liturgique, mais aussi avec tout ce qui suit naturellement cette forme liturgique dans la prédication, l’enseignement dans les séminaires selon une tradition thomiste vigoureuse et vivante, la formation bien charpentée des clercs, la catéchèse des enfants, la structuration doctrinale et spirituelle des mouvements de jeunesse. Cette nébuleuse – on a parlé de forces vives du catholicisme – est l’une des composantes ou l’un des aspects d’un mouvement de fond qui va continuer à se manifester de manière d’autant plus assurée qu’il épouse, en ces temps de crise radicale, le sens de la foi du peuple chrétien.

Il est clair que, pas davantage que le Pèlerinage à Chartres, le Pèlerinage à Rome n’est une « manifestation ». L’un et l’autre sont des actes de piété, des moments de prières, d’imploration. Mais dans une Église visible, ils représentent des actes, certes modestes, mais bien visibles. La visibilité de la messe traditionnelle, toujours jeune et vivante, à Rome même, auprès de Pierre, aujourd’hui, est d’une importance capitale.

Pierre Benoit

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