Un rhume tuera la démocratie – Tribune libre de Jean de Saint-Jouin

Un rhume tuera la démocratie - Tribune libre de Jean de Saint-Jouin L'Homme Nouveau

Un géant au nez d’agile

Grandeur, gloire, ô néant! calme de la nature! 

Les aigles qui passaient ne le connaissaient pas. 

– Victor Hugo 

Ces vers de Victor Hugo rappellent avec beaucoup de panache que toutes les gloires de ce monde finissent par faner et que les empires s’effondrent un jour ou l’autre. Pourtant, l’observateur perspicace du monde contemporain et de son système politico-administratif pourrait finir par croire que celui-ci ne finira jamais. Aristote lui même, s’il n’hésitait pas à dire que la démocratie fût le pire des systèmes, lui reconnaissait tout de même une vertu non négligeable, à savoir sa stabilité. En effet, peu d’intérêt à faire une révolution si un simple suffrage suffit à renverser la direction de l’État. Qu’on s’en réjouisse, qu’on s’en désole, ce système semble inébranlable. 

Les deux dernières années de gestion de pandémie semblent pourtant avoir fait vaciller ce géant. Certes, le système a survécu à ce choc, mais celui-ci était somme toute assez léger, et il a tout de même vacillé et, surtout, paniqué. Comment expliquer cette attitude? Il faut regarder du côté de nos systèmes universels de soins de santé pour y voir plus clair. 

Le culte de la Santé 

Il est plus qu’étonnant de voir la place qu’a pris la santé, sous toutes ses formes, dans nos discussions publiques (et privées). Parallèlement, les investissements publics en santé sont astronomiques. Au Canada, par exemple, 12,7% du PIB, soit plus de 8000 dollars canadiens par habitant sont consacrés aux soins de santé. Il s’agit d’une augmentation de 700% en 40 ans. À titre comparatif, ce n’est guère mieux en France puisqu’il s’agit de 11,3% du PIB soir 3100 euros par personne. Au Québec, c’est 43% des

dépenses publiques qui sont consacrées au système de santé. Comme le taux d’imposition des individus est grosso modo de 50%, sur une carrière de 40 ans, le travailleur moyen aura travaillé pendant 10 ans pour payer le système public de santé! 

Ce qui est très étonnant, c’est que ces dépenses sont en réalité une sorte de puits sans fond, et ce en vertu d’une multitude de facteurs. 

Premièrement, c’est inéluctable, les êtres humains souffrent et meurent. Une politique publique, selon la définition classique, se veut une réponse de l’État à un problème public. Et bien, le problème public que constitue la santé de la population a la particularité de ne jamais pouvoir être solutionné peu importe le montant investi. Il s’agit d’un combat à forces inégales contre l’ange de la mort qui gagne chaque partie, à plus ou moins longue échéance. 

Deuxièmement, et c’est une sérieuse complication du premier point, la définition de ce qui constitue une maladie est en constante évolution. Beaucoup de vices, autrefois du ressort de la morale, passent désormais du confessionnal au cabinet. C’est le cas, entre autres, de l’abus ou de la dépendance à de nombreuses substances (licites et illicites), au jeu excessif, mais aussi de ce qu’on appelait autrefois la paresse, l’orgueil, l’impureté, qui ont désormais une forme d’étiquette bio-médicale. Or, comme tout est assuré par la bourse publique, les dépenses augmentent en proportion. 

Troisièmement, il y a le phénomène du vieillissement de la population. Et ce phénomène a deux conséquences. Premièrement, et on ne l’avait pas vu venir, les progrès de la science médicale (et particulièrement du génie pharmaceutique) a de beaucoup rallongé l’espérance de vie moyenne. Les vieux sont plus vieux et, conséquemment, sont malades plus longtemps, ce qui engendre des coûts1. De plus, on assiste à l’émergence de nouvelles maladies (ce qui soulève un ensemble de débats éthiques nouveaux à l’humanité). Tout cela représente une pression accentuée sur les coûts publics en santé. 

Quatrièmement, l’hiver démographique dans lequel l’Occident est entré (causé par l’inversement des pyramides générationnelles naturelles) cause une réelle question de finances publiques puisqu’il y a de moins en moins de payeurs de taxes pour le nombre de bénéficiaires âgés. Si cela ne constitue pas directement une source d’augmentation des coûts, cela représente tout de même un défi fiscal substantiel. 

Cinquièmement, notre époque est dominée par une culture hédoniste qui promeut la jouissance permanente. Tout ce qui y constitue une entrave est considéré comme un mal qu’il faut éradiquer. Évidemment, surtout dans un contexte démocratique, les dirigeants chercheront à investir dans ce qui plaît à leurs électeurs. Or, ceux-ci leur crient de toutes leurs voix, laissez-nous “profiter de la vie” le plus longtemps possible2. Or, contenter les délices infinis des électeurs coûte cher… et les freins à la jouissance sont nombreux. 

Sixièmement, et ici c’est peut-être plus un peu plus subtil, il y a aujourd’hui ce curieux reliquat de chrétienté. Chesterton disait que le vice est souvent une vertu devenue folle. Or, aujourd’hui, on trouve bonne conscience à ce que l’État s’occupe des malades. Payer ses impôts semble être suffisant pour se dédouaner de ses devoirs envers son voisin seul et malade ou ses parents vieillissants. Cela cadre bien avec la mentalité hédoniste puisque se soucier de son voisin représente une souffrance morale que l’on cherche à zapper. Mais pour l’État, soulager la conscience de tous coûte cher. 

Le Covid et la réaction immunitaire du système 

Le dicton veut que les crises ne créent pas les héros mais les révèlent. Il en va de même pour les problèmes. Les crises constituent des catalyseurs et non des causes. Dans cette optique, la pandémie de COVID-19 a eu l’avantage de révéler des enjeux centraux et très profonds dans nos systèmes politico-administratifs. 

D’abord un mot sur la réaction internationale. Le COVID n’est pas la grippe espagnole. Tout compte fait, cette pandémie a fait relativement peu de morts et a impacté, en règle générale, une population relativement âgée. Il est très difficile de comprendre la paralysie des sociétés occidentales à laquelle nous avons assisté alors que les cancers et le tabagisme font beaucoup plus de morts chaque année, dans une population plus jeune, sans qu’on ne déclenche pareille réaction. 

D’ailleurs, nous pouvons nous compter chanceux que ça n’ait pas été la grippe espagnole puisque nos systèmes de santé publique n’auraient pas pu soigner tout le monde et nos régimes d’États Providence n’auraient pas survécu. On peut imaginer le chaos qui s’en serait suivi. 

En effet, justement parce que les citoyens considèrent l’État comme leur “Providence”, aucun gouvernement ne peut se permettre de laisser échouer les systèmes de santé publique. Ils ne le peuvent pas, puisqu’il s’agit d’un aspect ontologique du Régime, essentiellement lié à sa survie. Pour l’éviter, ils prendront tous les moyens possibles quitte à supprimer toutes les libertés individuelles, quitte à justifier n’importe quel contresens ou autre absurdité. Pour citer Emmanuel Macron, quoi qu’il en coûte. C’est exactement ce qui s’est passé avec la crise du COVID-19. Devant le risque d’une maladie inconnue, imprévisible et qui semble vouloir drainer beaucoup de ressources, le système a réagi violemment. On a restreint les libertés individuelles un peu partout, ce qui est sans précédent. De plus, les multiples décisions étatiques ont été souvent largement incohérentes, ne se gênant pas d’oser l’absurde3Comment expliquer cette réaction qui peut sembler irrationnelle? 

La religion contemporaine 

Il convient de réfléchir un peu sur ce mot de “Providence” pour trouver la clé de l’énigme. Si ce mot peut avoir une acception proche du rôle de “bon père de famille”, c’est à dire celui qui pourvoit pour ceux qu’il aime, est-ce en ce sens qu’est employé le terme provident dans État Providence? Car, on ne dit pas État provident, ni État pourvoyeur. On dit bien Providence. Or, dans les dictionnaires de langue, le premier sens du mot Providence réfère directement au gouvernement du monde par Dieu. Le petit Robert le définit ainsi : 

RELIGION Sage gouvernement de Dieu sur la création ; (AVEC MAJUSCULE) Dieu gouvernant la création. Les décrets de la Providence. 

Être la providence de qqn, veiller à son bonheur. FAMILIER L’État providence. 

Mais quel est le lien entre l’État et la religion? Ne sommes-nous pas, justement, dans une société laïque où la religion n’a plus aucune place dans l’espace public? 

Le phénomène religieux 

Toutes les civilisations ont, d’une manière ou d’une autre, compté sur une puissance divine dirigeant mystérieusement le cours de l’Histoire. Provenant d’une réalité immanente quelconque, unique ou multiple, cette force protectrice et vengeresse du mal veille même habituellement à tous les aspects de la vie humaine (récolte, guerre, cataclysme, santé et prospérité). De plus, elle assure une juste rétribution après la mort. 

Pour attirer les faveurs de cette divinité, le fidèle offrira une part de son bien privé, de ses récoltes, de son revenu, pratiquera des gestes rituels, souvent incompréhensibles et mystérieux et apprendra un certain nombre d’histoires toutes faites, simplifiant le réel, et devant être tenues pour vraies. Il s’agit de l’économie des religions à travers l’histoire. Or, si les nations ont toujours été jalouses de leurs divinités et prêtes à défendre leur

puissance, elles ont sagement su garder la porte ouverte pour une éventuelle addition au panthéon s’il s’avérait que telle ou telle divinité étrangère semblait plus efficace ou puissante que les dieux nationaux. 

Il est extrêmement impressionnant et touchant d’étudier le phénomène religieux à travers l’histoire. Malheureusement, les esprits puérils et orgueilleux de beaucoup de nos contemporains ne peuvent que s’en moquer. Pourtant, des scènes comme la psychostasie en Égypte ancienne, et beaucoup d’autres du même genre, sont en réalité des trésors de raffinement, l’aboutissement de siècles de vie intellectuelle et artistique pour en arriver à ces complexes récits eschatologiques et métaphysiques. Ces mythes constituent des réponses élaborées doublées d’une quête de catharsis pour des âmes humaines angoissées par la mort. La pratique religieuse, depuis des temps immémoriaux, permet un certain apaisement de ces angoisses et toutes les épreuves de la vie. 

Cujus regio eius religio 

On dit parfois, à raison, que chaque culture est indissociable de sa religion. Et pour cause. Une religion permet d’apporter un référentiel commun à un groupe social pour interpréter les problèmes fondamentaux de l’existence humaine qui ont une importance dans l’administration de la cité. Cette union, trône-autel, au sens large, se réalise dans un pacte, plus ou moins explicite, entre l’élite dirigeante et les représentants religieux pour défendre un référentiel commun à la base de la société. Cette union est si profonde que la compréhension des problèmes ne peut être la même tant la donne religieuse conditionne la compréhension du réel4. Cette union profonde entre culture et culte, entre vie politique et dogme ne saurait être négligée. Une religion qui décline est le signe certain d’une civilisation qui se meurt. Cependant, avant de rendre l’âme, elle livrera souvent un combat à mort, contre les forces qui semblent vouloir forcer le changement paradigmatique. Que l’on pense aux prophètes de Baal devant Israël, aux druides face aux Romains, ou à Dioclétien face à la religion du Nazaréen. 

La transformation du fait religieux 

Faisons un bond dans le temps. Il faut bien avouer que notre époque a des caractéristiques des plus étonnantes. Une de celles-ci est la disparition du fait religieux de la vie publique, et de la vie privée de beaucoup de nos contemporains. Il faut évidemment nuancer le propos puisque la proportion d’athés est en réalité très basse, que les sectes pullulent et que les grandes religions existent toujours malgré tout. 

Une nuance supplémentaire à apporter à cette disparition du fait religieux consiste aussi à s’avouer qu’il y a une partie du phénomène qui n’a pas disparu mais qui a plutôt muté. En effet, le changement capital de notre époque, c’est la mue de l’État dans le rôle de Providence. On dit que l’Église a eu le génie de se glisser sous les structures de l’Empire romain en décadence et moribond mais dont l’organisation était redoutablement efficace. Il se produit ici un phénomène un peu similaire. L’État s’est glissé dans la robe traditionnelle de l’Église, un peu comme un Bernard l’Ermite. L’Église ayant quitté la coquille depuis un certain temps, l’État est venu y nicher. 

En effet, le citoyen lambda, devant les questions de la vie de tous les jours : son pouvoir d’achat, la prospérité économique, les changements climatiques, ne se tourne plus vers Dieu (ou les dieux) mais vers l’État. Au fond, les questions restent les mêmes. Bonheur sur terre, protection du mal, et conjuration de la mort. Toujours cette même attente d’intervention providentielle mais cette fois-ci vers une nouvelle divinité, le dieu-État, l’État Providence. Le réflexe religieux n’a pas tellement disparu finalement. 

Et comment l’État réagit-il pour faire vivre ce dogme au cœur des fidèles… En ce qui concerne la mort, il faut bien avouer qu’il avoue sa double impuissance. Comme les religions anciennes, il ne peut pas la prévenir. Bien pire, au contraire de celles-ci, il ne peut même pas promettre un avenir meilleur une fois passée l’arme à gauche. C’est

donc une faiblesse majeure dans l’armure qui demande une double réaction. D’une part, une tentative d’occulter la mort. D’autre part, et c’est plus récent, une volonté de vouloir la contrôler. À défaut de pouvoir l’éviter, pourquoi ne pas la commander version “Amazon”. Je l’achète, je choisis quand elle arrive. L’État offre, en quelque sorte, une forme symbolique de victoire sur la mort par l’euthanasie. 

En ce qui concerne la souffrance, là, l’État sent qu’il peut agir. C’est d’ailleurs au cœur même du contrat de type religieux avec les citoyens. Cela dépasse une simple considération touchant le bien commun, mais bien une promesse contractuelle. L’État va s’occuper de votre santé, gratuitement. Du moins, en échange pour vos taxes et impôts. Ce sera un système universel qui vous enlèvera la douleur de voir votre voisin souffrir. Nul besoin de vous sentir coupable, l’État s’en occupe aussi. Il s’agit d’une religion monothéiste, qui ne s’accommode d’aucun autre dieu. Aussi, un véritable système privé parallèle, serait risqué, condamnable et ébranlerait la confiance universelle en l’État Providence. 

Vous voyez que cet angle, religieux, explique en bonne partie certaines caractéristiques des plus intéressantes. Le médecin atteint un statut druidique, les hauts-dirigeants du système de santé publique sont tous des papabili. Le ministre de la santé porte une triple couronne. La “science” a remplacé la grâce, la santé mentale a été substituée à l’état de grâce5. Il y a une classe d’illuminés et un groupe d’hérétiques. Avec la pandémie, on a réussi à imposer un langage obscur et sacré (gestes barrières, cas contacts) ainsi que des gestes cultuels (masques, lavage de mains rituel, injection du sérum de vérité à doses multiples et surtout, apprentissage du petit catéchisme du COVID). 

Cette omniprésence de l’État en santé influence profondément la culture. Aujourd’hui, les gens croient tout à fait normal que l’État s’occupe des soins de santé. Comme si cet aspect s’était naturellement ajouté aux fonctions régaliennes qui ne peuvent pas être déléguées. C’est devenu un nouvel endox. La santé c’est le devoir de l’État. Qui remettrait en cause ce dogme, se ferait servir la réduction ad hitlerium habituelle. 

Réaction immunitaire 

N’empêche que l’État a eu une frousse monumentale. Car il y a une seule chose que l’État craint, ce n’est pas que le ciel lui tombe sur la tête, mais bien que les citoyens doutent qu’il soit vraiment Providence. S’il advenait, en effet, que, dans un mouvement de conscience soudaine, les foules réalisaient que l’État ne peut pas tous nous soigner… S’il n’y avait plus suffisamment de lits, plus de respirateurs, plus suffisamment d’infirmières. Ce ne serait pas simplement un enjeu administratif ponctuel. Ce serait plutôt le cœur même du contrat socio-religieux qui s’effondrerait. La question est fondamentale. Si l’individu ne peut plus compter sur le système public, c’est que la religion contemporaine a failli et qu’il faut potentiellement la remplacer. Et l’impact pourrait être fatal pour le système d’État Providence. Évidemment, le système ne peut pas le permettre. 

J’insiste. Je parle bien du système en tant que tel. Les dirigeants ne prennent pas nécessairement, distinctement ou explicitement conscience de ce phénomène. Cela peut paraître surprenant, voire difficile à croire, mais l’administration publique, bras armé du régime démocratique, est animée par une sorte de principe de survie6. Cette administration a des réflexes de survie et un puissant système immunitaire qui reconnaît les menaces et cherche tout naturellement à les éliminer. Or, un système immunitaire n’hésite pas à réagir de manière exagérée pour chercher à juguler la menace. 

Les réactions irrationnelles des États occidentaux depuis plus de deux ans maintenant s’expliquent donc, en partie (et probablement en bonne partie) par une sorte de réaction inflammatoire, une réponse immunitaire exagérée, qui produit un ensemble de comportements plus ou moins rationnels (voir carrément délirants). Ces réponses immunitaires cherchent à démontrer, d’une part, une certaine puissance et, d’autre part, à assurer que les services à la population continuent (le problème n’étant pas tant au niveau du COVID mais au niveau d’autres services bloqués par les lits occupés par le surplus de patients provenant du COVID. C’est là qu’il faut chercher, au moins en partie, les confinements, les ordres et contre-ordres. 

Conclusion 

La santé n’est pas un domaine régalien. Il est légitime de se demander pourquoi l’État s’y introduit. Pour l’individu, la question de la santé, le connecte directement avec sa propre finitude et sa fragilité. Cette finitude et cette fragilité l’amènent devant une angoisse ontologique qui le pousse à trouver des réponses. La réponse à cette question quasi-religieuse reçoit aujourd’hui sa réponse de l’État. Et l’État sent bien, au moins par une réaction immunitaire, qu’il doit absolument y répondre, sinon, il sera caduque et éventuellement remplacé par une autre puissance. Qu’adviendra-t-il le jour où l’État ne pourra plus remplir sa part de ce contrat social? On aurait pu croire que le système démocratique contemporain et son État Providence étaient suffisamment stables pour être quasi éternels. Comment en effet remplacer un système si stable de par l’alternance régulière des dirigeants (par la logique électorale)? 

Il n’en est rien. Ce système est un géant au nez d’argile. C’est un rhume (un plus gros… le prochain) qui le fera tomber, et qui forcera un réalignement politique, social, anthropologique et religieux.

1Il est intéressant de considérer le débat de l’euthanasie sous cet angle.

L’Occident semble avoir la maturité d’un enfant de 5 ans qui demande, encore et encore, à ses parents de faire un tour de manège supplémentaire avant de partir.

En Hollande on oblige les gens à être vaccinés pour recevoir l’euthanasie. On se croirait dans une pièce de Ionesco. J’invite d’ailleurs le lecteur à lire (ou relire) le Rhinocéros de Ionesco. Ce génie avait tout prévu. Il y a lieu de réfléchir à la rhinocérite actuelle qui semble inonder le monde occidental. Il faut être vacciné, il faut porter le masque. Beaucoup se retrouveront dans le personnage principal, Béranger, et dans sa fameuse réplique : “Je ne capitulerai pas” .

Nous avons eu la chance de lire les travaux d’un doctorant qui travaille spécifiquement sur cette question. Nous tairons son nom pour le préserver de toute vanité. Ses recherches démontrent l’impact qu’ont les institutions religieuses sur la compréhension des problèmes publics. Un dirigeant d’une nation culturellement catholique, fut-il agnostique, aura tendance à utiliser un référentiel catholique indépendant de ses croyances ou de sa pratique religieuse. Idem pour le dirigeant d’un État de culture protestante.

J’ai entendu l’autre jour : Zemmour ne reste pas la Parole de la science. Après la Parole de Dieu, il y a du nouveau…

L’auteur de ses lignes a passé plus de 20 ans dans l’administration publique, dont 10 à titre de cadre supérieur et enseigne l’administration publique dans les plus hautes institutions en France et au Canada. Il connaît très bien ce système administratif qu’il a expérimenté et étudié de près.

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