Un synode de trop ou un qui manque ?

Publié le 04 Nov 2014
Un synode de trop ou un qui manque ? L'Homme Nouveau

Le dernier synode consacré à la famille a suscité beaucoup d’interrogations et de réactions. Il est encore difficile d’appréhender avec justesse les consquences de celui-ci. Le Pape François a voulu que les débats soient ouverts et c’est donc à ce titre que nous publions la tribune libre reçue de l’abbé Guy Pagès à ce sujet.
 

Comment ne pas penser que le synode sur la famille, qui vient de se terminer à Rome, était inutile ? En effet, les questions présentées aux Pères synodaux n’avaient-elles pas déjà reçu leur réponse dans Familiaris Consortio de saint Jean-Paul II ? Certes, cette exhortation apostolique n’aborde absolument pas la question de l’homosexualité… tant il paraissait encore évident en 1981 que cette question n’a rien à voir avec le mariage et la famille (Ep 5.3-7)… Mais depuis l’Eglise a certainement « évolué »…

Familiaris consortio n’a pas été mis en pratique

La vérité est que les enseignements de Familiaris consortio, comme ceux de Homosexualitatis Problema, donnés en 1986, sur l’attitude à tenir vis à vis des personnes liées au péché contre-nature, n’ont pas été mis en pratique… et c’est pourquoi les problèmes auxquels s’est affronté le synode, ont depuis lors perduré et se sont amplifiés… 

Si nous avions mis en oeuvre les enseignements de Familiaris Consortio, non seulement nous aurions évité de passer pour des hypocrites, mais encore de nous fatiguer à brasser du vent, et à nous rendre coupables de nouveaux et dramatiques silences, comme de criminelles confusions… 
 

La responsabilité de certaines officines

Ce synode aurait toutefois trouvé son sens et un réel intérêt s’il avait eu pour but d’organiser la lutte contre l’ennemi n°1 de la famille que sont les différentes officines de l’ONU pilotées par la Franc-maçonnerie, à commencer par le Planning Familial, reçu très officiellement dans les établissements de l’enseignement catholique sous contrat… ainsi que Mgr Michel Schooyans, en l’an 2000 déjà, les avait courageusement et magistralement démasquées (La face cachée de l’ONU, Fayard). Mais apparemment, personne n’a entendu ! On continue à regarder ailleurs… Au lieu de désigner ouvertement les responsables de la conspiration mondiale contre la famille, et mobiliser les énergies des différentes Eglises pour lui faire face, certains prélats semblent n’avoir d’autre souci que d’aligner l’Eglise sur les comportements mondains que jusque là l’Eglise condamnait… au nom du progrès de la pastorale ! Mais les graves préjudices sociaux et spirituels qu’ils ont causés en militant pour la reconnaissance, même minime, de ce que la théologie catholique désigne comme « une grave dépravation » » (CEC n°2357), ou pour la reconnaissance de l’adultère public et de son prétendu droit à recevoir la communion eucharistique, n’appellent-ils pas sur leurs auteurs de solennelles sanctions canoniques (can. 1369 ; can. 1371) ? Eh bien non ! De tels personnages se voient honorés d’avoir tenu de telles positions… tandis que ceux qui, avec saint Paul, rappellent « au nom du Seigneur Jésus Christ, de tenir à distance tout frère qui mène une vie désordonnée et ne se conforme pas à la Tradition » (2 Th 3.6 ; Mt 18.17 ; Ep 5.3-7) sont accusés de manquer de charité, de miséricorde, de sens pastoral… d’être d’affreux traditionalistes !
 

Le synode oublié

En considérant inutile ce synode, je n’ose pas penser à la convocation de celui qui serait chargé d’étudier les moyens à mettre en oeuvre pour faire face au danger islamique, les moyens de le conjurer par l’annonce de l’Évangile aux musulmans… Je sais, je rêve : se même que nous avions déjà les réponses aux problèmes posées à ce synode, mais que nous nous ne voulons pas les voir, de même, nous n’avons rien de prêt pour faire face à l’islam (c’est même le contraire !), et, pareillement, nous ne voulons pas non plus le voir…

Bref, il semblerait que l’Eglise ne veuille pas nommer ses ennemis, étudier leurs buts et leurs moyens, unir ses forces pour les neutraliser et renverser, mais soit prête, avec ceux qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes, à se priver elle-même de l’aide de Dieu… Le temps où « l’épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants accompagnée de la persécution […] sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité » (CEC n°675) est plus proche que jamais ! 
 

Ouvrages de Mgr Schooyans : 

Maîtrise de la vie, domination des hommes, Pierre Zech, 1986.
L’Évangile face au désordre mondial, Éditions Fayard, 1997.
La dérive totalitaire du libéralisme, Édition Mame, 1999.
Le Crash démographique : De la fatalité à l’espérance, Le Sarment-Fayard, 2000.
La face cachée de l’O.N.U., Fayard – Éditions le Sarment, 2000 lire en ligne.
Le terrorisme à visage humain, Éditions François-Xavier de Guibert, 2006.

HS 13 Surpopulation

Sur le même sujet que celui dénoncé par Mgr Schooyans dans La face cachée de l’Onu, on peut lire et commander directement sur ce site le hors-série de la rédaction de L’Homme Nouveau : Enquête au cœur de l’eugénisme, Avec la collaboration de Mgr Michel Schooyans, Gérard-François Dumont, le Père Joseph-Marie Verlinde, Joseph Pearce, Anne-Marie Libert, Vincent Badré, Steven Mosher, Falk van Gaver, Michel Fauquier, Jon Merrill, Armelle Signargout, Adélaïde Pouchol, Philippe Maxence.

Ce contenu pourrait vous intéresser

EgliseTribune libreLectures

Benoît XVI et François : deux lectures du Maître de la Terre de Benson, deux pontificats, deux églises ? (3/3)

3 - La démarche synodale comme processus du changement. | C’est bien toute la démarche synodale sur la synodalité qui, par son processus lui-même, est une machine à mettre en œuvre une Église plastique, compatible avec la modernité, c’est-à-dire sans contenu. Et cette démarche synodale trouve sa source, puise son inspiration et sa légitimité dans le concile Vatican II. Quelle lecture faire du Maître de la terre ? Ratzigérienne, bergoglienne ? Au lecteur de se faire une opinion, mais il faut lire Benson. 

+

synode évangélisation église
EgliseTribune libre

Benoît XVI et François : deux lectures du Maître de la Terre de Benson, deux pontificats, deux églises ? (2/3)

Une volonté farouche de changer de paradigme (2/3) | Tout d’abord, et en amont de l’élection, la volonté farouche de changement de ceux qui ont préparé le règne. En 2007 paraissait un livre très éclairant et remarquablement conçu dans la plus pure tradition de la manipulation de l’opinion. La thèse de ce livre-programme qui devait se révéler prophétique peut se résumer ainsi : l’Église, depuis Constantin et avec pertinacité, s’est éloignée du message évangélique. Ce phénomène s’accentue à partir de la Renaissance quand l’Église s’entête de plus en plus en s’opposant à la modernité. Constatant au XXe siècle que des génocides ont été perpétrés dans des pays chrétiens (Allemagne, Rwanda), il faut en tirer la conclusion que cette manière ancienne d’être chrétien était fausse et qu’il faut refuser les préoccupations dérisoires que sont la connaissance de la foi, le nombre d’entrées au séminaire ou de sacrements célébrés, car tout cela détourne de l’essentiel qui consiste à apporter davantage d’humanité.

+

pape François synode soins palliatifs euthanasie
EgliseTribune libreLectures

Benoît XVI et François : deux lectures du Maître de la Terre de Benson, deux pontificats, deux églises ? (1/3)

Nous nous interrogions en 2019 (1) sur le regard porté par Benoît XVI et François sur ce roman d’anticipation de tout premier rang qu’est Le Maître de la Terre de Benson. Plus personne (plus personne de sain d’esprit en tous cas) ne prétend à présent à la continuité entre les deux pontificats. Leurs ambitions, leurs idées, leurs spiritualités, leurs tempéraments que tout oppose trouveraient dans ce livre un point commun ? Non, décidément nous ne parvenons pas à comprendre. Si les deux pontifes ont recommandé ce livre puissant, les motifs en sont forcément différents. 

+

François maitre de la terre Benson
Tribune libre

De la nouvelle traduction du Pater

Tribune Libre | La mauvaise traduction du Notre Père dans la messe de Paul VI en français a fait en 2013 l’objet d’une juste rectification, entrée en vigueur en 2017. L’occasion pour les fidèles traditionalistes, restés attachés à l’ancienne formule, de faire un pas vers les autres catholiques en adoptant la nouvelle traduction, encore plus exacte.

+

pater
Tribune libreFiducia Supplicans

Liberté religieuse et licence morale

Tribune libre de Rémi Fontaine | Dans l’Église contemporaine on manifeste de plus en plus de répugnance à la désignation comme criminels de comportements gravement peccamineux, au nom de la dignité ontologique de la personne humaine. Une confusion qui découle du glissement de sens de la liberté religieuse.

+

wintzer liberté religieuse