Valeur et âge de la confirmation, des pratiques à mettre en question (1/3)

Publié le 17 Avr 2024
La confirmation à sa juste place

L’abbé Dedieu confirmant dans sa paroisse. © Paroisse Saint-Urbain-Sainte-Marie

Auteur de La Confirmation à sa juste place (Artège), l’abbé François Dedieu estime qu’il est nécessaire de revenir à la pratique ancienne de conférer ce sacrement avant la première communion. Il détaille ici les raisons et les objectifs de cette pratique, déjà mise en œuvre dans sa paroisse. Entretien avec l’abbé François Dedieu, curé de la paroisse Saint-Urbain-Sainte-Marie (La Garenne-Colombes). 

 

| Vous proposez dans votre ouvrage de mettre la confirmation « à sa juste place », soit de la proposer aux baptisés avant la première communion. Pourquoi avez-vous choisi d’écrire ce livre ?

Nous avons fait le choix dans notre paroisse de proposer les sacrements dans cet ordre quel que soit l’âge, mais de nombreux prêtres y pensaient également sans savoir comment avancer et s’il faut vraiment le faire. Ce livre a été écrit pour permettre à tous ceux qui le souhaitent de réaliser que non seulement c’est possible, mais qu’il s’agit surtout de l’ordre naturel des sacrements et que l’on peut oser avancer, bien évidemment sous le regard de l’évêque. Celui-ci peut très bien laisser un curé proposer la confirmation dès l’âge de raison, comme le prévoit le droit de l’Église, sans prendre une décision qui révolutionne instantanément tout son diocèse. Depuis la publication du livre, beaucoup de prêtres m’ont remercié d’avoir lancé ce pavé dans la mare.  Mon idée était également que les fidèles puissent mieux comprendre ce sacrement essentiel mais si méconnu. Aujourd’hui, la confirmation est perçue comme un simple « petit plus » dans la vie chrétienne, sans que soit vraiment expliquée la nécessité pour un chrétien d’être confirmé. Et si finalement il est possible de mener toute une vie chrétienne sans l’être, est-ce nécessaire ?

| Mais pourquoi faudrait-il recevoir la confirmation avant la première communion ? 

Quand on pense à l’Eucharistie, on envisage souvent seulement la communion dans le sens de recevoir le Christ, mais il y a aussi la participation à la dimension sacrificielle et le fait de nous donner au Christ. Nous tous offrons un sacrifice à Dieu, par les mains du prêtre, et nous avons besoin de ce don de l’Esprit Saint pour mieux nous unir au Christ dans son offrande et pour que le don que nous faisons de nous-même soit plus parfait. Il s’agit d’un usage depuis les tout premiers siècles. Le sacerdoce baptismal peut-il…

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Marie Etcheverry

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