Venir en aide aux étudiants par les étudiants

Publié le 13 Juil 2018
Venir en aide aux étudiants par les étudiants L'Homme Nouveau

Clément Savatier et un groupe d’amis prennent conscience lors de leurs études de la solitude que rencontrent d’autres étudiants ainsi que des difficultés que certains éprouvent pour se nourrir. Face à ces constats, ils cherchent un moyen d’agir et décident au mois de janvier 2018 de lancer leur association : La Patate. En quoi consistent leurs services ? Ils ont un local où ils distribuent de la nourriture à ceux qui en ont besoin, et surtout, ils leur permettent de rentrer en contact les uns avec les autres autour d’un café. Afin de continuer et développer leur projet, ils ont participé au Trophée de l’engagement. Clément Savatier a bien voulu répondre à nos questions et nous raconte leur démarche.

Vous représentez La Patate et vous étiez présent au collège des Bernardins pour recevoir un des prix du Trophée de l’engagement, pouvez-vous nous présenter votre association ?

La Patate c’est une association basée à Aix-en-Provence. Nous sommes partis de deux constats, pas mal d’étudiants ont des difficultés pour bien se nourrir et beaucoup d’étudiants sont seuls. Nous avons été plusieurs à voir ces deux réalités autour de nous, nous avons donc décidé d’essayer d’y remédier en lançant notre projet en janvier dernier. Nous avons dû trouver des partenaires pour nous donner de la nourriture, trouver un local pour accueillir les étudiants et ensuite nous avons ouvert. 

Qu’apportez-vous de plus que les autres associations d’aides alimentaires ? 

C’est vrai qu’il y a déjà pas mal d’associations qui aident les étudiants, il y a également les bourses, nous sommes dans un pays généreux. Mais que ce soit La Croix-Rouge ou Les Restos du Coeur, les étudiants n’osent pas y aller. Le fait d’avoir face à eux d’autres étudiants les rassure. C’est en cela que notre projet diffère et que nous avons voulu le lancer. 

Concernant vos partenaires, qui sont-ils ? Comment les avez-vous trouvés ? 

Nous sommes pour l’instant une très petite structure, nous avons un gros partenariat qui récupère de la nourriture d’usine, qui n’est donc pas vendue sur le marché, cela nous permet d’avoir des produits frais et de la viande. Nous avons demandé autour de nous aux paroisses et à tous ceux qui voulaient nous soutenir de participer, et nous avons deux partenariats avec des boulangeries où nous récupérons des invendus. 

Vous demandez une participation d’un euro aux étudiants…

Oui en effet, l’objectif n’est pas de revenir complètement sur nos frais, c’est d’abord de mettre à l’aise les étudiants, ils le sont plus si c’est un échange qu’un don, on ne demande pas plus pour ne pas rentrer dans une logique commerciale. Cela permet également de financer en partie le café, l’électricité… 

Comment favorisez-vous l’échange entre les différents étudiants qui passent ? 

Pour cet aspect, c’est le local qui s’y prête, nous avons installé un salon et tous les étudiants qui viennent, nous leur proposons un café, passer un moment ou manger avec nous. La majorité reste, peu d’étudiants viennent simplement pour chercher de quoi se nourrir, ou c’est qu’ils sont pressés et qu’ils se sont déjà arrêtés une autre fois. Nous avons vu que c’était sur cet aspect qu’il y a le plus gros enjeu, beaucoup d’étudiants témoignent à cette occasion de leur solitude, depuis plusieurs mois parfois. 

Quels sont vos objectifs à court et à long terme ? 

Notre seul objectif à long terme c’est de réussir à nous maintenir, à court terme nous aimerions créer un service civique pour avoir un permanent, stable pendant l’année et qui puisse nous trouver d’autres partenaires. 

Quel place occupe le trophée de l’engagement dans votre projet ? 

Le trophée de l’engagement ce sont des candidatures par région, nous avons donc gagné pour la région Aix-en-Provence. Il y a ensuite un prix national. Il y a trois critères principaux pour être retenu, il faut un projet innovant dans la solidarité, local et qui puisse durer dans le temps.

Les 2000 euros reçus nous ont permis de penser à ouvrir le service civique que je mentionnais ci-dessus. En effet le prix reçu nous a permis d’avoir un budget, ce que nous n’avions pas. Nous n’aurons plus qu’à payer ce que l’Etat ne prend pas en charge. 

Découvrez-en plus sur leur site : http://www.p-a-t-a-t-e.fr

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