Le Vietnam catholique après Diên Biên Phu (3/3) : Monseigneur Thuan, exemple d’un évêque résistant

Publié le 03 Mai 2024
Monseigneur Thuan vietnam

Mgr Van Thuan, cardinal déclaré vénérable en 2017.

Issu d’une famille catholique emblématique au Vietnam, neveu du président Diem et de Mgr Thuc, archevêque de Hué, Monseigneur Thuan ne renonça jamais à résister au régime communiste, continuant sa mission en toutes circonstances, malgré les dangers, les poursuites, la captivité et finalement l’exil. 

  Singulier destin que celui du vénérable cardinal François-Xavier Van Thuan, petit-fils de Ngo Dinh Kha et neveu du président Diem. Né à Hué le 17 avril 1928, Thuan est élevé par sa mère Élisabeth, femme de l’étoffe des héroïnes cornéliennes, dans le souvenir de ses ancêtres qui ont souffert pour le Christ et la conviction que le devoir d’un « descendant de martyrs », seule aristocratie qui compte pour sa famille mandarinale, est de marcher sur leurs traces, jusqu’au sacrifice suprême si nécessaire. Ayant tôt entendu l’appel de Dieu, entré au séminaire à 14 ans, Thuan comprend bientôt, non sans angoisse car il se rêve curé de paroisse, que sa naissance le destine à jouer, une fois prêtre, un rôle de premier plan dans l’Église vietnamienne dont le « jaunissement », en prévoyance du retrait des Français, missionnaires compris, est en cours. Pour échapper à ce destin, il tente d’entrer chez les bénédictins mais des ennuis de santé l’obligent à renoncer à la vie contemplative. Ordonné le 11 juin 1953, nommé vicaire d’une grosse paroisse, le jeune prêtre déborde d’espoirs et d’enthousiasme lorsque soudain, en octobre, on lui diagnostique une tuberculose à un stade très avancé qui, les antibiotiques conventionnels n’agissant pas et sa faiblesse rendant risqué le recours à la chirurgie, le condamne à brève échéance. C’est un miracle, reconnu comme tel lors de l’instruction de sa cause de béatification qui le sauve, début mai 1954, quelques jours avant la chute de Diên Biên Phu.  

Futur chef de l’Église vietnamienne

La nomination de l’un de ses oncles maternels, Mgr Thuc, à l’archevêché de Hué, l’arrivée à la présidence d’un autre de ses oncles, Diem, font du jeune vicaire l’un des futurs chefs de l’Église vietnamienne. Après un long séjour en Europe et l’obtention d’un doctorat romain il rentre au pays alors que la situation s’y détériore. À la guerre s’ajoutent les tentatives de déstabilisation, orchestrées par la CIA, du clan Ngo Dinh, jugé trop peu sûr par les Américains, qui aboutissent en 1963 à l’assassinat de Diem et d’un autre de ses frères, le ministre de l’Intérieur Nhu, et au départ pour l’Italie…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Anne Bernet

Ce contenu pourrait vous intéresser

Église

Maria Alvarado : une laïque à la tête de la communication du Saint-Siège

Jamais une femme non religieuse n’aura eu une telle responsabilité au Vatican. La nomination de Maria Montserrat Alvarado, jeune Mexicano-Américaine et présidente d’EWTN News, pour diriger la communication au Vatican marque l’ouverture d’une ère nouvelle, tournée non plus vers l’Europe, où la foi décline, mais davantage vers les Amériques.

+

maria Alvarado EWTN vatican communication
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Agnus Dei 16 (Féries per annum)

Voici un Agnus Dei très ancien, daté du Xᵉ siècle, et représenté par de nombreuses sources manuscrites en provenance de toute l’Europe. Sa mélodie du 1er mode est très simple et alterne avec discrétion les courts passages syllabiques et de sobres formules neumatiques.

+

alléluia corps Agnus Dei
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Sanctus 16 (semaine du temps ordinaire)

Le Sanctus 16 est un des plus simples de toute la série. Il est daté du XIIIᵉ siècle et serait probablement d’origine anglo-saxonne. Il se présente comme une légère amplification d’une déclamation, et son caractère assez syllabique le range parmi les Sanctus les plus faciles à mémoriser et donc à chanter pour une foule. Il s’agit d’un 2ᵉ mode à l'ambitus assez restreint.

+

SANCTUS
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique | Kyrie 16 (jours ordinaires)

Le Kyrie 16 est le plus bref puisqu’il tient sur deux lignes de portée à peine. Il est daté des XIe-XIIIe siècles, mais il remonte sans aucun doute beaucoup plus haut et sa modalité est très archaïque. Il est marqué en 3ème mode et suit un schéma extrêmement simple : abaa’.

+

kyrie alleluia saint pierre petrus