La création est bonne et belle

Publié le 09 Sep 2021
La création est bonne et belle L'Homme Nouveau

En commentant l’Évangile du jour lors de l’angélus du 29 août, le Pape est revenu sur le grave défaut de l’hypocrisie. Ce qui était vrai du temps de Jésus le reste à toute époque. La loi transmise par Moïse était bonne et belle, comme la Création. Elle était un don de Dieu à son peuple, centrée qu’elle était sur l’amour de Dieu et du prochain. Mais peu à peu scribes et pharisiens l’avaient changée en la surchargeant de multiples obligations qu’ils ne pratiquaient pas eux-mêmes. D’où les reproches de Jésus. L’essentiel est d’aimer Dieu. Ce n’est pas de se laver les mains avant de se mettre à table, même s’il faut le faire. Il ne faut pas honorer Dieu des lèvres, mais du cœur et Dieu voit ce qu’il y a dans le cœur de chacun.

Les pharisiens se scandalisent donc parce que les disciples de Jésus mangent sans avoir auparavant accompli le rituel du lavement des mains. Pour eux, il s’agit d’une grave faute religieuse. Et de fait, à nous aussi le reproche des Pharisiens peut sembler justifié. Mais dans ce cas, pourquoi Jésus les rabroue-t-il ? C’est qu’il veut ramener la foi en son centre. Déjà les Prophètes avaient été très sévères pour le ritualisme sans âme. On pratique bien les observances demandées, mais on s’éloigne par un culte qui devient idolâtre puisqu’il n’est plus centré sur Dieu uniquement, mais sur la matière du culte lui-même. L’essentiel est de garder un cœur pur, en ne mettant jamais Dieu au second rang. Jésus condamne donc une dévotion purement extérieure. Il veut transformer les cœurs. Il veut que la foi nous fasse grandir dans l’amour de Dieu et du prochain.

Pour se faire comprendre Jésus rappelle une vérité profonde : rien d’extérieur ne peut souiller l’homme. Ce qui est mauvais et souille l’homme vient de notre intérieur. Dans la parabole des ouvriers de la vigne, le maître dit à l’un des ouvriers de la première heur : « faut-il que tu sois mauvais parce que je suis bon ? » Ces propos de Jésus et du Pape me font penser à ce que Mgr de Pérefixe disait des religieuses de Port Royal : « Pures comme des anges et orgueilleuses comme des démons ». Comme le souligne le pape, cette tentation est de tous les temps et elle peut exister chez tous. N’avons-nous pas tous la tentation de nous croire purs ? C’est pourquoi bien souvent, nous ne comprenons pas toujours la portée des paroles de Jésus, qui en un certains sens sont révolutionnaires, mais de la seule révolution possible : celle de l’Amour.

Sans faire la fine bouche, nous pouvons tirer un grand profit spirituel des propos du Pape qui doivent nous aider à éviter les jugements téméraires et les médisances et à plus forte raison les calomnies. Ne pensons-nous pas en effet souvent comme les pharisiens : le tort vient des autres, rarement sinon jamais de nous. Regardons nous bien en face de Dieu en toute humilité qui est vérité. Combien de temps perdons-nous à dire du mal des autres ? La polémique dans son sens véritable est contraire à la vérité et donc éloigne de l’évangile. Demandons à Marie d’obéir au pape, en ne polluant jamais le monde avec plaintes et flatteries qui ne sont pas chrétiennes. Regardons-nous nous mêmes et bien souvent nous trouverons en nous ce que nous reprochons aux autres. Demandons à Dieu par l’intercession de Marie de purifier nos cœurs. Alors nous nous accuserons nous-mêmes et pas les autres. Ainsi nous trouverons la vraie sagesse, celle qui conduit au bien et nous travaillerons à notre petite mesure à la civilisation de l’amour voulue par Paul VI et ses successeurs.

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