La pause liturgique | Kyrie 16 (jours ordinaires)

Publié le 13 Juin 2026
kyrie alleluia saint pierre petrus

Messe 16 

 

Commentaire musical

Kyrie 16 Partition kyrie

Voilà le plus bref des Kyrie puisqu’il tient sur deux lignes de portée à peine. Il est daté des XIe-XIIIe siècles, mais il remonte sans aucun doute beaucoup plus haut et sa modalité est très archaïque. Même s’il est marqué en 3e mode, parce que ses cadences finales se font soit sur le Si, soit sur le Mi, en fait il est bien difficile de préciser exactement sa modalité.

Il joue sur trois cordes Sol, La, Si qui sont la transposition des trois fameuses cordes mères de la modalité antique, Do, Ré-Mi. Ces trois notes sont entendues dans de nombreux autres Kyrie, par exemple les Kyrie 2, 6, ou encore avec des variantes dans les Kyrie 1, 5 et 12.

Le Kyrie 16 suit un schéma extrêmement simple : abaa’, et encore ce schéma ne rend pas complètement compte de la simplicité de l’ensemble car même le eléison de Christe (donc le b du schéma) est presque identique à celui du Kyrie (le a). Sur les neuf invocations de ce Kyrie, nous avons huit eléison identiques (seul le dernier est original) ; les six Kyrie ont également une mélodie identique. Seuls les trois Christe se distinguent, ce qui représentent en tout quatre notes.

On a donc ceci :

Les trois premiers Kyrie partent du Sol, passent par le La et montent au Si, mélodie répétée à l’identique sur eléison. L’accent de Kyrie est au levé du rythme.

Les trois Christe partent du Ré aigu, avec un bel accent au levé et une finale sous forme de podatus Si-Do. Le mot eléison est semblable à celui des Kyrie, sauf la première note qui est un La au lieu d’être un Sol.

Les deux Kyrie suivants reprennent purement et simplement la mélodie des trois premiers Kyrie.

Le dernier Kyrie enfin, commence comme tous les autres, mais s’achève en une longue formule qui tranche sur la simplicité de l’ensemble. Les deux premières notes de eléison sont identiques à celles des autres invocations (Sol-La) mais à partir de là, on a une modulation d’abord montante (La-Do sur l’accent plus intense, du coup, de eléison) puis descendante, qui nous fait rejoindre le Mi final en passant par toutes les notes intermédiaires.

On a noté que cette formule finale, amène tout naturellement celle de l’intonation du Gloria XV qui commence effectivement sur un Mi. Car dans bon nombre de manuscrits, ces deux pièces étaient réunies et se succédaient.

Ce Kyrie tout simple doit être chanté avec vie et intensité, en crescendo, et en élargissant la finale développée du dernier eléison.

 

>> à lire également : La pause liturgique : Alléluia Caro mea (Fête Dieu)

 

Un moine de Triors

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