Pour son audience du 17 juin, le pape Léon XIV a désiré revenir sur son voyage apostolique en Espagne (Madrid, Barcelone, l’abbaye de Montserrat et les îles Canaries), pays de l’Europe chrétienne, qui l’a accueilli avec enthousiasme et foi, malgré les changements qui l’ont marqué.
Les allocutions prononcées par le pape après un voyage apostolique ressemblent un peu aux discours qu’il prononce lors des vœux de Noël, soit à la Curie, soit au Corps diplomatique. Elles sont comme un bilan de l’activité du pape dans le contexte géopolitique et religieux dans lequel il a œuvré.
Dans l’allocution du 17 juin dernier, le Pape nous propose quelques réflexions sur le voyage apostolique effectué en Espagne, visitant Madrid, Barcelone, l’abbaye de Montserrat et les îles Canaries.
Après son long périple en Afrique, le Pape a retrouvé les racines chrétiennes de la vieille Europe, en cette Espagne dotée d’une ancienne et très riche tradition catholique, qui remonte on peut le penser à saint Paul. Avec l’Italie et la France, l’Espagne est l’un des pays au monde qui a le plus grand nombre de saints : martyrs (plus de 5000 lors de la guerre civile), fondateurs d’ordres, religieux, religieuses, missionnaires, docteurs de l’Église. Elle a donné plusieurs papes dont saint Damase.
Comme de nombreux pays de vieille chrétienté, l’Espagne a connu ces dernières années de notables changements sociaux et culturels, la foi se perdant chez beaucoup. Mais le Pape a été accueilli partout avec enthousiasme et ouverture à l’écoute. L’Église est encore bien vivante, manifestant joyeusement sa foi et son affection à l’égard du successeur de Pierre. Le Pape a encouragé les Espagnols à surmonter toute forme de division et d’opposition, invitant à l’unité dans la diversité.

© PPMadrid, CC BY 4.0
Un accueil chaleureux
Cette visite papale était très attendue en Espagne. Partout, il a trouvé des foules venues l’accueillir avec la chaleur espagnole, ressentant chez ce peuple le besoin généralisé de se retrouver uni sur le fondement que seul le Christ peut garantir, et que l’Évangile, à travers les inculturations nécessaires, peut transmettre dans la vie des peuples.
À Madrid et à Barcelone, Léon XIV a prié tant dans les grandes cathédrales que dans des stades ultramodernes. Il a prié le saint Rosaire à l’abbaye de Montserrat. Il a célébré la messe à la Sagrada Família, véritable symphonie de pierre et de lumière. Cette rencontre entre l’ancien et le moderne, entre la tradition catholique et la culture contemporaine, a fait percevoir au Pape le caractère propre de l’Europe, sa richesse inestimable, en tant que réalité actuelle, non dépassée.
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Bénédiction de la tour de Jésus-Christ, la dernière et la plus haute de la Sagrada Família. (Medol, CC BY 4.0)
On ne pourra jamais rejeter le patrimoine chrétien de l’Europe que nous devons préserver avec soin, afin de pouvoir l’investir dans le monde d’aujourd’hui avec ses défis historiques qui sont pour le Pape : la paix, l’écologie intégrale, le développement équitable et durable, le respect de la dignité humaine. Sans trop le savoir, le monde et l’Europe ont besoin d’entendre la voix du Pape, c’est-à-dire de l’Évangile de l’espérance pour notre humanité d’aujourd’hui, durement éprouvée par les conséquences négatives d’un modèle de développement trompeur. Ce besoin s’est exprimé à travers les nombreux témoignages entendus par le Pape.
La réalité d’une Église locale
Aux îles Canaries, dernière étape de son itinéraire, Léon XIV a découvert la réalité d’une Église locale qui accueille un grand nombre de migrants forcés, provenant surtout d’Afrique. Le Pape reconnaît la complexité du phénomène migratoire. Mais pour lui, nous sommes tous appelés à relire l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui, en échangeant les dons de nos cultures respectives, et en particulier les fruits produits en elles par la fécondité du message du Christ. L’un de ces fruits est précisément le dialogue entre les personnes et entre les peuples, qui ouvre le chemin menant à la civilisation de l’amour.

Léon XIV lors de la messe de clôture de sa visite apostolique, à Tenerife. À ses côtés, la Vierge de la Candelaria, patronne des îles Canaries.
La devise du voyage apostolique était « Levez les yeux », paroles que Jésus adressa à ses premiers disciples, pour leur apprendre à voir dans les personnes et dans les foules le désir de vie, de vérité, de plénitude. Le Pape affirme que c’est à lui d’abord que le Seigneur répète ces paroles, comme il a pu en faire l’expérience au cours de ce voyage. Et il nous demande à nous aussi de lever les yeux, pour apprendre de Jésus et de Marie à tout regarder, en commençant par notre prochain, avec les yeux de Dieu, c’est-à-dire avec amour, respect et compassion.
Enfin, le Pape remercie tous ceux qui ont prié pour le bon déroulement de ce voyage, en particulier les communautés de moniales contemplatives, nombreuses en Espagne. Il demande aussi de prier la Vierge Marie, pour que les graines qu’il a semées portent des fruits abondants.
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