Corentin Dugast : une mission numérique inattendue 

Publié le 11 Fév 2025
Corentin Dugast

© Barbara Viollet (modifié)

Le 6 février, le Vatican publiait un texte pour les prochaines journées de la Mission. Le Pape y rappelait notamment que « les chrétiens sont appelés à transmettre la Bonne Nouvelle (…) en devenant ainsi porteurs et constructeurs d’espérance ». C’est ce que fait, depuis quelques années déjà, Corentin Dugast, sur les réseaux sociaux. Portrait d’« Un homme catholique » peu ordinaire.

 

Le jour se lève doucement sur Paris. Dans un café encore silencieux, Corentin Dugast attend, avec un sourire accueillant et un regard serein. D’emblée, il impose par sa présence une conviction presque contagieuse : la prière est son arme, et il veut la transmettre à tous. 

Corentin Dugast n’a rien d’un influenceur classique. Ses vidéos, souvent tournées sur le vif, ne cherchent pas à impressionner par leur qualité technique. Elles captivent par leur message direct et sincère. Ce jeune homme, qui travaille à temps plein dans un autre domaine, consacre ses soirées et week-ends à animer son compte Instagram, « Un homme catholique ».

Le déclic ? Une vidéo sur un vêtement taché de sang porté par saint Jean-Paul II lors de l’attentat de 1981. Ce symbole de sacrifice et de foi a touché des milliers de personnes, propulsant son compte sous les projecteurs. Mais pour Corentin, cette soudaine visibilité n’est qu’un moyen, pas une fin. 

L’histoire d’Hortense, 22 ans, atteinte d’un cancer en phase terminale, illustre parfaitement sa mission. Grâce à ses vidéos et à leurs échanges en ligne, elle a redécouvert la foi et trouvé la paix avant de partir. « Rien que pour elle, tout cela vaut la peine » dit-il, convaincu. Cette mission, il la vit comme une priorité : transmettre l’importance de la prière et encourager une génération à renouer avec Dieu. 

L’adoration eucharistique est au coeur de son engagement. « L’intimité avec le Christ change tout. Quand on prend le temps de se mettre en Sa présence, nos priorités se réalignent. » Mais cette relation spirituelle doit se découvrir et se construire. Corentin s’adresse à une jeunesse en quête d’absolu, parfois déroutée, pour lui montrer que la prière peut être une aventure transformatrice. 

Son activité n’a rien d’une entreprise lucrative. Il refuse d’être qualifié d’« influenceur » et préfère se définir comme un témoin convaincu. « Je ne cherche pas les abonnés, ni les likes. Si une seule personne commence à prier grâce à ce que je fais, alors j’ai réussi. » Mais loin d’être un homme déconnecté des réalités, il sait que chaque action demande une volonté ferme et répétée. Son objectif n’est pas seulement d’inspirer mais d’amener concrètement à la pratique. 

Lorsqu’il évoque ses vidéos, une étincelle illumine son regard. Elles suscitent discussions passionnées, questions sur la foi et prières partagées. Mais il reste focalisé sur l’essentiel :
« Les réseaux sociaux sont un outil, pas une solution. La vraie rencontre avec le Christ, elle se fait dans le silence de la prière. » 

Corentin Dugast ne prétend pas transformer le monde par ses seuls efforts. Il veut donner à chacun les clés d’une relation vivante avec Dieu, convaincu que c’est là que se joue le changement profond. Sa mission est claire : agir par la prière et la faire découvrir à ceux qui l’ignorent encore.

 

>> à lire également : Dossier | Carmélites de Compiègne (1/4) : La véritable histoire 

 

Maitena Urbistondoy

Maitena Urbistondoy

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeHistoire

Kateri Tekakwitha et la Nouvelle-France (2/4) : Sainte Kateri, le Lys des Mohawks

DOSSIER « Sainte Kateri Tekakwitha, la sainteté en Nouvelle-France » | Née en 1656 et morte en 1680 à l’âge de 24 ans, Kateri Tekakwitha est la première autochtone d’Amérique du Nord à avoir été canonisée. En apostolat au Canada, l’abbé Jacques Breton, de la Fraternité Saint-Pierre, souligne combien cette pure figure rappelle la haute vocation de la France dans l’ordre de la Providence.

+

Kateri Tekakwitha
À la uneÉgliseChrétiens dans le mondeHistoire

Kateri Tekakwitha et la Nouvelle-France (3/4) : Trois portraits pour une histoire

DOSSIER « Sainte Kateri Tekakwitha, la sainteté en Nouvelle-France » | Il faudrait des volumes pour retracer les vies des grands acteurs de la présence française au Canada et de la diffusion du catholicisme. Parmi beaucoup d’autres, un explorateur, un notable et une religieuse donnent une certaine idée de l’aventure catholique et française en Amérique du Nord.

+

nouvelle-france
À la uneÉgliseSynode sur la synodalité

Synodalité : Lettre ouverte de Mgr Rob Mutsaerts à Sa Sainteté le pape Léon XIV

Texte | Cet été, Mgr Rob Mutsaerts, évêque auxiliaire du diocèse de Bois-le-Duc ('s-Hertogenbosch) aux Pays-Bas, a adressé une lettre ouverte à Léon XIV, qu’il a relayée le 13 août sur son blog personnel. Cette lettre questionne le bien fondé de la synodalité, processus ecclésial duquel il s’était retiré en 2024. Retrouvez ci-dessous l’intégralité de cette lettre en français.

+

Mgr Rob Mutsaerts