Le Christianisme chinois du haut Moyen Âge

Publié le 30 Mar 2025
christianisme chine

Stèle de Xi’an, datant du VIIe siècle. (Photo : David Castor)

> Carte blanche d’Yves Chiron

  L’histoire de l’Église catholique en Chine a été constituée par des vagues successives de missionnaires venus de l’ouest à différentes époques. Une tradition fait remonter l’introduction du christianisme en Chine à l’apôtre Thomas, venu d’Inde avant d’y retourner et d’y mourir. Les étonnantes sculptures rupestres de Kong Wang Shan, à quelque 700 kilomètres au sud de Pékin, et des textes liturgiques attesteraient de cette première évangélisation ; cette thèse est encore controversée. Puis, à partir de 635, il y eut une expansion du christianisme syriaque apporté par des moines et des marchands. Églises et monastères se multiplièrent dans l’empire jusqu’au décret de l’empereur Wuzong qui, en 845, commanda la suppression de toutes les « religions étrangères ». Il y eut ensuite, à partir du XIIIe siècle, l’arrivée de missionnaires franciscains puis dominicains envoyés par les papes ; l’arrivée des jésuites à la fin du XVIe siècle ; puis d’autres congrégations (lazaristes, prêtres des Missions étrangères de Paris, cisterciens et d’autres, et de nombreuses congrégations féminines) aux XIXe et XXe siècles. Une stèle du VIIe siècle, découverte à Xi’an au XVIIe siècle, raconte « la diffusion de la Doctrine de lumière » à partir de l’arrivée de l’évêque perse Aluoben (ou Alopen) en 635. Des manuscrits de textes chrétiens chinois, datés d’avant le XIe siècle, ont été découverts au début du XXe siècle : Le Classique de l’origine, Le Classique de la béatitude, L’Hymne aux Trois Majestés, Le Classique des Vénérables, Le Discours du Dieu-Un et Le Classique du Messie. $ Alexis Balmont, leur a consacré une thèse de doctorat soutenue à l’École pratique des Hautes Études (Paris) et à l’Institut pontifical oriental (Rome). Dans cette thèse, publiée aujourd’hui, il a proposé une nouvelle édition et traduction de la stèle de Xi’an et, pour la première fois, une édition critique et une traduction en français des six textes cités plus haut. Cette édition et traduction, qui occupe la moitié de l’ouvrage, est précédée par une étude du contexte historique de ces textes et de leur contenu théologique. L’auteur constate que ces textes « ne partagent pas le même lexique, ni les mêmes destinataires, ni, parfois, les mêmes opinions théologiques ». Il relève aussi : « S’il existe évidemment des points inconciliables entre les doctrines chrétienne, bouddhique, taoïque et confucéenne, […] beaucoup des images employées par les auteurs empruntaient à la fois à l’une et aux autres. » Ce gros livre renouvelle et enrichit considérablement la connaissance…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Yves Chiron

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉgliseLiturgie

Le Bon Pasteur, modèle du Souverain Pontife

L’esprit de la liturgie | La Sainte Écriture et les rites liturgiques soulignent l'autorité particulière conférée au pape par son élection, qui fait de lui le détenteur des clefs, lui donnant le pouvoir de remettre les péchés et le rôle de Bon Pasteur, celui qui va à la recherche des brebis perdues.

+

bon berger bon pasteur
ÉgliseLéon XIV

Léon XIV : La correction fraternelle

Commentaire du Pape | Pour l’angélus du 6 septembre, Léon XIV a commenté la lettre aux Romains dans laquelle saint Paul réaffirme le commandement de la charité – « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » – et exhorte à la dette de l'amour mutuel par la correction fraternelle et la prière commune.

+

correction fraternelle léon xiv
À la uneÉgliseÉglise de France

Père Brottier (4/4) : L’homme du signe, l’homme du don

DOSSIER « Des tranchées aux Orphelins d’Auteuil, le sacerdoce du père Brottier » | Difficile de parcourir la vie du père Brottier sans y lire une ligne de conduite magistrale. « Ne soyez pas ces ombres d'hommes qui vont devant eux, au hasard », disait-il à ses enfants d'Auteuil. À la fois humble devant la vie, et confiante dans les desseins de la Providence, cette « âme magnifique », selon les mots du maréchal Joffre, fut gratifiée d'un certain nombre de signes. Entretien avec Marie-Noëlle Dumont, responsable de la valorisation du patrimoine historique et spirituel d'Apprentis d’Auteuil.

+

Père Brottier