Le 3 juin, le pape Léon XIV a abordé en audience générale les notions de rites et symboles, dans le cadre la catéchèse « Les Documents du concile Vatican II », et plus précisément de la partie III : La Constitution dogmatique Sacrosanctum Concilium.
Poursuivant son enseignement concernant la Constitution conciliaire sur la liturgie, le Pape a abordé lors de l’Audience générale du 3 juin dernier un point très important, guère apprécié des modernes : celui des rites et des symboles. Beaucoup de critiques de la messe tridentine refusent précisément la multiplication des rites et surtout des symboles qui seraient incompréhensibles pour un esprit moderne.
Le Concile, s’inspirant du précieux travail du Mouvement liturgique, est une lumière pour redécouvrir une vérité très vive dans la conscience de l’Église primitive et dans l’enseignement des Pères, savoir que les rites de la liturgie chrétienne ne sont pas un revêtement extérieur du mystère sacramentel, un ensemble de cérémonies arbitraires, mais ils sont bel et bien la médiation ecclésiale par laquelle nous parvient le don divin.
La liturgie, comme l’avait bien compris dom Guéranger que Jean XXIII et Paul VI ont appelé Docteur liturgique, est vraiment la prière solennelle de l’Église, si bien qu’il n’y a qu’une seule liturgie, celle de la terre s’unissant à celle du Ciel. Les rites et les symboles nous aident à comprendre le mystère de la foi qui se réalise dans la liturgie.
Goûter la présence de Dieu
Le rite donne forme à l’action liturgique et, à travers elle, à notre vie, suscitant en nous une sensibilité spirituelle qui nous rend capables de goûter la présence de Dieu par Jésus-Christ. Naturellement, cela se produit si nous ne restons pas des spectateurs étrangers ou muets face à la liturgie, mais bien si, par l’humilité et la pureté du cœur, indispensables pour participer activement aux choses saintes, nous y participons de tout notre être – corps, esprit et cœur –, en obéissance au commandement du Seigneur.
À travers le rite sacré, nous sommes formés, comme Marie qui conservait toutes choses en son cœur, à l’écoute de la Parole de Dieu, à l’action de grâce, à l’adoration et à la communion ecclésiale, sans laquelle toute activité liturgique ne pourrait porter de fruits rédempteurs. Il faut avoir le courage de le dire alors qu’une nouvelle rupture menace si prochainement l’Église.
Le rite nous plonge dans une suite bien définie de gestes et de prières, qui peut parfois contrarier notre tendance individuelle à la spontanéité. Sa logique, cependant, n’est pas d’enfermer la liberté dans des schémas. Au contraire, par la sobriété solennelle de ses rythmes, le rite interrompt les activités frénétiques nous ramenant toujours à l’essentiel. Nous découvrons ainsi une dimension de l’agir qui n’est pas guidée par des calculs de rendement.
Il en va de même pour le temps et l’espace qui, avec la liturgie, prennent une nouvelle dimension, eschatologique. La liturgie nous fait vivre au rythme de l’Esprit Saint. Les rites liturgiques sont tissés des signes et des symboles propres à l’action théocentrique. La sanctification de l’homme est signifiée par des signes sensibles et réalisée d’une manière propre à chacun d’eux. La signification des rites, rappelle le Catéchisme de l’Église catholique, s’enracine dans l’œuvre de la Création et dans la culture humaine, se précise dès l’Ancien Testament et se révèle pleinement dans la Personne et l’œuvre du Christ.
Les symboles
Emblématique est le signe de l’eau : depuis les origines de la Création jusqu’au Déluge, depuis la traversée de la mer Rouge jusqu’au Jourdain, jusqu’à celle qui jaillit du côté du Christ, l’eau est devenue signe sacramentel de l’immersion dans la mort et la résurrection du Christ.
Signe et symbole sont des termes synonymes. Un signe est symbolique lorsqu’il est capable de renvoyer non seulement à une idée, mais à tout un système de significations et de valeurs. Ainsi, l’aspersion avec l’eau bénite ravive en nous la conscience du don reçu lors du baptême et notre adhésion à la vie nouvelle en Christ. Les symboles ont essentiellement un caractère pratique, étant avant tout des actions : les plus simples et courantes, comme s’agenouiller et se donner la paix, ou les plus exigeantes, comme les actes constitutifs de chaque sacrement.
Mais surtout, les symboles ont une dimension singulière et transformatrice, tant envers les éléments matériels qui les composent qu’envers ceux qui entrent en contact avec eux. Le Pape insiste pour que, par la liturgie, l’homme retrouve sa capacité symbolique.
Laissons-nous donc éduquer par la liturgie. Réveillons en nous, grâce à Marie icône de la liturgie, cette ouverture à la rencontre avec Dieu qui, dans la logique de l’Incarnation, ne peut avoir lieu qu’en impliquant tout l’homme : esprit, âme et corps.
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