Les conciles (2/4) | Histoire du premier concile de Nicée

Publié le 26 Août 2025
concile de nicée

Le concile de Nicée a été convoqué pour condamner l’hérésie d’Arius (en bas).

> DOSSIER : « Les conciles, des jalons pour comprendre l’histoire de l’Église » (n° 1837)
Nicée, dont nous fêtons les 1700 ans cette année, est le premier des vingt et un conciles œcuméniques qu’a connus l’Église. Convoqué par l’empereur Constantin en 325, il est à l’origine d’un Credo qui est resté, jusqu’à aujourd’hui, la norme de la foi catholique.

  L’empereur Constantin, depuis sa conversion, est intervenu constamment dans la vie des communautés chrétiennes. « Protecteur » de l’Église, selon l’expression qu’employa son confident et biographe Eusèbe de Césarée, il a accordé la liberté de culte aux chrétiens par l’édit de Milan (313). « Serviteur de Dieu », comme il se définissait lui-même, il dira un jour à des évêques qu’il recevait à sa table : « Vous, vous êtes évêques pour l’intérieur de l’Église ; moi, on pourrait dire que j’ai été établi par Dieu évêque pour l’extérieur » (1). À ce titre, il convoqua à plusieurs reprises des conciles, pour trancher des questions doctrinales et disciplinaires.

La crise arienne

C’est dans le contexte de la crise « arienne » qu’il convoqua un concile œcuménique (c’est-à-dire universel) à Nicée. Arius (v. 250-336), prêtre d’Alexandrie, avait diffusé dans sa prédication, à partir des années 313, une doctrine qui revenait à nier la divinité du Christ. Il exposait que Dieu est « principe inengendré », il a tout créé ex nihilo, par sa volonté. Le Christ est le Logos (la Parole) de Dieu, créé et engendré par Dieu. C’est un intermédiaire entre Dieu et le monde. Le Christ est une créature, qui n’a pas existé de toute éternité. Certes il est supérieur à toute créature par sa perfection, mais il est inférieur à Dieu. Ses théories avaient été condamnées à plusieurs reprises. Lors d’un synode réuni à Alexandrie en 318, Arius et trois de ses partisans avaient été excommuniés. Lors d’un autre synode, réuni à Antioche pendant l’hiver 324-325, trois évêques (Eusèbe de Césarée, Théodote de Laodicée et Narcisse de Néroniade), qui avaient refusé de condamner l’hérésie arienne, furent « exclus provisoirement de la communion ecclésiale » (2). La doctrine arienne continuait néanmoins à se répandre. En invitant toute la chrétienté à envoyer des évêques à Nicée, l’empereur Constantin voulait universaliser les condamnations antérieures de l’arianisme. Il voulait aussi que soit définie l’orthodoxie (la doctrine droite, juste) de…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Yves Chiron

Ce contenu pourrait vous intéresser

Église

Maria Alvarado : une laïque à la tête de la communication du Saint-Siège

Jamais une femme non religieuse n’aura eu une telle responsabilité au Vatican. La nomination de Maria Montserrat Alvarado, jeune Mexicano-Américaine et présidente d’EWTN News, pour diriger la communication au Vatican marque l’ouverture d’une ère nouvelle, tournée non plus vers l’Europe, où la foi décline, mais davantage vers les Amériques.

+

maria Alvarado EWTN vatican communication
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Agnus Dei 16 (Féries per annum)

Voici un Agnus Dei très ancien, daté du Xᵉ siècle, et représenté par de nombreuses sources manuscrites en provenance de toute l’Europe. Sa mélodie du 1er mode est très simple et alterne avec discrétion les courts passages syllabiques et de sobres formules neumatiques.

+

alléluia corps Agnus Dei
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Sanctus 16 (semaine du temps ordinaire)

Le Sanctus 16 est un des plus simples de toute la série. Il est daté du XIIIᵉ siècle et serait probablement d’origine anglo-saxonne. Il se présente comme une légère amplification d’une déclamation, et son caractère assez syllabique le range parmi les Sanctus les plus faciles à mémoriser et donc à chanter pour une foule. Il s’agit d’un 2ᵉ mode à l'ambitus assez restreint.

+

SANCTUS
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique | Kyrie 16 (jours ordinaires)

Le Kyrie 16 est le plus bref puisqu’il tient sur deux lignes de portée à peine. Il est daté des XIe-XIIIe siècles, mais il remonte sans aucun doute beaucoup plus haut et sa modalité est très archaïque. Il est marqué en 3ème mode et suit un schéma extrêmement simple : abaa’.

+

kyrie