Marie, « Mère du Peuple fidèle » :  une clarification doctrinale

Publié le 13 Nov 2025
mère église marie co-rédemptrice

La Maestà, de Duccio di Buoninsegna (Museo dell'Opera Metropolitana del Duomo, Sienne).

Dans une longue Note publiée le 4 novembre, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi précise le sens des principaux titres mariaux liés à la coopération de Marie au Salut. S’il écarte les expressions de « co-rédemptrice » et de « médiatrice », le document met en lumière la maternité spirituelle de la Vierge.

  Le document publié par le Dicastère pour la Doctrine de la Foi est très long, organisé en 80 paragraphes auxquels s’ajoutent 198 notes et références. Sous le titre Mater Populi fidelis (« Mère du peuple fidèle »), il se présente comme une « Note doctrinale sur certains titres mariaux qui se réfèrent à la coopération de Marie à l’œuvre du Salut ». La Note veut clarifier « le sens selon lequel certains titres et expressions qui se réfèrent à Marie sont acceptables ou non » et « se propose également d’approfondir les justes fondements de la dévotion mariale ». Le document ne porte pas sur tous les titres attribués à la Vierge Marie par la tradition. Il n’y est pas question non plus, sauf de manière incidente, des nombreuses fêtes mariales inscrites dans l’année liturgique (quatorze au total : solennités, fêtes ou mémoires). La Note porte principalement sur quatre titres : « Co-Rédemptrice », « Médiatrice », « Mère des croyants » et « Mère de grâce » et semble en privilégier un autre : « Mère du Peuple fidèle ».

Au concile Vatican II

Avant de présenter ce document, rappelons qu’après la définition dogmatique de l’Immaculée Conception par Pie IX en 1854 et celle de l’Assomption par Pie XII en 1950, Paul VI, en 1964, à la fin de la III session du concile Vatican II, avait proclamé la Vierge Marie, « Mère de l’Église », sans en faire un nouveau dogme. Ce nouveau titre accordé officiellement à Marie avait été considéré comme une initiative malheureuse par certains théologiens, tel le père Congar qui estima alors : « Ce qui s’est passé très grave. On a reculé de plusieurs années. Les frères séparés se sont remis à douter de nous. » En revanche, ce nouveau titre apparut à d’autres comme une concession faite à ceux qui avaient demandé que le concile proclame la Médiation ou la Co-Rédemption de Marie. Ces demandes n’étaient pas marginales. Si l’on examine les « vota » envoyés à Rome par les quelque 2 800 évêques du monde entier dans la phase préparatoire du Concile, on relève que plus de 300 d’entre eux avaient demandé que le titre de…

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Yves Chiron

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