Enquête sur l’ADMD (1/3) : L’autonomie individuelle jusqu’à la mort

Publié le 24 Fév 2026
suicide assisté ADMD

Pour l’ADMD, le moment de la mort doit dépendre de la volonté de l’individu.

> DOSSIER : « L’ADMD : enquête sur une étrange association »
Les débats en cours à l’Assemblée nationale ne sont que l’aboutissement d’une longue histoire. En 1978, l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) est fondée en France, renversant le dogme du respect de la vie pour promouvoir le suicide.

  En France, la campagne en faveur de l’euthanasie fut lancée dans les années 1970 par la publication d’une série d’articles et de livres, et en particulier par la publication dans Le Figaro du 1er juillet 1974 de la traduction du manifeste pro-euthanasie paru dans The Humanist en juin 1974. Une publication du Dr Émile Raimbault sur La Délivrance fait aussi les gros titres de la presse en 1976 (1).

Un premier plaidoyer

En 1977, Pierre Viansson-Ponté et le cancérologue Léon Schwartzenberg publient Changer la mort, un plaidoyer en faveur de l’euthanasie. Cela conduit en 1978 les sénateurs Henri Caillavet et Jacques Mézard à déposer une proposition de loi visant à obtenir la reconnaissance légale de « testaments de vie », suivant en cela l’exemple américain. Ce fut un premier échec. Mais dès 1980, l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD) est fondée en France par l’Américain Michel Lee Landa, après que celui-ci a publié dans Le Monde une tribune faisant l’apologie de « l’autodélivrance » (2). L’objet de l’association est « de promouvoir le droit légal et social de disposer de façon libre et réfléchie, de sa personne, de son corps, et de sa vie, et de choisir librement la façon de terminer sa vie, de manière à la vivre jusqu’à la fin dans les conditions les meilleures » (3). admd logo admd L’ADMD adopte le logo de l’association britannique « Exit » : un triangle constitué d’une chaîne brisée représentant la chaîne de la vie marquée par la mort. L’acronyme ADMD figure à l’emplacement de cette brisure. Le triangle signifie les trois pôles de la vie ; naissance, déroulement et mort, ou la Trinité. Il fut envisagé d’ajouter un cercle autour du triangle pour signifier une forme d’éternité (4), selon la symbolique maçonnique. D’emblée, l’association défend « le droit de choisir l’heure et le moyen de sa propre mort » et, suivant l’exemple américain, promeut l’inscription dans la loi du…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Grégor Puppinck | Directeur de l’ECLJ

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéFin de vie

De la situation faite à la mort en temps nihiliste

L’Essentiel de Thibaud Collin | Dans notre société libérale, la mort est devenue incompréhensible. Échec impossible à envisager pour ceux qui divinisent la liberté et croient à l'autonomie complète de l'homme, elle est donc invisibilisée et l'euthanasie et le suicide assisté ne représentent que les tentatives illusoires de contrôler sa destinée jusqu'au bout.

+

mort nihilisme fin de vie euthanasie suicide assisté
SociétéLéon XIV

Léon XIV en France : La France face au Pape

Spécial venue du Pape en France | Alors qu'elle s'enfonce dans le nihilisme avec des lois de plus en plus antichrétiennes, la France accueille le Pape en grand pompe. Réaction Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, co-auteur d’une tribune intitulée « Léon XIV en France : le piège de l’instrumentalisation » et parue dans le JDD début juin.

+

fin de vie tribune le menée français france pape Léon XIV
SociétéFin de vie

Le Conseil constitutionnel, acteur de la post-démocratie

Alors que le Conseil constitutionnel a validé, le 14 août dernier, la loi sur l’euthanasie, Guillaume Bernard, historien du droit et des institutions, montre que cette instance, loin de se borner à garantir le respect de la Constitution, participe d'un phénomène plus vaste que le sociologue britannique Colin Crouch a nommé la « post-démocratie ».

+

conseil constitutionnel
Société

Les maux de la jeunesse contemporaine

L’Essentiel de Thibaud Collin | Jeune auteur, Pierre Valentin vient de publier chez Gallimard Malaise dans la génération Z, un essai pénétrant sur la santé mentale des jeunes, qui mérite à la fois d'être pris en compte et d'être complété afin de trouver les voies pour sortir de la grande dépression générationnelle.

+

maux de la jeunesse jeune