Droit canonique (4/4) : À la Catho de Toulouse, le droit canonique est bien vivant

Publié le 05 Mar 2026
droit canonique la catho de Toulouse

Photo : Pistolero, CC BY 3.0

Capture decran 2026 03 05 a 09.19.26 droit canonique> DOSSIER n° 1850 : « Le droit canonique : pour quoi faire ? »
Entretien avec le père Étienne Richer, doyen de la Faculté de Droit canonique.

 

| La pratique du droit canonique a évolué depuis la promulgation du CIC de 1983. Quelle est aujourd’hui votre vision globale de la formation en droit canonique ? 

Chacun sait que les pères du concile Vatican II ont peu pensé en termes juridiques et par suite ont été assez avares en développements sur le droit canonique, ce que certains théologiens, tel Louis Bouyer par exemple, n’ont pas manqué de regretter. Toutefois, en matière d’enseignement, le décret conciliaire Optatam totius sur la formation des prêtres contient une exigence qui est à la fois un principe inspirateur et un véritable vade-mecum : « En exposant le droit canonique […] on se référera au mystère de l’Église, en harmonie avec la constitution dogmatique de Ecclesia promulguée par ce Concile » (Optatam totius 16, 4). En clair, droit de l’Église et mystère de l’Église, et par suite loi et grâce, ne sauraient être mis en opposition dialectique : le droit ecclésial ne peut pas et ne doit pas être enseigné sans se référer à l’intelligence contemplative que l’Église a de son propre mystère, puisque le droit est au service du mystère et de la vie de l’Église comme communauté sacramentelle de grâce. Comment le droit visant à protéger et à servir l’annonce de la Parole de Dieu et la vie sacramentelle des fidèles du Christ pourrait-il être étudié autrement ? L’enseignement du droit ainsi compris peut aussi favoriser avec bonheur la redécouverte de la vérité selon laquelle le droit tout court est une œuvre de la raison qui ne devrait pas renoncer à la recherche d’un juste transcendant.   

| Dans ce sens, peut-on dire que le droit canonique a une place particulière dans la mission d’évangélisation ?

Comment pourrait-il en être autrement si l’on se souvient que le Code de droit canonique de 1983 exhorte à ne jamais « perdre de vue le salut des âmes qui doit toujours être dans l’Église la loi suprême » (c. 1752) ? À moins d’opposer Église du droit et Église de la charité, ce qui constitue une tromperie gravement dommageable, il est certain que le droit et la discipline dans l’Église sont intrinsèquement liés au caractère salvifique du message évangélique qui est fait…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Bernard Callebat | Professeur des Facultés

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉditorial

Notre quinzaine : La dernière bataille ?

Éditorial de Philippe Maxence | En 1956, paraît à Londres le dernier tome des Chroniques de Narnia de C.S. Lewis, sous le titre La Dernière Bataille. Derrière ce titre se trouve une raison quasiment théologique : la dernière bataille qui s’ensuivra est l’ultime affrontement entre les armées du Bien et celle du Mal. Sommes-nous entrés dans cette dernière phase ?

+

dernière bataille
À la uneÉglise

Droit canonique (2/4) : La transcendance du droit ecclésial

DOSSIER « Le droit canonique : pour quoi faire ? » | La mission de l'Église est celle que le Christ lui a assignée : annoncer le salut et être l'instrument de sa réalisation. Cette mission tient dans une finalité précise : procurer la salus animarum (le salut des âmes). C'est le sens de l’ultime canon 1752 du Codex Iuris Canonici de 1983, la fin que tout l'ordre juridique canonique doit poursuivre, car le salut des âmes doit toujours être la loi suprême dans l'Église. De ce fait, le droit ecclésial est attaché par nature à la vie de l'Église. Il est un moyen, un secours et une protection.

+

droit canonique église
À la uneÉgliseÉglise de France

Marche de Saint Joseph : « Et qui est mon prochain ? »

Initiatives chrétiennes | Tournée plus spécialement cette année vers les néophytes et catéchumènes, la Marche de Saint Joseph mène les hommes depuis les paroisses ou les écoles parisiennes jusqu'à Saint-Sulpice, en passant par Montmartre. L'occasion pour eux de se rencontrer mais aussi de retrouver sa vocation au don. Entretien avec l’abbé Vincent de Mello, aumônier du pèlerinage.

+

Marche de Saint Joseph