Léon XIV au Cameroun : « la multiplication des pains s’opère dans le partage »

Publié le 29 Avr 2026
cameroun pape Léon XIV multiplication des pains

Paroisse Saint-Pierre de Bamougong (Cameroun). © Kondah, CC BY-SA 4.0

Dans le cadre de son voyage au Cameroun, du 15 au 18 avril, le pape Léon XIV a célébré, le 17 avril, la messe à Douala, deuxième plus grande ville du pays et capitale économique. Dans son homélie, il a commenté l’évangile de la multiplication des pains, en appelant à tous ceux qui ont une responsabilité sur le bien commun.

 

Après l’Algérie, le Pape s’est envolé vers le Cameroun.

D’abord colonie allemande (ce sont les pallotins allemands qui apportèrent le christianisme et fondèrent le grand centre marial du Cameroun : Mariazell), ce pays a été séparé en deux après le traité de Versailles : la partie nord, musulmane, fut donnée à la Grande Bretagne, et le reste à la France.

Peu après l’indépendance en 1961, les deux parties se réunirent pour former la République du Cameroun. Celle-ci réussit à peu près son indépendance sous le Président Ahidjo. Mais à la mort de ce dernier, corruption et tracas, pour ne pas dire persécutions, commencèrent et depuis plus de vingt ans la situation est devenue vraiment intolérable surtout pour les chrétiens.

Les allocutions du Pape sont une réaction contre ce régime inhumain. Ainsi lors de la messe à Bamenda, il n’a pas craint de dire :

« C’est le moment de changer, de transformer l’histoire de ce pays. Aujourd’hui et non demain, maintenant et non dans le futur, le moment est venu de reconstruire, de tisser et composer à nouveau la mosaïque de l’unité en réunissant les diversités et les richesses du pays et du continent, d’édifier une société où règnent la paix et la réconciliation. »

Au cours de l’homélie de la messe, prononcée à Yaoundé, Léon XIV a rappelé que l’Évangile est Parole de salut pour toute l’humanité. C’est la Bonne Nouvelle qui est proclamée partout. Le texte évangélique était celui de la multiplication des pains selon saint Jean, qui parle d’une grande foule. Comment la nourrir avec seulement cinq pains d’orge et deux poissons ? Jésus nous pose à nous-mêmes la question qu’il posa à ses disciples : comment allez-vous résoudre le problème ?

Cette question est adressée aux parents veillant sur leurs enfants ; aux pasteurs de l’Église veillant sur le troupeau du Seigneur ; à tous ceux qui ont une responsabilité sur le bien commun ; aux puissants et aux faibles, aux riches et aux pauvres, aux jeunes et aux personnes âgées.

Jésus pose la question à tous, car nous avons tous faim. Nous avons besoin de manger pour vivre. Nous ne sommes pas Dieu : mais, justement, où Dieu est-il face à la faim des peuples ? Jésus donne la réponse en faisant le miracle de la multiplication qui s’opère dans le partage. Il y a du pain pour tous s’il est donné à tous, s’il est pris, non par une main qui s’empare, mais par une main qui donne. 

Avec le geste de Jésus, la nourriture abonde, mais Jésus n’utilise pas ce miracle pour une fin personnelle. Il est venu pour servir par amour, et non pour dominer. Jésus nous montre non seulement comment Dieu nourrit l’humanité du pain de la vie, mais aussi comment nous pouvons porter la nourriture spirituelle et matérielle à tous, en n’oubliant jamais que la vraie nourriture est le Christ qui sans cesse nourrit son Église en abondance et nous fortifie par son Corps. L’Eucharistie nous transforme et nous sanctifie. Heureux les invités au repas du Seigneur ! 

Le Seigneur demande que nous multipliions nos talents par la foi et par la charité. Soyons des visages et des mains qui portent au prochain le pain de la vie. Et le Pape d’inviter les jeunes à ne pas céder à la méfiance et au découragement ; à refuser toutes formes d’abus et de violences et enfin à ne pas oublier que leur peuple est plus riche que leur terre. Le trésor d’un pays est constitué par la foi, la famille, l’hospitalité et le travail. Ils doivent prendre exemple sur les premiers chrétiens qui témoignaient courageusement du Seigneur Jésus, le libérateur du monde.

Et toujours inséparable de Jésus, il y a sa Mère qui est aussi notre Mère.

 

>> à lire également : Notre quinzaine : Pour un sursaut d’humanité et de dignité

 

Un moine de Triors

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