Jeunes parents, Stanislas et Éléonore Billot de Lochner ont voulu prendre à bras le corps la question de l’argent et de sa place dans leur vie de chrétiens. À travers leur témoignage, ils donnent un aperçu de leur réflexion à ce sujet, sans prétendre à un exposé systématique et complet. Entretien.
| Quel est l’enjeu d’un sujet comme l’argent ? Pourquoi vous semblait-il urgent d’en parler ?
En tant que catholiques pratiquants, nous avons perçu un fort décalage entre des évangiles qui venaient régulièrement nous questionner de manière radicale sur nos biens matériels, et notre état de parents avec ses devoirs, son confort de vie et ses objectifs de maintenir un niveau de sécurité pour la famille. Les homélies que nous entendions n’allaient souvent pas aussi loin que les paroles de Jésus. L’argent est un sujet un peu tabou pour les catholiques français. Nous avons donc décidé de le prendre à bras-le-corps pour essayer de concilier, de manière abordable, les appels répétés de la Bible au détachement et notre vie contemporaine. L’enjeu du sujet de l’argent est notre salut, dans sa perspective individuelle (avec l’optique du jugement dernier), mais aussi dans sa perspective collective (en étant acteurs du Royaume de Dieu dès maintenant). Notre sainteté se joue à chaque instant, il nous faut faire le choix de Dieu à chaque fois, contre les tentations de cette Terre. Si tous les chrétiens prenaient ce sujet à cœur, notre monde pourrait être bien meilleur.
| Vous évoquez vos lectures de la Bible et la dernière encyclique de Léon XIV, Dilexi te. Qu’en avez-vous tiré en ce qui concerne notre sujet ?
Nous avons retiré plusieurs principes. Par exemple, la prise de conscience que nos biens matériels sont un danger pour notre vie chrétienne, notre foi. Les richesses nous endorment dans un certain confort, une autosuffisance. Un autre principe est, par exemple, l’abandon à la Providence et le détachement des biens matériels. Le Seigneur prend soin de nous. Nous lui demandons chaque jour de nous donner notre pain quotidien (essentiel et non superflu), mais nous mettons-nous dans les conditions de recevoir notre pain et d’en rendre grâce ? Enfin la destination universelle des biens. Nous ne sommes que les gestionnaires de biens dont Dieu est le propriétaire et nous avons le devoir de les mettre au profit du plus grand nombre. Léon XIV va encore plus loin dans sa dernière encyclique en…







