Pour l’Angélus du dimanche 8 mars, le pape Léon XIV a commenté l’évangile de la Samaritaine, à travers qui Jésus rencontre chacun d’entre nous.
Le morceau d’Évangile commenté par le Pape ce 8 mars est l’épisode bien connu de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine. C’est certainement l’un des plus beaux passages de l’Évangile qui raconte l’entretien de Jésus avec une personne qui avait tout pour faire fuir : elle était femme, pécheresse et qui plus est samaritaine. Jésus, la bonté et la sagesse mêmes, parvient à ses fins en suivant pourtant les chemins ondoyants de la curiosité, de l’amour propre et du persiflage même de cette femme. Ce récit est admirable quant à la psychologie de la femme. Mais à travers cette femme qui vient de jour et non de nuit comme Nicodème, c’est nous tous que Jésus rencontre.
C’est pourquoi, ce récit nous touche de façon particulièrement intense : non seulement il nous parle, mais encore il parle de nous et nous aide à revoir notre rapport avec Dieu. La Samaritaine, en effet, nous conduit au cœur même du mystère de Jésus vrai Dieu et vrai homme. La soif de vie et d’amour de cette femme est notre soif. C’est celle de l’Église et de l’humanité toute entière, blessée par le péché, mais habitée plus intimement encore par le désir de Dieu. Nous cherchons Dieu comme l’eau, même sans nous en rendre compte, à chaque fois que nous nous interrogeons sur le sens des événements, à chaque fois que le bien que nous voulons pour nous et pour nos proches vient à manquer.
Dans cette recherche, nous ne manquons jamais de rencontrer Jésus, qui est déjà là seul, au puits. Dans les pays désertiques, le puits, comme l’oasis, ou comme autrefois les fontaines de nos villages, est toujours un lieu de rencontre et aussi de tradition. Dieu nous parle et nous donne un message que nous devons entendre et auquel nous devons répondre oui, comme la Samaritaine, et mieux encore comme Marie.
Photine va au puits à cette heure insolite de midi, en pleine chaleur, sans doute pour éviter les préjugés des autres. Jésus lit dans son cœur la raison de cette marginalisation : les échecs de ses mariages passés et son concubinage actuel la rendent indigne de côtoyer le « beau monde ». Pourtant, Jésus s’assied près du puits comme pour l’attendre. Ce rendez-vous surprenant est l’une des façons dont le Christ révèle le Dieu des surprises qui changent toute une vie. Jésus a pour cette femme un amour que personne d’autre n’avait eu auparavant. Alors qu’elle allait chercher de l’eau comme chaque jour, il a voulu lui donner l’eau vive, capable d’étancher toute soif et de calmer toute inquiétude, parce que cette eau jaillit du cœur de Dieu.
L’initiative de Jésus inaugure ainsi la recherche d’un bien plus grand que l’eau elle-même : « Si tu savais le don de Dieu. » Il ne s’agit pas d’un reproche, mais de la promesse d’un don qui transformera tout l’être de cette femme. À la place de la soif d’avant, pleine d’amertume et d’aridité spirituelle, Jésus lui offre une vie renouvelée par l’eau qui jaillit de la miséricorde du Père et la femme assoiffée, la femme pleine de honte est maintenant comblée de joie.
Plus encore, en rencontrant Jésus, en dialoguant avec Celui qui est le Verbe vivant de Dieu fait homme pour notre salut, la pécheresse a découvert ce que Nicodème n’a pas découvert tout de suite, mais découvrira plus tard. Le récit évangélique indique le chemin de croissance de la femme, qui peu à peu reconnaît les caractéristiques fondamentales de l’identité de Jésus et en étant aux côtés de Jésus, elle devient à son tour source de vérité.
L’eau nouvelle du don de Dieu a commencé à jaillir dans son cœur, et elle se sent immédiatement poussée à retourner en hâte au village, libérée de la honte et désireuse de faire connaître à tous son Libérateur. Elle court d’abord vers ceux qui la condamnaient auparavant et témoigne. L’exigence de l’eau, qui l’avait poussée à se rendre au puits, cède à présent le pas au désir de communiquer la nouveauté bouleversante qui l’a transformée.
Avec le baptême, nous avons tous reçu la grâce d’une eau nouvelle, qui lave toute faute et étanche toute soif. En ce temps de carême, redécouvrons le don de ce sacrement qui nous a introduits à la foi et à la vie chrétienne.
Mais à nous aussi revient le devoir urgent de montrer aux autres Jésus. Que la parole de l’Évangile, qui jaillit en nous comme source de vérité, aide chacun à ouvrir les yeux, pour savoir évaluer ce qui est bon et ce qui est mal, formant ainsi nos consciences libres et adultes.
Avec l’aide de Marie, allons de l’avant avec confiance. Dans chaque situation, le Seigneur marche avec nous et nous soutient le long du chemin. Que l’Immaculée accompagne toujours nos pas dans la foi, et nous donne la joie d’être d’humbles et courageux annonciateurs de l’Évangile.
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