Léon XIV : Le baptême des petits enfants est un « bien essentiel »

Publié le 21 Jan 2026
bapteme pape Léon xiv

Photo : Josh Applegate/Unsplash

Le dimanche 11 janvier, le Missel de 1969 fêtait le Baptême du Seigneur. À cette occasion, comme ses prédécesseurs, le pape Léon XIV a baptisé une vingtaine de bébés dans la Chapelle Sixtine. Dans son homélie, il a rappelé l’importance du baptême dans l’eau et l’Esprit Saint le plus tôt possible.

 

Dans la tradition orientale la fête de l’Épiphanie était à l’origine la véritable fête de Noël que Rome et l’Occident célébraient le 25 décembre. Au Ve siècle environ, l’Orient adopta la fête du 25 décembre. Rome, de son côté, adopta la fête du 6 janvier qui devint surtout la manifestation de Jésus aux païens (Les Mages) tandis qu’en Orient, on fêtait surtout le baptême du Seigneur. À ces deux mystères, on ajouta celui de Cana. L’antienne du Benedictus des Laudes de l’Épiphanie y fait allusion. En des temps récents, l’Église commémorait le baptême le jour octave (13 janvier).

Depuis le calendrier du Missel de 1969, on le fête en paroisse le dimanche qui suit l’Épiphanie. Ce jour là, Paul VI et Jean-Paul II avaient pris l’habitude d’administrer le sacrement du baptême à plusieurs nouveaux nés. Benoît XVI et le pape François l’imitèrent et le pape Léon poursuit cette heureuse coutume.

Quand le Seigneur entre dans l’histoire, il vient à la rencontre de chacun avec un cœur ouvert et humble. Son regard plein d’amour cherche le nôtre pour dialoguer avec nous et nous révéler le Verbe éternel, Parole du Père qui s’est faite homme pour nous sauver. Jean le Baptiste, dont le baptême était un baptême de pénitence et non le baptême dans l’Esprit Saint, s’est rendu compte de ce grand mystère, quand il a vu Jésus : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par vous, et vous, vous venez à moi ! »

Comme une lumière dans les ténèbres, le Seigneur se laisse trouver là où on ne l’attend pas. Il est le Saint parmi les pécheurs, qui veut demeurer parmi nous, en assumant pleinement tout ce qui est humain. « Laissez faire, répond-il à Jean, car c’est ainsi qu’il nous convient d’accomplir toute justice. »

De quelle justice s’agit-il ? Celle de Dieu, qui, dans le baptême de Jésus, opère notre justification. Dans son infinie miséricorde, le Père nous rend justes au moyen de son Fils mort et ressuscité, unique Sauveur de tous, selon la parole de saint Pierre au chapitre IV des Actes des Apôtres.

Comment cela se réalise ce Salut ? Jésus baptisé par Jean dans le Jourdain fait de ce geste un signe nouveau de mort et de résurrection, de pardon et de communion. Sans le baptême qui efface le péché originel, tout en laissant la concupiscence pour le combat spirituel, nous ne pouvons être sauvés. Voilà pourquoi l’Église insiste sur la nécessité de baptiser les petits-enfants, qui, précisément par le baptême, sont transformés en créatures nouvelles. De même qu’ils ont reçu la vie de leurs parents, ainsi reçoivent-ils le sens pour la vivre, à savoir la foi qui justifie. Le Pape a des termes très forts pour justifier le baptême des petits-enfants :

« Lorsque nous savons qu’un bien est essentiel, nous le recherchons aussitôt pour ceux que nous aimons. En effet, qui d’entre nous laisserait des nouveau-nés sans vêtements ni nourriture, en attendant qu’ils choisissent, une fois grands, comment s’habiller et quoi manger ? Si la nourriture et les vêtements sont nécessaires pour vivre, la foi est plus que nécessaire, car avec Dieu la vie trouve le Salut. »

L’amour providentiel de Dieu se manifeste sur la terre à travers les parents qui demandent la foi pour leurs enfants. Certes, viendra le jour où ils deviendront trop lourds pour être portés dans les bras ; et viendra aussi le jour où ce seront eux qui les soutiendront.

Les gestes et rites du baptême sont de magnifiques témoignages : l’eau des fonts baptismaux est le bain dans l’Esprit, qui purifie de tout péché ; la robe blanche est l’habit nouveau que Dieu le Père nous donne pour la fête éternelle de son Royaume et que, selon la parabole de saint Matthieu, nous devons impérativement porter lors du jugement particulier, de peur d’être exclus des noces éternelles de l’Agneau ; le cierge allumé au moyen du cierge pascal est la lumière du Christ ressuscité qui éclaire notre chemin.

Avec l’aide maternelle de Marie, poursuivons tous avec joie tout au long de l’année qui commence et durant toute notre vie, certains que le Seigneur accompagnera toujours nos pas et que l’Étoile de la Mer nous conduira sains et saufs au Port du Salut, pour nous montrer le fruit béni de ses entrailles, son fils Jésus Rédempteur de l’homme.

 

>> à lire également : Entretien avec Mgr Schneider : Le document du cardinal Roche sur la liturgie est « manipulateur »

 

Un moine de Triors

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