Léon XIV en Algérie (2/5) : L’Afrique antique, terre chrétienne ?

Publié le 02 Avr 2026
Carthage Afrique antique Algérie

Les ruines de Carthage, dont la chute en 698 marque la conquête arabe. (Calips, CC BY-SA 3.0)

> DOSSIER « Sur les pas de saint Augustin : Léon XIV en terre musulmane »
On l’a oublié. Mais comme l’affirme une historienne contemporaine dans la célèbre encyclopédie Histoire du Christianisme : « s’est constituée en Afrique au cours du IV siècle, une chrétienté dont l’importance, l’expansion, la vitalité l’emportent sur toutes les autres en Occident à la même époque ». Retour sur une période trop perdue de vue, au sein de laquelle brille d’un feu particulier saint Augustin.

  La région, alors province romaine d’Afrique, melting-pot d’influences berbères (amazighs), puniques, grecques et romaines, englobe des territoires correspondant à peu près au Maghreb et au Machrek actuels, dont le centre est Carthage. C’est une région chantée par les auteurs anciens pour son exceptionnelle richesse, exportant vers Rome son blé, son huile et son vin. Selon les traditions anciennes, le christianisme s’y serait implanté dès le Ier siècle, par la prédication de Simon de Cyrène et de ses fils, Alexandre et Rufus.

Tertullien, Perpétue et Félicité…

Cette chrétienté a compté des figures marquantes. Tertullien (vers 155-220), originaire de Carthage, avocat passionné de la nouvelle religion, plaideur redoutable, est aussi considéré comme le père de la théologie latine, forgeant nombre de mots et de concepts adaptés à la foi nouvelle. Au III siècle, des martyrs comme saintes Félicité et Perpétue (203) et saint Cyprien de Carthage, martyrisé en 258, illustrent la vitalité des communautés face aux persécutions, notamment celle de Dioclétien (303-305). L’Église africaine comptera des centaines d’évêques et rivalisera avec Rome en influence, en particulier grâce aux nombreux conciles régionaux qu’elle organise. Les fouilles archéologiques ont exhumé d’innombrables restes d’églises, de baptistères, de bâtiments ecclésiastiques, jusque dans les fortins perdus de la frontière sud de la province. Une figure brille, bien sûr au panthéon de cette chrétienté. Inutile de rappeler la biographie de saint Augustin (Aurelius Augustinus), né en 354 à Thagaste (aujourd’hui Souk Ahras, en Algérie), dans la province romaine de Numidie, figure emblématique du christianisme nord-africain, sauf à retenir sa parfaite insertion dans le monde et la culture latine, son parcours intellectuel exceptionnel et sa quête passionnée de la vérité. Prêtre puis évêque d’Hippone (Hippo Regius, aujourd’hui Annaba en Algérie) en 395, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort en 430, il illustre à merveille la fonction épiscopale de ce temps.

Prédicateur, formateur…

Pasteur d’âmes, prédicateur inlassable du peuple qui vient chercher chez lui la lumière de la foi,…

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Abbé Hervé Benoît

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