150 ans de Pellevoisin (3/4) : La fin de vie n’est pas la vie finie

Publié le 28 Mai 2026

© Sanctuaire de Pellevoisin

DOSSIER n° 1856 : « Jubilé de Pellevoisin : 150 ans de dévotion discrète »
À côté de la vie d’Estelle Faguette et du récit des apparitions de Pellevoisin, il convient d’en souligner l’axe pastoral très actuel, tel qu’il semble se dessiner, un siècle plus tard, dans le climat si « particulier » de notre monde occidental, vis-à-vis de la maladie, du soin porté à l’autre et de la vie finissante.
Cet article a été écrit à la mémoire d’Odile G. Avec la collaboration de l’abbé Hervé Benoît.

  Au début de 1876, à Pellevoisin, une femme de 32 ans est en train de mourir. Les aléas de la vie avaient d’abord conduit Estelle Faguette de Châlons-sur-Marne à Paris, où sa famille vécut dans la précarité. Elle avait reçu une éducation chrétienne approfondie, auprès de sa mère et des communautés religieuses qu’elle avait fréquentées et s’était découvert une vocation de religieuse hospitalière, mais y avait renoncé pour des raisons de santé.

Soutien de famille

La Providence lui lança un autre appel : devenir soutien de famille pour ses proches dans le besoin. En 1865, elle entra au service des enfants de la famille La Rochefoucauld qu’elle suivit à Pellevoisin. Elle souffrit d’une péritonite suffisamment inquiétante pour recevoir une deuxième fois l’extrême-onction. Cette maladie devint chronique de sorte que, d’une crise à l’autre, elle apprit à vivre avec la douleur. En 1875, elle rechute et expérimente la solitude des malades. La pensée de laisser ses parents seuls et sans ressources l’angoisse. Elle rédige une lettre à la Vierge Marie. Dans ce courrier, quatre points peuvent être soulignés. L’altruisme : c’est pour ses parents qu’elle demande…, non pour elle-même ! La foi au Christ : elle s’adresse à la Vierge comme médiatrice. Elle sait que Dieu seul sauve, et son amour est d’abord pour Jésus. L’abandon à la volonté divine : elle dit son désir, mais, comme Jésus à Gethsémani, elle ne préférera rien à la volonté de Dieu, même si elle doit contrecarrer la sienne. Enfin, la perspective de la vie éternelle est évoquée comme le but ultime, en fonction duquel tout doit être vécu ici-bas. Mi-décembre, Estelle, à l’agonie, reçoit pour la troisième fois le sacrement des malades. Mais dans la nuit du 14 au 15 février 1876, la Vierge vient à elle. Une première série de visions aboutit à sa guérison complète et inexpliquée, suivie d’une…

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Abbé Patrick Guinnepain

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