> DOSSIER « Guerre et paix : l’Église peut-elle (encore) jouer un rôle ? »
Dans un livre récemment paru, Guerre et paix : les papes de Léon XIII à Léon XIV, Clément Millon, docteur en histoire du droit, se penche sur les rapports de la papauté à la vie internationale, depuis Léon XIII jusqu’à aujourd’hui. Une étude qui prend un relief particulier en raison de l’évolution de la guerre en Iran, déclenchée par les États-Unis de Donald Trump et Israël. Entretien avec Clément Millon.
| Dans votre ouvrage, vous liez le rôle du Pape sur la scène internationale à la doctrine pontificale concernant la paix et la guerre juste. De Léon XIII à Léon XIV, ces deux points de doctrine ont-ils évolué ?
Il est probablement encore trop tôt pour dresser un bilan du pontificat de Léon XIV. Mon dernier ouvrage tire un bilan des années qui séparent le pontificat de Léon XIII de celui de Léon XIV. Force est de constater que si le premier est connu pour l’affirmation de la doctrine sociale de l’Église ou la question du Ralliement, il s’est également voulu artisan de paix. En raison de cette filiation, le pape américain débute son pontificat le 8 mai 2025 par ces mots : « La paix soit avec vous tous ! » Ce message, souvent répété, est volontiers perçu comme de portée interne ou liturgique par beaucoup, ce qui est à espérer. Mais il s’adresse urbi et orbi, à une scène internationale qui peut reconnaître le rôle spécial de la papauté grâce à son message sur la guerre et la paix. De ce point de vue, à travers le caractère propre de chaque pontificat, la constance est remarquable : le Pape est le seul à ne jamais renoncer à parler de paix. Quant à la guerre, ses nouvelles formes sont envisagées au fur et à mesure de leur survenance. Ainsi, des points de rupture accompagnent une continuité qui inspire l’Histoire et nourrit la pensée catholique.
| Léon XIII hérite de la situation née de la confiscation des États pontificaux et de l’enfermement de Pie IX dans le Vatican. Va-t-il parvenir à desserrer cette étreinte en retrouvant un rôle sur le plan international ? Et si oui, comment ?
Pour Léon XIII, la perte des États pontificaux est à la fois une tragédie, à laquelle il ne se résout jamais vraiment et,…







