Ancienne Femen, Marguerite Stern s’est engagée courageusement contre les thèses « transgenristes » au point de se retrouver menacer physiquement par ses premiers compagnons de lutte. Dans Les Rives contraires, elle livre le récit sans apprêt de sa propre transition politique.
Membre de la section française du groupe activiste féministe de gauche dit Femen, déjà connue à ce titre pour certaines de ses provocations censées éveiller les consciences à la cause des femmes (1), Marguerite Stern a vu sa notoriété s’amplifier quand elle a critiqué publiquement les thèses « transgenristes » (2) dans un ouvrage publié avec Dora Moutot : Transmania : enquête sur les dérives de l’idéologie transgenre (3). Cette publication lui a attiré les foudres des partisans de la gauche radicale, avec la violence verbale et physique qu’on leur connaît. Passant désormais pour une traîtresse à leurs yeux, Marguerite Stern achève alors de migrer vers les milieux identitaires, dont elle s’était progressivement rapprochée depuis 2022, son propre mal-être l’ayant fait gagner en lucidité. Elle présente des excuses publiques à l’Église pour ses provocations dans une vidéo publiée le 27 septembre 2024, dont le texte est retranscrit dans le magazine Famille chrétienne.
Une transition politique
Les Rives contraires sont d’abord le récit de cette « transition politique » (4), transition d’un autre genre donc que celles qu’elle dénonce à juste titre, mais qui ne s’est pas faite sans souffrance, ni sans l’expérience préalable de certaines mutilations personnelles. En se livrant de manière très directe, à l’occasion crue, et toujours dans un style sans élégance, Marguerite Stern poursuit une certaine vérité personnelle, avant tout sans doute à destination d’elle-même. Son récit est strictement chronologique, rythmé en fonction d’événements datés avec précision et qui sont comme autant de cailloux sur son chemin. Elle témoigne à travers cela de la difficulté qu’il y a à sortir de l’emprise de l’idéologie sur les esprits, et elle livre ainsi, par ce qu’elle dit de son passé et de ses douleurs encore actuelles comme par l’évocation d’un certain nombre de figures des mouvements gauchistes, l’autopsie d’une certaine jeunesse militante qui, pour faire souvent la une des médias, n’en est pas moins à sa manière étrangère à son propre pays car déshéritée de tout pays. Ce n’est pas sans rapport avec cette singulière haine de soi qui n’a d’égal que l’amour…







