Après le Cameroun, le pape Léon XIV s’est rendu en Angola et a célébré la messe à Luanda, sur l’Esplanade de Saurimo, le lundi 20 avril 2026. Dans son homélie, il a parlé de la force d’une foi authentique et non superstitieuse, qui libère les hommes de l’esclavage du péchés et du monde.
Ancienne colonie portugaise comme le Mozambique, l’Angola a connu une indépendance tardive (1975 après la mort de Salazar, qui ne voulait en aucun cas abandonner l’empire portugais) mais très difficile. Le président Neto, marxiste convaincu, engendra une longue guerre civile qui dura jusqu’en l’an 2000 et de graves persécutions tant rouge que blanche. Le contexte historique est à rappeler pour bien comprendre les textes prononcés par Léon XIV, comme ceux du reste prononcés par ses trois prédécesseurs qui visitèrent l’Angola avant lui. Je pense particulièrement à Benoît XVI contre qui s’élevèrent les voix sataniques qui ne supportèrent pas ses propos pourtant vrais et très humains sur le préservatif.
Partout dans le monde, l’Église vit comme un peuple qui marche à la suite du Christ qui éclaire la route vers le Père et, par la force de l’Esprit, nous sanctifie afin que nous transformions notre mode de vie selon son amour. Telle est la Bonne Nouvelle, l’Évangile qui coule comme le sang dans nos veines, en nous soutenant tout au long de la route. Mais sur cette route, nous pouvons aussi rencontrer le diable. Faisons attention à ce que la foi authentique ne soit pas remplacée par un échange superstitieux, dans lequel Dieu devient une idole que l’on recherche seulement lorsque l’on en a besoin, et tant que l’on en a besoin.
Jésus ne rejette jamais une recherche peu sincère, mais il encourage toujours à la conversion. Que l’on songe à Nicodème ou à la Samaritaine. Jésus ne chasse pas la foule, mais il invite chacun à examiner ce qui bat dans son cœur. Le Christ nous appelle à la vraie liberté. À sa suite, travaillons non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle.
Le don de Jésus éclaire notre présent. Le Christ est notre Rédempteur. Tel est l’Évangile que nous partageons, faisant de tous les peuples de la terre des frères. Telle est l’annonce qui transforme le péché en pardon. Telle est la foi qui sauve la vie !
Le témoignage pascal concerne le Christ Crucifié et ressuscité, mais pour cette raison il nous concerne aussi. Nous ne sommes pas venus au monde pour mourir. Nous ne sommes pas nés pour devenir esclaves de la corruption de la chair, ni de celle de l’âme. La libération du mal et de la mort se produit dans l’histoire de chaque jour. Nous devons impérativement suivre Jésus et le servir en notre prochain. À la suite de Jésus, le cheminement ecclésial est toujours un Synode de la résurrection et de l’espérance. Le Seigneur marche toujours à notre rythme, afin que nous puissions poursuivre sur sa route.
L’Église annonce la Bonne Nouvelle non seulement par la proclamation de la parole, mais aussi par le témoignage de vie. Nous sommes tous appelés à servir notre peuple avec dévouement et joie charitable et fraternelle. Ainsi, la grâce divine portera de bons fruits surtout dans l’adversité, comme le montre l’exemple des martyrs à commencer par le protomartyr saint Étienne.
Le témoignage des martyrs et des saints nous encourage et nous incite à suivre le chemin d’espérance et de réconciliation, parcouru ensemble à la lumière de l’Évangile. Ainsi, l’Église en Angola et partout ailleurs grandira spirituellement, grâce aux sacrements, particulièrement l’Eucharistie, et poursuivra, avec l’aide de Marie, sa route vers la Jérusalem céleste.
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