> L’Esprit de la liturgie
Le retour du temps ordinaire est marqué par l’image du Bon Pasteur, celui qui recherche à tout prix la brebis perdue mais en certains endroits, la liturgie traditionnelle revient au Sacré Cœur, dont sortirent le sang et l’eau à la Crucifixion.
« Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles » (Mt 9, 36). Ainsi commence le passage d’évangile lu ce dimanche (MR 1970). Après la Fête-Dieu, la liturgie revient au temps ordinaire où l’« on commémore le mystère même du Christ dans sa plénitude, particulièrement le dimanche » (Normes universelles de l’année liturgique, n°43). L’évangile de saint Matthieu nous relate aujourd’hui la vocation des Douze (Mt 9, 36 – 10, 8). Pourquoi Jésus a-t-il appelé ces hommes à le suivre ? À cause du dénuement des foules « désemparées et abattues comme des brebis sans berger » (v. 36b). Jésus dit alors à ceux qui le suivent : « La moisson est abondante et les ouvriers peu nombreux. Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (v. 37-38). Ainsi, le « Maître de la moisson » veut-il que les hommes participent par leur prière à ce « recrutement » ; c’est le sens de la journée annuelle de prière pour les Vocations, le dimanche du Bon Pasteur.
L’image du pasteur
Dans le prêtre, domine ici surtout l’image du pasteur. Ainsi, cet évangile a-t-il été choisi pour la fête de saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars (en août). En commentant ce passage, saint Jérôme († 420) remarque que Jésus « prêchait tout autant aux cités qu’aux bourgades et aux simples hameaux, c’est-à-dire à tous les hommes, grands et petits, si bien qu’il ne considérait ni la noblesse ni la puissance des auditeurs, mais n’avait en vue que le salut des croyants » (Sur Matthieu). Puis l’ermite de Bethléem fait remonter à l’exemple de Jésus la transmission aux disciples des pouvoirs de guérison : « Après avoir prêché sa doctrine, l’Évangile du Royaume, il guérissait toute langueur et toute infirmité, afin que fussent persuadés par ses miracles ceux que ses prédications n’avaient pu gagner à la vérité » (ibid.). L’ancien Missel (MR 1962) prévoit ce dimanche deux paraboles illustrant tout autant la miséricorde du Sauveur : la Brebis et la Drachme perdues (Lc 15, 1-10). Toutefois, en de nombreux endroits, on solennise la fête de vendredi dernier : le Sacré-Cœur. Demandée par Jésus à sainte Marguerite-Marie, en 1675, elle ne fut introduite dans…







