Léon XIV : le joug du Seigneur nous relève de toute chute

Publié le 15 Juil 2026
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Prière au Jardin des Oliviers. (Joanbanjo, CC BY-SA 4.0)

Pour l’Angélus du 5 juillet, le pape Léon XIV a commenté l’Évangile du jour, de saint Matthieu (Mt 11, 25-30), qui reprend la louange que Jésus adresse à son Père.

 

Au retour de son voyage à Lampedusa sur les traces du pape François, Léon XIV a célébré le 5 juillet la messe dominicale place Saint-Pierre et il a commenté lors de l’Angélus l’un des joyaux du Nouveau Testament, mais selon la version de saint Matthieu et non de saint Luc, à savoir le Logion johannique. Ce morceau d’évangile nous invite à partager la louange que Jésus adresse à son Père : « Seigneur du ciel et de la terre ».

Le Fils de Dieu fait homme manifeste son amour en associant chaque créature à son action de grâce. Auparavant, Jésus avait tressailli dans l’Esprit de Dieu. « Réjouissez vous, avait-il dit à ses disciples, non que les démons vous soient soumis mais que vos noms soient inscrits au livre du Royaume des Cieux. » Maintenant il s’adresse à son Père, reconnaissant sa souveraineté et l’absolue libéralité de ses dons. C’est une action de grâce enveloppant une reconnaissance joyeuse, d’une vérité aperçue. Cette action de grâces se transforme en bénédiction, qui évoque la béatitude des pauvres en esprit.

Jésus remercie le Père d’avoir caché ces choses aux sages et aux savants et de les avoir révélées aux petits et aux humbles. Il s’agit des promesses et des félicités apportées par l’Évangile et la prédication apostolique. Toutes les joies du temps, toutes les joies de l’éternité.

En quel sens le Seigneur les a-t-il cachées aux sages et aux prudents ? Il les a cachées à la prudence mondaine, mettant en avant les qualités de cœur qu’il y faut apporter : la droiture, la loyauté et la simplicité. Pourquoi il y a en Dieu cette espèce de prédilection pour les petits et les humbles, pourquoi l’Incarnation et la prédication apostolique ont été proposées au monde sous les livrées de l’humilité ? C’est parce que ce fut le chemin de Jésus qui doit être le nôtre. Le diable, lui, a en horreur l’humilité et la simplicité.

La simplicité d’un geste aussi spontané et joyeux correspond au style de Dieu qui aime se révéler aux tout-petits, tandis qu’il reste caché aux sages et aux savants, qui sont tellement imbus de leurs propres idées qu’ils ne reconnaissent pas la présence du Messie rendant visite à son peuple. La sagesse humaine est souvent arrogance, quand elle ne dégénère pas en orgueil. La véritable sagesse de Dieu se révèle au contraire dans l’humilité et son enseignement s’adresse à ceux qui peinent le plus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau. »

Aller vers Jésus, c’est répondre à son amour et partager sa vie jusqu’à la Croix : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » Le don de soi par amour est le joug de Jésus, la synthèse de son enseignement, le cœur de sa sagesse ardente de charité envers tous.

Mais comment le poids de la Croix peut-il être léger et doux ? Parce que le Seigneur le porte le premier, sans jamais nous laisser seuls face à ce qui nous accable. Jésus prend en charge l’humanité blessée par le péché. La sagesse qu’Il nous donne est une annonce de salut et son joug nous relève de toute chute. À la suite du Christ, notre route n’est donc pas une ascèse qui tue, mais une école de liberté, qui prend au sérieux le drame de l’histoire et en éclaire toujours le sens, surtout dans les moments les plus sombres. Ce n’est que dans la Croix de Jésus que le mal est racheté. Le Christ est libérateur.

Sous le fléau de la guerre, le Christ est notre espérance. À l’heure du péché, il est notre pardon. Telle est la vraie sagesse, le chemin que nous voulons parcourir ensemble, unis en tant que disciples en son nom. Jésus nous l’enseigne en tant que Fils, devenu notre frère. Par la force du Saint-Esprit, il manifeste lui-même à l’Église la vérité sur Dieu et sur l’homme, car « Personne ne connaît le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »

À l’action de grâce au Seigneur pour la confiance pleine d’amour qu’il nous accorde, nous devons ajouter l’intercession de Marie, Reine de la paix, qu’il nous faut implorer pour le bien de l’Église et du monde entier, en nous souvenant toujours des phrases qu’elle dit à Cana à son Fils : « Ils n’ont plus de vin » ; et aux serviteurs, que nous sommes tous : « Faites tout ce qu’il vous dira ».

 

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Un moine de Triors

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